Groenland, droits de douane, régulation numérique : Roland Lescure met en garde Washington sur une ligne rouge qui menace 1.600 Md€ d’échanges.
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Sommaire
En bref
• Roland Lescure affirme avoir averti Washington qu’une tentative de saisie du Groenland constituerait une « ligne rouge » susceptible de fragiliser la relation économique UE–États-Unis.
• Le Groenland, intégré au royaume du Danemark, est rappelé comme territoire relevant d’un État membre de l’UE, rendant toute revendication américaine explosive sur le plan géopolitique et commercial.
• Des militaires français ont été déployés à Nuuk dans le cadre d’un exercice européen, signal politique autant que sécuritaire.
• Malgré les tensions avec l’administration Trump, Paris plaide pour une coopération accélérée sur des priorités communes, notamment les terres rares et la réduction de la dépendance à la Chine.
• L’UE et les États-Unis représentent la première relation commerciale bilatérale au monde avec plus de 1.600 milliards d’euros d’échanges en 2024.
• La montée des droits de douane et l’incertitude commerciale pourraient coûter environ 0,7% de PIB à la zone euro entre 2025 et 2027 selon la BCE.
• Sur le numérique, le ministre assume une ligne dure : les groupes américains doivent respecter le droit européen ou cesser d’opérer sur le marché européen.
Le dossier groenlandais vient de franchir un seuil inédit dans la relation transatlantique. Dans un échange récent avec Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, le ministre français de l’Économie et des Finances Roland Lescure a réaffirmé une position jugée non négociable côté européen : toute tentative de prise de contrôle du Groenland mettrait en péril l’architecture économique qui relie Bruxelles et Washington.
Le message, rapporté par le Financial Times, n’a rien d’une posture symbolique. L’entourage du ministre insiste sur la gravité d’un « franchissement de ligne rouge », formulation qui déplace immédiatement le débat vers le terrain des risques souverains, des tensions commerciales et des arbitrages industriels.
Derrière l’évocation du Groenland se joue, en filigrane, la solidité d’une relation bilatérale dont le volume dépasse 1.600 milliards d’euros d’échanges de biens et services en 2024, selon les données européennes. Les États-Unis restent le premier débouché export pour les 27, ce qui rend chaque déclaration politique potentiellement coûteuse en points de croissance.
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Roland Lescure a tenu à clarifier le cadre juridique et politique. Le Groenland est présenté comme une partie souveraine d’un pays souverain, intégré au royaume du Danemark, lui-même membre de l’Union européenne. L’idée même d’une revendication américaine est ainsi traitée comme un choc de souveraineté, susceptible de reconfigurer les équilibres stratégiques dans l’Arctique.
« Il ne faut pas y toucher », résume le ministre, dans une phrase calibrée pour être comprise aussi bien à Washington qu’à Bruxelles. Cette fermeté vise à éviter un précédent qui, s’il se concrétisait, affaiblirait la capacité européenne à protéger ses frontières politiques, économiques et industrielles.
Le durcissement verbal intervient alors que plusieurs pays européens ont envoyé des contingents sur place dans le cadre d’un exercice de défense européen. À Nuuk, des habitants ont filmé des militaires français, identifiés comme des chasseurs alpins, engagés dans une mission de trois jours avec d’autres armées européennes.
Même limité en effectifs, ce mouvement renforce la dimension stratégique de l’affaire : l’Europe signale qu’elle ne se contente pas d’une réponse administrative. Le risque géopolitique devient tangible, et les marchés savent qu’il s’agit souvent du prélude à une montée des frictions commerciales.
Interrogé sur une éventuelle réponse par sanctions si une invasion devait survenir, Roland Lescure adopte une ligne prudente. Il n’écarte rien, mais refuse de détailler des mesures préventives.
Le ministre reconnaît toutefois qu’un tel scénario ouvrirait « un monde totalement nouveau », impliquant des réactions à la hauteur : adaptation des doctrines de défense, repositionnements commerciaux, probablement aussi une révision des échanges industriels et technologiques entre les blocs.
Cette prudence est stratégique. Elle permet de maintenir une forme de dialogue tout en posant un principe clair : le Groenland n’est pas un objet de négociation.
Lescure ne réduit pas la relation transatlantique à un bras de fer. Malgré les différends avec l’administration Trump, la France plaide pour une coordination renforcée sur des intérêts communs, à commencer par la réduction de la dépendance à la Chine en matière de terres rares.
Une initiative est citée dans le cadre du G7, avec des propositions que Paris entend présenter au sommet d’Évian en juin. Parmi les pistes envisagées figurent des prix planchers et des accords d’achat, afin de sécuriser des approvisionnements jugés critiques pour l’industrie européenne : défense, batteries, électronique, transition énergétique.
L’objectif est double : éviter l’asphyxie industrielle tout en réinstallant l’Europe comme acteur structurant plutôt que simple marché importateur.
Au-delà de la crise groenlandaise, la tension commerciale se nourrit aussi d’un retour en force des droits de douane américains et d’une incertitude prolongée sur les règles du jeu.
La Banque centrale européenne estime que cette combinaison pourrait amputer le PIB de la zone euro d’environ 0,7% entre 2025 et 2027. Ce scénario n’est pas une projection théorique : il correspond à une dégradation graduelle des volumes d’échanges, à une hausse des coûts logistiques et à une baisse de visibilité pour les entreprises exportatrices.
Un élément nuance toutefois cette menace : une baisse de certaines barrières internes au marché unique pourrait compenser une partie du choc, alors même que les échanges intra-européens ont reculé l’an dernier pour la première fois depuis près d’une décennie.
Selon notre expert : Tout le monde regarde les taux pendant que l’or capte silencieusement la peur financière planétaire.
Autre front, autre méthode. Sur la régulation numérique, Roland Lescure revendique une position frontale : le droit européen s’applique à toute entreprise opérant en Europe, sans exception.
Scott Bessent aurait évoqué le mécontentement des entreprises américaines vis-à-vis des amendes imposées par l’UE. Les sanctions sont devenues un marqueur politique, notamment après l’amende infligée à X d’Elon Musk en décembre.
Le ministre assume : ces groupes n’ont que deux options, respecter le droit européen ou quitter le marché. Le message est adressé autant aux dirigeants américains qu’aux électorats européens, très sensibles à la souveraineté numérique et à la maîtrise des données.
Cette accumulation de dossiers Groenland, tarifs, terres rares, tech dessine un climat plus instable, qui dépasse largement la diplomatie. Pour les entreprises, la question centrale devient celle de la visibilité : accès au marché américain, pérennité des chaînes d’approvisionnement, conditions d’investissement en Europe.
Pour les investisseurs, plusieurs implications se détachent :
prime de risque géopolitique en hausse sur certains secteurs exportateurs,
intérêt renouvelé pour les valeurs liées à la souveraineté industrielle (matières critiques, défense, infrastructures),
renforcement potentiel de la volatilité sur l’euro en cas de choc commercial.
L’Europe, en rappelant ses lignes rouges, cherche à éviter l’engrenage. Mais la simple matérialisation de ces tensions suffit déjà à modifier les comportements d’allocation.
Dans les phases où les relations internationales se durcissent, la confiance dans les circuits financiers classiques peut se fragiliser. Les stratégies de diversification prennent alors un relief particulier, surtout lorsque l’incertitude politique s’ajoute à la pression inflationniste, au risque de récession et aux tensions monétaires.
C’est dans ce cadre que certains investisseurs privilégient des investissements alternatifs orientés vers des actifs tangibles, avec une logique de débancarisation partielle et de sécurisation de l’épargne. Les lingots d’or et d’argent, ainsi que certaines pièces d’or, restent historiquement recherchés pour leur liquidité, leur portabilité et leur capacité à traverser les périodes de stress systémique.
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