Livret A : les Français retirent leur argent, mais pourraient-ils regretter leur décision plus vite que prévu ?
Livret A et LDDS perdent 8,5 milliards d’euros en 2026. Face aux règles administrées, l’or physique retrouve des arguments patrimoniaux.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le Livret A affiche une décollecte cumulée de 6,92 milliards d’euros entre janvier et septembre 2026.
Avec le LDDS, les retraits nets atteignent 8,53 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année.
L’encours cumulé du Livret A et du LDDS s’établit à 606,7 milliards d’euros fin septembre 2026.
Le taux d’épargne des ménages est retombé à 17,2 % au deuxième trimestre, contre 17,9 % au premier.
Le gouvernement étudie un possible relèvement du plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros, sans décision définitive à ce stade.
L’or cote 3 528,91 euros l’once ce 30 octobre à 14 h 16 selon BDOR, en baisse de 1,8 % sur la séance précédente.
Le Livret A perd près de 7 milliards d’euros depuis janvier
Le mouvement s’est prolongé après l’été. Selon les données de la Caisse des Dépôts publiées le 22 octobre 2026, le Livret A a enregistré 1,52 milliard d’euros de retraits nets en septembre. Depuis janvier, sa décollecte atteint ainsi 6,92 milliards d’euros. En ajoutant le LDDS, les sorties nettes cumulées atteignent 8,53 milliards. L’encours des deux produits reste considérable, à 606,7 milliards d’euros fin septembre, mais la tendance contraste fortement avec les années durant lesquelles l’épargne réglementée captait massivement les liquidités des ménages.
Le taux du Livret A est pourtant remonté à 1,7 % le 1er août, selon le ministère de l’Économie. Cette rémunération reste exonérée d’impôt et le capital bénéficie de la garantie de l’État. Mais les ménages disposent de moins de marge. L’Insee indiquait le 28 août 2026 que leur taux d’épargne était revenu de 17,9 % au premier trimestre à 17,2 % au deuxième, tandis que leur pouvoir d’achat par unité de consommation reculait de 0,6 %. Une partie des retraits peut donc simplement servir à financer les dépenses courantes plutôt qu’à alimenter d’autres placements.
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Un plafond à 30 000 euros qui rappelle que les règles restent politiques
Le Livret A possède une particularité fondamentale : ses règles sont fixées par la puissance publique. Le ministère de l’Économie rappelle en juillet 2026 que l’État détermine son taux, son plafond et ses conditions de fonctionnement. Le plafond des versements reste actuellement fixé à 22 950 euros pour un particulier. Une piste visant à le porter à 30 000 euros est désormais étudiée pour dégager davantage de ressources susceptibles de financer notamment la rénovation des lycées. Aucun arbitrage définitif n’a pourtant été annoncé au 30 octobre.
Le débat n’est pas anodin alors que la dette publique française atteint 3 595,5 milliards d’euros, soit 119,0 % du PIB, selon l’Insee le 29 septembre 2026. L’épargne réglementée participe déjà au financement du logement social, de la politique de la ville et d’autres investissements collectifs via le fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts. Pour le particulier, cela rappelle surtout une réalité : taux, plafond, fiscalité et affectation des fonds peuvent évoluer avec les choix publics. Le Livret A reste liquide et sécurisé, mais son cadre n’est pas immuable. L’épargnant dépend nécessairement de décisions réglementaires prises en dehors de son contrôle.
L’or physique offre une forme d’autonomie que les placements numériques n’ont pas toujours
C’est précisément sur ce terrain que l’or physique possède un argument différent. Un lingot ou une pièce détenu directement ne dépend ni du taux décidé par l’État, ni d’un plafond de versement, ni de la solvabilité d’une plateforme numérique. Il peut être conservé en dehors du système bancaire et participer à une stratégie de débancarisation partielle. Cette caractéristique ne garantit pas une hausse permanente du cours, mais elle donne au détenteur la maîtrise matérielle d’une partie de son patrimoine.
L’actualité du 30 octobre offre une comparaison concrète. Binance a annoncé un incident de sécurité représentant environ 6,3 milliards de dollars d’impact estimé, après des retraits non autorisés liés, selon son enquête préliminaire, à la compromission de l’ordinateur d’un ingénieur. La plateforme a temporairement suspendu dépôts et retraits et affirme que les pertes seront couvertes. Cet épisode ne remet pas en cause l’ensemble des cryptoactifs, mais rappelle le risque de contrepartie lié aux plateformes centralisées. Un lingot conservé physiquement ne peut pas être siphonné à distance par le piratage d’un intermédiaire numérique. Il reste naturellement exposé au vol physique, ce qui impose une conservation sérieuse.
Chez BDOR, l’once s’établit à 3 528,91 euros ce vendredi 30 octobre à 14 h 16, en recul de 1,8 % par rapport à la clôture précédente. Cette variation quotidienne ne retire rien à la logique patrimoniale de long terme. Lingots d’or, lingots d’argent et pièces d’or permettent de répartir l’épargne entre plusieurs formes de détention et de réduire la dépendance à un établissement bancaire, à une plateforme ou à une politique de taux. Pour les épargnants qui recherchent cette autonomie, l’or physique conserve une propriété difficile à reproduire ailleurs : il peut être possédé directement, sans créance sur un tiers.
Sources : BDOR, Caisse des Dépôts – 22 octobre 2026, Insee – 28 août et 29 septembre 2026, ministère de l’Économie – juillet 2026, Assemblée nationale – octobre 2026, Binance – 30 octobre 2026
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