Livret A : cette nouvelle règle va surement bloquer les virements de milliers de Français dès cet automne 2025
Interdiction des virements directs entre livrets dès l’automne : les épargnants devront passer par leur compte courant.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Une directive européenne qui impose un détour bancaire
- Un allongement des délais pour tous les transferts
- Une gestion d’épargne moins réactive à l’heure où les taux baissent
- Des habitudes à revoir pour éviter les blocages
- Un effet pervers pour la stratégie à la quinzaine
- Une transition pénalisante en pleine période de dépenses
- Une occasion pour les épargnants de revoir leur stratégie
En bref
• À l’automne 2025, les virements entre livrets seront interdits sans passer par le compte courant.
• Une directive européenne impose cette règle pour mieux tracer les flux financiers.
• Cette modification alourdit la gestion de l’épargne et crée un risque de perte d’intérêts.
• Les virements automatiques seront impactés et devront être reprogrammés.
• Le changement coïncide avec une nouvelle baisse du taux du Livret A prévue en février 2026.
Une directive européenne qui impose un détour bancaire
À partir de l’automne 2025, les titulaires de livrets d’épargne réglementés ne pourront plus effectuer de virements directs d’un livret à un autre. Cette interdiction, dictée par une directive européenne sur la transparence financière, impose que chaque transfert passe obligatoirement par le compte courant associé.
Jusqu’alors, les utilisateurs bénéficiaient d’une fluidité appréciable, en particulier pour optimiser leurs dépôts à la quinzaine ou répartir leur épargne selon les plafonds des différents produits (Livret A, LDDS, etc.). Cette souplesse disparaît, remplacée par une double opération manuelle.
A lire aussi : L’or ne demande aucune autorisation de virement : en période de blocage bancaire, c’est un actif qui reste liquide.
Un allongement des délais pour tous les transferts
Le parcours d’un virement va désormais s’effectuer en deux temps :
-
Retrait du premier livret vers le compte courant
-
Virement du compte courant vers le second livret
Même si ces transferts peuvent rester rapides, l’enchaînement des deux étapes augmente les délais, parfois jusqu’à 48 heures, en fonction des établissements bancaires et des heures de traitement.
Ce nouveau schéma rend l’optimisation des dépôts plus complexe, notamment pour ceux qui jouaient sur le calendrier pour maximiser leur rendement. La stratégie classique du virement à date fixe en fin de quinzaine devient risquée : un simple retard peut coûter une quinzaine complète d’intérêts.
Une gestion d’épargne moins réactive à l’heure où les taux baissent
La nouvelle réglementation tombe à un moment particulièrement sensible. Le taux du Livret A, abaissé à 1,7 % en août 2025, pourrait encore reculer à 1,5 % dès février 2026, selon les dernières projections.
Dans ce contexte, chaque euro perdu en intérêt compte. Les épargnants habitués à gérer leur trésorerie de manière dynamique notamment lors des dépenses saisonnières comme la rentrée scolaire ou les premières factures énergétiques devront adapter leur calendrier de virements et revoir leurs automatisations.
Des habitudes à revoir pour éviter les blocages
Les détenteurs de virements programmés entre livrets doivent impérativement revoir leurs paramétrages. Une opération directe entre deux produits d’épargne sera systématiquement rejetée dès l’entrée en vigueur de la directive.
Les banques ne procéderont pas à des modifications automatiques. Il appartiendra donc à chaque client de mettre à jour ses transferts récurrents en respectant le nouveau circuit imposé : livret → compte courant → second livret.
Un effet pervers pour la stratégie à la quinzaine
La stratégie consistant à transférer une somme la veille d’une date clé pour bénéficier des intérêts sur quinze jours s’en trouve affaiblie. Un virement qui prenait auparavant quelques secondes nécessitera désormais deux validations successives, souvent soumises à des horaires d’enregistrement.
Les pertes liées à ce glissement temporel seront d’autant plus visibles en période de taux faibles et de rémunération limitée, comme c’est le cas actuellement avec les livrets réglementés.
Selon notre expert : Alors que les livrets d’épargne deviennent rigides, le cours de l’or s’adapte et grimpe : faut-il transférer une partie de son épargne ?
Une transition pénalisante en pleine période de dépenses
Le calendrier de la réforme accroît la gêne pour les particuliers. L’automne marque traditionnellement une série de dépenses majeures : chauffage, rentrée, préparation des fêtes. C’est aussi une période où les mouvements d’épargne sont nombreux.
Cette réforme ajoute une rigidité supplémentaire au système bancaire français, au moment où 56 millions d’épargnants sont déjà touchés par un rendement en berne. L’un des derniers leviers d’agilité dans la gestion de l’épargne personnelle est en passe d’être neutralisé.
Une occasion pour les épargnants de revoir leur stratégie
Face à ces nouvelles contraintes, une réflexion plus large sur la gestion de l’épargne s’impose. Les produits sans blocage, comme certains comptes à terme, ou les actifs tangibles à forte liquidité lingots d’or, pièces Napoléon, Souverains, etc. reprennent de l’attrait dans ce climat d’incertitude et de complexité bancaire.
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