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760 millions € grâce à l’or : le Mali veut financer routes, trains, eau et électricité

Le Mali réinvestit 760 millions d'euros issus de la fiscalité minière dans les routes, l'eau et l'électricité du pays.

Temps de lecture : 3 minutes

760 millions € grâce à l’or : le Mali veut financer routes, trains, eau et électricité

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En bref

  • Depuis 2023, le Mali a renforcé les redevances et sa participation dans les projets miniers aurifères

  • Un fonds spécial a récupéré 761 milliards de francs CFA d'arriérés, soit environ 760 millions d'euros

  • Ce fonds génère au moins 50 milliards de francs CFA par an via une taxe sur le chiffre d'affaires des sociétés minières

  • Les sommes doivent financer des routes, des chemins de fer, la compagnie aérienne nationale, l'eau et l'électricité

  • Le Ghana applique une stratégie comparable depuis 2024 avec son programme Big Push

Une réforme fiscale qui redéfinit les règles minières

Depuis 2023, le gouvernement malien a modifié en profondeur les termes de sa relation avec les compagnies extractives installées sur son territoire. L'État réclame désormais des redevances plus élevées et détient une participation renforcée dans les projets aurifères, selon des informations relayées par Reuters et reprises par Zonebourse. Cette bascule marque une rupture avec des décennies de contrats jugés trop favorables aux opérateurs étrangers, dans un pays où l'or représente la première ressource d'exportation.

Le résultat se mesure déjà en chiffres tangibles. Un fonds spécial créé pour centraliser ces nouvelles recettes a récupéré 761 milliards de francs CFA d'arriérés auprès des sociétés minières, soit environ 760 millions d'euros au taux de change courant, d'après Reuters. Cette somme correspond à des paiements que Bamako estimait dus depuis plusieurs années, bien avant l'adoption de la réforme.

A lire aussi : L'or s'envole sur les marchés mondiaux et les pays producteurs africains redistribuent déjà les cartes

Un mécanisme qui génère des revenus récurrents

Au-delà du rattrapage ponctuel, le dispositif produit désormais un flux régulier de recettes. Le fonds engrange au moins 50 milliards de francs CFA chaque année, alimenté par une taxe directe assise sur le chiffre d'affaires des compagnies aurifères, selon Zonebourse. Ce montant, modeste comparé aux tonnages extraits chaque année, représente tout de même une avancée notable pour un budget national largement dépendant des ressources naturelles.

L'or demeure la première source de devises pour le Mali, loin devant le coton ou l'élevage. Capter une part plus significative de cette richesse extraite du sous-sol constitue, pour les autorités de transition, un levier autant politique qu'économique. Reste à savoir si ce rythme de collecte se maintiendra sur la durée, notamment si les cours mondiaux venaient à se retourner brutalement.

Selon notre expert : Alors que les cours grimpent, Bamako transforme ses mines en routes, en eau et en électricité pour des millions d'habitants

Routes, eau et électricité au menu des projets

Le gouvernement affiche des ambitions concrètes pour ces sommes. Les priorités annoncées couvrent la construction de lignes de chemin de fer, l'entretien et l'extension du réseau routier, le développement de la compagnie aérienne nationale ainsi que l'amélioration de l'accès à l'eau potable et à l'électricité. Ces annonces, rapportées par Reuters, restent pour l'instant des orientations budgétaires plutôt que des chantiers déjà achevés.

L'ambition dépasse la simple redistribution comptable. Il s'agit de transformer une ressource épuisable en infrastructures durables, capables de soutenir l'activité économique une fois les gisements taris. Le pari n'est pas anodin : la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité de l'État à exécuter ces projets sans détourner les fonds vers d'autres priorités budgétaires, un risque régulièrement pointé par les observateurs des finances publiques africaines.

Le Ghana emprunte une voie comparable

Cette approche gagne du terrain sur le continent. Le Ghana a lancé, selon Reuters, un programme baptisé Big Push, financé par les revenus tirés de son secteur minier, avec des objectifs similaires en matière d'infrastructures publiques. Les deux pays partagent une même logique : capter davantage de valeur sur des ressources naturelles longtemps exploitées sans retombées suffisantes pour les populations locales.

D'autres producteurs aurifères ouest-africains observent ces expériences avec attention. La tentation de revoir les codes miniers hérités des années 1990 et 2000 se répand, portée par des cours de l'or historiquement élevés qui rendent ces négociations plus favorables aux États hôtes qu'auparavant.

Diversifier son épargne face aux incertitudes des matières premières

Ces bouleversements dans les politiques minières rappellent la sensibilité des marchés de matières premières aux décisions politiques des États producteurs. Pour les épargnants qui souhaitent limiter leur exposition aux aléas monétaires et bancaires, les lingots d'or, les lingots d'argent ou les pièces d'or constituent une option de diversification concrète, permettant de détenir un actif tangible en dehors du système bancaire classique. Cette logique de débancarisation partielle de l'épargne séduit un nombre croissant de particuliers en France, désireux de sécuriser une partie de leur patrimoine face aux incertitudes économiques et géopolitiques.

Sources : BDOR - Reuters - Zonebourse

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