Guerre économique contre l'Iran, Donald Trump menace de terribles représailles tout pays qui soutiendrait Téhéran au sixième mois du conflit
Donald Trump déclare une guerre économique totale à l'Iran et menace de représailles tout pays aidant Téhéran, en plein verrouillage du détroit d'Ormuz.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
- Donald Trump annonce sur Truth Social une guerre économique présentée comme l'opération la plus écrasante jamais menée contre un pays.
- Tout État apportant une aide financière ou commerciale à l'Iran s'expose désormais à des représailles américaines.
- Les Émirats arabes unis ont suspendu tous leurs échanges avec Téhéran après deux tirs de missiles balistiques attribués à l'Iran.
- Le détroit d'Ormuz reste verrouillé, mais un corridor militaire américain permettrait d'exfiltrer environ 10 millions de barils par jour.
- Les négociations sont gelées depuis l'expiration du protocole d'accord signé en juin, et Téhéran minimise la portée des menaces.
Donald Trump a franchi un nouveau cap mercredi dans son bras de fer avec Téhéran. Sur son réseau Truth Social, le président américain a annoncé le lancement d'une guerre économique contre l'Iran, qu'il décrit comme « l'opération économique la plus écrasante jamais entreprise contre un pays ». L'avertissement dépasse largement les frontières iraniennes, puisque tout État qui continuerait d'offrir une bouée de sauvetage financière ou commerciale à la République islamique s'expose, selon lui, à de « terribles répercussions économiques ».
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Une menace dirigée contre les soutiens financiers de Téhéran
Le message présidentiel, publié dans la nuit de mercredi à jeudi, vise les institutions financières, les entreprises, les aéroports et les entités gouvernementales de pays tiers. Contrebande de pétrole, échanges de devises, transferts de liquidités, bureaux de change, registres de navires et sociétés écrans, tous ces circuits de contournement doivent cesser « maintenant », exige le locataire de la Maison Blanche, sans nommer un seul État ni détailler la nature des sanctions américaines envisagées.
Le New York Times avance que les pays acheteurs de brut iranien, la Chine en tête, pourraient figurer parmi les premières cibles. La semaine passée, le secrétaire au Trésor Scott Bessent avait déjà promis à Téhéran un isolement économique « comme le monde n'en a jamais vu », là encore sans précision opérationnelle.
Un conflit enlisé au sixième mois
Depuis l'attaque américano-israélienne du 28 février, la région vit au rythme des représailles croisées. Téhéran a frappé des pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit d'Ormuz, tandis que les États-Unis ont imposé un blocus aux ports iraniens. L'impopularité croissante du conflit sur la scène politique américaine et des réserves de munitions bien entamées expliquent en partie ce basculement de la confrontation militaire vers le terrain financier.
La tension régionale ne faiblit pas pour autant. Les Émirats arabes unis ont accusé mardi l'Iran d'avoir tiré deux missiles balistiques, tombés en mer, contre la navigation maritime, ce que Téhéran conteste. Abou Dhabi a aussitôt suspendu l'ensemble de ses échanges commerciaux et de ses transactions financières avec son voisin, pourtant partenaire économique majeur avant la guerre. Le chef des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, a répliqué en assimilant toute assistance apportée à l'armée américaine à une participation directe aux opérations militaires.
Ormuz, nerf de la guerre énergétique
Avant le conflit, un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures empruntait ce passage libre de droit. Sa fermeture par Téhéran a provoqué une flambée du cours du pétrole et bouleversé les flux énergétiques mondiaux. Selon le média américain Axios, l'armée des États-Unis a ouvert depuis deux mois un corridor de navigation le long des côtes omanaises, permettant à 15 à 20 pétroliers de traverser le détroit chaque nuit. Près de 10 millions de barils quotidiens, soit environ la moitié des volumes d'avant-guerre, seraient ainsi réinjectés sur le marché de l'énergie.
L'Iran, qui prend pour cible les navires transitant sans autorisation, négocie avec Oman la future gestion du passage et souhaite instaurer des frais de navigation. Washington et plusieurs pays de la région rejettent catégoriquement cette perspective.
Des négociations gelées et un risque d'extension du conflit
Le protocole d'accord signé en juin, qui instaurait une trêve de soixante jours en vue d'un règlement durable, a volé en éclats avec la reprise des hostilités en juillet et se trouve désormais expiré. Donald Trump a confirmé mardi qu'aucune discussion n'était en cours ni programmée avec la République islamique. Côté iranien, le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf conditionne la réouverture du détroit au respect des engagements américains et a dénoncé, depuis Bagdad, l'ingérence étrangère dans les affaires régionales.
Le Financial Times rapporte que Téhéran étudierait des cibles dans le sud-est de l'Europe en cas d'escalade, dont la Bulgarie et Chypre, ainsi qu'une attaque contre les câbles sous-marins de fibre optique traversant Ormuz. Les médias iraniens affichent de leur côté une indifférence assumée face aux menaces de Washington. L'agence Fars évoque une simple guerre psychologique, tandis que Tasnim rappelle que le pays a appris depuis des années à contourner les restrictions financières américaines.
Selon notre expert : Les marchés financiers mondiaux avancent sous la double menace des sanctions américaines et d'un pétrole sous très haute tension.
Sécuriser son épargne quand la géopolitique dicte les marchés
Cette escalade illustre la vulnérabilité des circuits financiers traditionnels face aux décisions politiques. Un simple message publié sur un réseau social peut geler des transactions internationales, couper des banques de leurs partenaires et redessiner les flux de capitaux mondiaux. Face à ces risques, les investissements alternatifs comme les métaux précieux retrouvent toute leur pertinence. Détenir des lingots d'or et d'argent ou des pièces d'or permet de conserver une partie de son patrimoine hors du système bancaire, dans une logique de débancarisation et de sécurisation de son épargne. Ces actifs tangibles, reconnus partout et insensibles aux gels d'avoirs, offrent une protection concrète lorsque les tensions internationales fragilisent les monnaies et les circuits financiers classiques.
Sources : BDOR, AFP, Le Télégramme,
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