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Ne jetez plus vos appareils électroniques : une méthode existe pour récupérer l’or qu’ils renferment

Une innovation suisse permet d’extraire l’or des déchets électroniques grâce à un sous-produit du fromage, avec des coûts réduits et un impact environnemental limité.

Temps de lecture : 2 minutes

Ne jetez plus vos appareils électroniques : une méthode existe pour récupérer l’or qu’ils renferment

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En bref

  • Des chercheurs suisses ont mis au point une méthode innovante pour récupérer l’or contenu dans les appareils électroniques

  • La technique repose sur l’utilisation de protéines issues d’un déchet de la fabrication du fromage

  • Le procédé permet de réduire fortement les coûts et l’impact environnemental de l’extraction

  • La rentabilité reste limitée à l’échelle individuelle mais devient pertinente à grande échelle

  • Le recyclage des déchets électroniques s’impose comme une alternative face aux méthodes minières polluantes

Une ressource oubliée au fond des tiroirs

Accumuler d’anciens téléphones, ordinateurs ou consoles est devenu une habitude largement répandue. Derrière ces objets délaissés se cache pourtant un gisement discret de matières premières stratégiques. Cuivre, cobalt, lithium… mais aussi or contenu dans les déchets électroniques, présent en quantités modestes mais bien réelles dans les circuits imprimés.

La récupération de cet or a longtemps reposé sur des procédés lourds, coûteux et polluants. L’utilisation de charbon ou de produits chimiques agressifs limitait l’intérêt économique et environnemental de ces opérations, freinant leur déploiement à grande échelle.

A lire aussi : Le marché de l’or pourrait surprendre ceux qui pensent encore que tout est déjà joué dans l’économie mondiale

Une innovation suisse qui change la donne

Une équipe de chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich a développé une approche radicalement différente. Sous la direction du professeur Raffaele Mezzenga, les scientifiques ont conçu une méthode reposant sur un élément inattendu : un résidu issu de la fabrication du fromage.

Le procédé s’appuie sur des protéines de lactosérum transformées en une sorte d’éponge. Placée dans une solution contenant des métaux dissous issus de cartes mères, cette structure capte sélectivement les ions d’or. Une phase de chauffage permet ensuite de transformer ces particules en paillettes, puis en matière solide exploitable.

Cette approche illustre une logique circulaire particulièrement efficace : deux flux de déchets, alimentaire et électronique, sont combinés pour produire une ressource à forte valeur ajoutée.

Une rentabilité industrielle déjà mesurée

Les résultats obtenus confirment l’intérêt économique du procédé. Selon les chercheurs, le coût total matières premières et énergie incluses reste très inférieur à la valeur de l’or récupéré, avec un ratio pouvant atteindre cinquante pour un.

Les essais menés sur une vingtaine de cartes mères ont permis d’obtenir environ 450 milligrammes d’or 22 carats. À l’échelle du marché actuel, cela représente une valeur d’une trentaine d’euros. Ce rendement peut sembler modeste, mais il prend tout son sens dans une logique industrielle ou de traitement massif des déchets.

Une opportunité limitée pour les particuliers

À titre individuel, l’intérêt financier reste marginal. La quantité d’or récupérable dans un appareil reste faible, et la mise en œuvre du procédé nécessite des conditions techniques spécifiques. L’intervention d’intermédiaires pour la valorisation du métal récupéré réduit encore la rentabilité.

Certains amateurs expérimentent néanmoins cette technique, attirés par sa relative simplicité. Le cadre d’utilisation doit rester strict, notamment en raison des manipulations chimiques impliquées.

Un levier environnemental face aux dérives minières

L’intérêt majeur de cette innovation réside dans son potentiel écologique. L’extraction minière traditionnelle repose encore largement sur des substances toxiques comme le mercure ou le cyanure, avec des conséquences durables sur les écosystèmes et les populations.

L’organisation WWF souligne régulièrement les impacts sanitaires et environnementaux liés à ces pratiques. Pollution des sols, contamination de l’eau, dégradation de la biodiversité… le coût réel de l’or extrait dépasse largement sa valeur marchande.

Le développement de solutions de recyclage de l’or électronique permet de réduire la pression sur les ressources naturelles tout en limitant les externalités négatives.

 

Vers une industrialisation du recyclage des métaux stratégiques

L’enjeu dépasse la simple récupération de l’or. Les déchets électroniques représentent un stock considérable de matériaux critiques pour l’industrie technologique. Leur valorisation devient une priorité dans un contexte de tensions sur les approvisionnements mondiaux.

La méthode développée à Zurich pourrait ouvrir la voie à des procédés industriels plus propres et économiquement viables. L’objectif affiché par les chercheurs reste clair : transformer une contrainte environnementale en opportunité industrielle durable.

Sources : BDOR

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