Michel-Édouard Leclerc veut taxer robots et IA : son idée choc pour augmenter le salaire net
Michel-Édouard Leclerc propose de taxer robots et IA pour augmenter le salaire net sans toucher à la protection sociale française.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Michel-Édouard Leclerc propose de taxer robots, numérique et intelligence artificielle pour financer la protection sociale
L'objectif affiché est de rapprocher salaire net et salaire brut sans réduire les droits sociaux existants
Gabriel Attal défend depuis 2025 la suppression de la part salariale de la cotisation vieillesse, chiffrée entre 40 et 50 milliards d'euros
Raphaël Glucksmann propose de taxer davantage les gros héritages pour alléger les charges sur le travail
Le financement précis de la proposition Leclerc reste à ce jour non chiffré
La question centrale demeure celle du financement futur des retraites et de la santé
Une idée qui dérange venue de la grande distribution
Le 31 août 2025, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a pris position publiquement sur un sujet qui dépasse largement son secteur d'activité habituel. « Le modèle social, qui fait la cohésion sociale, on n'y touche pas », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par France Info le même jour. Sa formule interpelle par sa fermeté, mais elle cache une proposition autrement plus radicale : faire contribuer robots, numérique et intelligence artificielle au financement de la protection sociale, aujourd'hui largement assis sur le travail humain.
L'homme d'affaires illustre son raisonnement avec une image parlante. « Votre téléphone, aujourd'hui, ne paye pas de charges sociales, ni patronales, ni salariales. Et pourtant, il remplace le photographe, la Poste », explique-t-il. Interrogé sur les caisses automatiques présentes dans ses propres magasins, il admet sans détour qu'elles seraient elles aussi concernées par cette logique de contribution. Voilà une cohérence qui mérite d'être saluée, même si elle place son propre modèle économique face à ses contradictions.
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Le rapprochement brut-net, un chantier déjà engagé à droite comme à gauche
Leclerc n'est pas seul sur ce terrain. Gabriel Attal défend depuis 2025 une réduction de l'écart entre salaire brut et salaire net par la suppression de la part salariale de la cotisation vieillesse. Il avait chiffré son projet à 40 milliards d'euros pour les seuls salariés, un montant grimpant jusqu'à 50 milliards en intégrant indépendants et fonctionnaires, selon des éléments présentés devant l'Assemblée nationale. Un chiffre colossal, qui donne la mesure du trou budgétaire à combler si la mesure venait à voir le jour.
Raphaël Glucksmann propose une trajectoire différente pour parvenir au même objectif : alléger les prélèvements sur le travail en faisant davantage contribuer les plus gros héritages. D'autres responsables politiques, toutes obédiences confondues, défendent également des baisses de cotisations pour gonfler directement la fiche de paie. Le consensus semble se former sur le diagnostic, moins sur le remède. Chacun tire la couverture vers la solution qui sert le mieux son électorat.
Selon notre expert : Pendant que les politiques se disputent sur les cotisations, les épargnants se ruent déjà vers les valeurs refuges
La question qui fâche : qui financera les retraites demain ?
Ces cotisations que l'on veut alléger ne disparaissent pas sans conséquence. Elles financent aujourd'hui les retraites, la santé, et plus largement l'ensemble de la protection sociale française. Toute baisse substantielle impose mécaniquement de trouver des économies équivalentes ou des recettes de substitution. C'est précisément le nœud du problème que soulève Leclerc : si le travail finance moins la protection sociale, qui devra payer à sa place ?
Sa proposition vise robots et technologies numériques, mais son financement précis reste à ce jour non chiffré, contrairement au projet Attal déjà quantifié. Cette absence de chiffrage laisse planer un doute sur la faisabilité réelle de la mesure. Reste que le débat a le mérite de poser une question structurante à l'heure où l'automatisation gagne du terrain dans l'ensemble des secteurs économiques, y compris dans la grande distribution elle-même.
Face à l'incertitude fiscale, l'épargne cherche des refuges tangibles
Ce débat sur le financement futur de la protection sociale intervient dans un contexte budgétaire tendu. La dette publique française atteint 118,4 % du PIB et le déficit public s'établit à -5,1 % du PIB pour 2025, selon les données de référence en direct. L'inflation reste contenue à 0,7 % sur un an en décembre 2025, mais le chômage touche 8,3 % de la population active en juillet 2026. Dans ce climat d'incertitude sur la fiscalité et les retraites, nombre d'épargnants se tournent vers des actifs tangibles pour sécuriser leur patrimoine.
L'once d'or s'échange actuellement à 3794,3 euros et l'once d'argent à 57,08 euros, selon les cotations BDOR. Les lingots d'or, pièces d'or et métaux précieux physiques attirent ainsi une part croissante d'épargnants soucieux de diversifier leurs avoirs hors du système bancaire traditionnel. Cette démarche de débancarisation partielle répond à une logique simple : détenir un actif physique, hors des aléas des réformes fiscales et des arbitrages politiques encore incertains sur le financement de la protection sociale.
Sources : BDOR - France Info (31 août 2025) - Assemblée nationale
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