« Macron » : neuf ans après 2017, François Fillon règle brutalement ses comptes
François Fillon rompt le silence, attaque le bilan de Macron et revient sur l'affaire Penelope Fillon qui lui a coûté la présidentielle de 2017.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
François Fillon rompt un silence de plusieurs années pour évoquer l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse Penelope Fillon
L'ancien Premier ministre affirme que cette affaire lui a coûté l'élection présidentielle de 2017
Il cible les membres de son propre camp qu'il juge responsables de son isolement politique à l'époque
Sa prise de parole survient quelques jours après la suspension pour dix ans de sa Légion d'honneur
François Fillon critique ouvertement le bilan d'Emmanuel Macron et reviendrait sur son choix de 2017 face à Marine Le Pen
Cette sortie médiatique intervient dans un climat économique français marqué par une dette publique et des taux souverains sous surveillance
Un silence rompu après neuf années
François Fillon a choisi de reprendre la parole publiquement, presque une décennie après l'affaire qui a fait basculer la présidentielle de 2017. L'ancien Premier ministre, candidat malheureux face à Emmanuel Macron, revient longuement sur l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse Penelope Fillon, un dossier qui avait pulvérisé sa dynamique de campagne alors qu'il partait favori des sondages. Selon des propos rapportés par Le Figaro, il affirme sans détour que « cette affaire m'a coûté l'élection présidentielle », une déclaration lourde de sens pour celui qui incarnait alors l'un des principaux espoirs de la droite républicaine.
Cette réapparition médiatique n'est pas anodine. Elle intervient quelques jours seulement après la suspension pour dix ans de sa Légion d'honneur, conséquence directe de sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs. Un timing qui, loin d'être fortuit, ressemble à une réponse assumée face à une sanction perçue comme une nouvelle humiliation publique. François Fillon assume vouloir « solder des comptes, dire sa vérité », une formule qui traduit une volonté de reprendre la main sur son propre récit politique, presque une décennie après sa chute.
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Un règlement de comptes avec son propre camp
Le cœur de cette sortie médiatique ne vise pas uniquement ses adversaires politiques traditionnels. François Fillon réserve ses attaques les plus acerbes à ceux qu'il considère comme des lâches au sein de son propre parti. « Les gens auxquels j'en veux le plus, ce sont tous les gens lâches, ceux qui se sont tus ou m'ont accablé alors qu'ils étaient au courant des situations, ou étaient dans des situations identiques à la mienne », déclare-t-il selon des propos relayés par l'AFP.
Cette charge frontale ravive un débat jamais totalement refermé sur la solidarité, ou son absence, au sein de la droite française durant la campagne de 2017. Plusieurs figures politiques de l'époque avaient effectivement pris leurs distances avec le candidat dès les premières révélations, précipitant sa chute dans les sondages et compliquant durablement sa remontée face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Neuf ans plus tard, ces règlements de comptes internes réveillent des tensions que beaucoup pensaient apaisées.
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Une charge frontale contre le bilan macroniste
Au-delà du passé, François Fillon profite de cette prise de parole pour dresser un bilan sévère du mandat d'Emmanuel Macron. Il va jusqu'à affirmer que, s'il devait refaire son choix de second tour en 2017, il ne voterait plus pour l'actuel chef de l'État face à Marine Le Pen. Une déclaration qui, venant d'un ancien candidat de premier plan, résonne comme un désaveu politique majeur et alimente les critiques récurrentes sur la gestion économique et sociale du pays depuis huit ans.
Ce contexte de défiance politique s'inscrit dans une conjoncture économique française particulièrement tendue. La dette publique atteint 118,4 % du PIB selon les données publiques disponibles, tandis que le déficit public s'établit à -5,1 % du PIB pour 2025. L'OAT à 10 ans se négocie actuellement autour de 3,85 %, un niveau qui traduit la vigilance accrue des marchés obligataires face à l'instabilité politique française. La croissance du PIB, limitée à 0,8 % sur l'année, et un taux de chômage de 8,3 % de la population active en juillet 2026, complètent un tableau économique fragile qui nourrit les critiques adressées à l'exécutif.
L'instabilité politique, un moteur pour les valeurs refuges
Les épisodes de tension politique comme celui-ci ne sont jamais neutres pour l'épargne des ménages. L'once d'or s'échange actuellement à 3794,3 euros selon les données BDOR, tandis que l'once d'argent atteint 57,08 euros. Ces niveaux élevés traduisent un appétit persistant pour les valeurs tangibles à l'heure où la confiance envers les institutions et la stabilité budgétaire française interroge une partie croissante des épargnants.
Face à cette incertitude, un nombre croissant de particuliers se tourne vers les métaux précieux, les lingots d'or, les pièces d'or et les lingots d'argent comme solution de diversification patrimoniale. Cette démarche répond souvent à une logique de débancarisation partielle et de sécurisation de l'épargne, en dehors des circuits financiers traditionnels exposés aux soubresauts politiques et à la volatilité des marchés obligataires. Dans un climat où la dette publique française dépasse les 118 % du PIB, ces actifs conservent une place singulière dans les stratégies patrimoniales prudentes.
Sources : BDOR - Le Figaro - AFP
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