Héritage d’entreprise : attention, ces nouvelles règles risquent de vous surprendre
Pacte Dutreil : les règles de transmission d’entreprise se durcissent en 2026 pour limiter les abus fiscaux.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Hériter d’une entreprise devient plus contraignant dès 2026
- Un dispositif pensé pour faciliter les transmissions d’entreprises
- Une exonération qui coûte 5,5 milliards… par an
- Deux amendements pour refermer les failles
- Un signal clair à destination des héritiers
- Une stratégie patrimoniale à repenser : cap sur les investissements alternatifs
En bref
Le pacte Dutreil permet jusqu’à 75 % d’exonération sur les transmissions d’entreprise.
La Cour des comptes pointe des abus massifs du dispositif.
Deux amendements votés visent à restreindre les conditions d’éligibilité dès 2026.
Les biens personnels déguisés en actifs professionnels seront exclus.
La durée de détention minimale passe de 6 à 8 ans pour bénéficier de l’exonération.
Hériter d’une entreprise devient plus contraignant dès 2026
La transmission d’une entreprise familiale va connaître un tournant décisif dès 2026. Le pacte Dutreil, jusqu’alors perçu comme une niche fiscale avantageuse pour les successions professionnelles, fait désormais l’objet d’un durcissement législatif voté par l’Assemblée nationale. Objectif affiché : endiguer les abus massifs dénoncés par la Cour des comptes.
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Un dispositif pensé pour faciliter les transmissions d’entreprises
Mis en place par la loi du 1er août 2003, le pacte Dutreil autorise une exonération de 75 % des droits de mutation lors d’une donation ou d’un décès, à condition que l’entreprise reste détenue au sein du cercle familial. La mesure concerne aussi bien les parts sociales que les biens mobiliers et immobiliers affectés à l’activité.
Pour que cette exonération soit accordée, les héritiers doivent s’engager à conserver les parts pendant six ans au total :
-
Deux ans dans le cadre d’un engagement collectif signé par le défunt et ses associés.
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Quatre années supplémentaires à titre individuel à compter de la transmission.
Une exonération qui coûte 5,5 milliards… par an
Selon un rapport à paraître de la Cour des comptes, les dérives observées vont bien au-delà des prévisions initiales. Alors que le manque à gagner était estimé à 800 millions d’euros, la perte réelle pour les finances publiques atteindrait 5,5 milliards d’euros en 2024. En cause, des pratiques d’optimisation où des biens privés sont artificiellement intégrés au périmètre professionnel pour bénéficier de la défiscalisation.
Un cas cité à l’Assemblée nationale illustre l’ampleur du problème : un chalet de montagne a pu bénéficier d’une exonération au titre du pacte, au seul motif qu’il contenait un bureau, en contradiction avec l’esprit du dispositif.
Deux amendements pour refermer les failles
Face à ces abus, les députés ont voté, le 3 novembre, deux amendements visant à resserrer l’accès au pacte Dutreil :
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Les biens non strictement professionnels seront désormais exclus du champ d’application.
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La durée de détention des parts avant exonération est prolongée de deux années, portant l’ensemble du dispositif à huit ans au lieu de six.
La ministre des Comptes publics a salué cette initiative, appelant à une clarification de la liste des biens éligibles. Ces mesures doivent encore être inscrites dans la version finale du projet de loi de finances pour 2026, mais leur adoption à une large majorité et leur soutien par l’exécutif laissent peu de place au doute.
Un signal clair à destination des héritiers
Les transmissions d’entreprise bénéficieront encore d’un cadre fiscal avantageux, mais les conditions d’accès se durcissent nettement. Cette réforme vise à restaurer l’équité fiscale, en recentrant le pacte Dutreil sur son objectif initial : accompagner la pérennité économique des entreprises familiales, et non servir de levier de défiscalisation patrimoniale.
Selon notre expert : Budget incertain, fiscalité renforcée, tensions géopolitiques : le cours de l’or pourrait bien pulvériser tous ses records.
Une stratégie patrimoniale à repenser : cap sur les investissements alternatifs
Dans ce contexte de fiscalité renforcée, nombreux sont ceux qui réévaluent leurs stratégies de transmission. Les actifs tangibles, comme l’or physique, restent hors du périmètre de l’IFI et ne sont pas soumis aux mêmes contraintes successorales. Les lingots certifiés, les pièces d’investissement, ou encore les structures décentralisées comme les trusts ou holdings à l’étranger, deviennent des options de plus en plus explorées par les familles souhaitant protéger leur patrimoine sans entrer dans le radar fiscal. L’or, en particulier, s’impose comme une valeur refuge intergénérationnelle, discrète, portable, et hors système bancaire.
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