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Le pétrole chute de 2,94 %, l'espoir d'un accord Iran-Etats-Unis apaise les marchés

Le WTI repasse sous 92 dollars après des négociations Iran-USA sur le détroit d'Ormuz. Le point sur les niveaux techniques et les risques géopolitiques persistants.

Temps de lecture : 5 minutes

Le pétrole chute de 2,94 %, l'espoir d'un accord Iran-Etats-Unis apaise les marchés

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En bref

  • Le baril de WTI recule de 2,94 % et repasse sous 92 dollars ce vendredi 25 septembre 2026

  • Des négociateurs américains et iraniens exploreraient un accord par étapes sur le détroit d'Ormuz

  • Une attaque de missile houthi contre l'Arabie saoudite maintient le risque géopolitique élevé

  • Le baril reste au dessus de sa moyenne mobile à 200 périodes, support situé vers 88,99 dollars

  • Une résistance technique est repérée à 93,68 dollars

  • La baisse du jour ressemble à une pause plus qu'à un vrai retournement de tendance

Le WTI recule sous 92 dollars, l'Iran redistribue les cartes

Le baril de WTI abandonne 2,94 % sur les dernières 24 heures et repasse sous la barre des 92 dollars ce vendredi 25 septembre 2026, après avoir flirté avec 95,80 dollars la veille. La cause tient en une phrase : des négociateurs américains et iraniens explorent, selon des informations relayées en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, un accord par étapes qui verrait Téhéran rouvrir le détroit d'Ormuz contre une levée du blocus économique américain. Un tel scénario, encore hypothétique, suffit à faire reculer une prime de risque logée dans les cours depuis des mois.

Le repli n'efface pas tout le tableau. Une attaque de missile houthi contre l'Arabie saoudite garde le risque géopolitique bien vivant, et pourrait à tout moment inverser la tendance si elle dégénérait. Sur le plan technique, le baril évolue toujours au-dessus de sa moyenne mobile à 200 périodes, jugée soutien vers 88,99 dollars, avec une résistance repérée à 93,68 dollars. Autrement dit, la baisse du jour ressemble davantage à une respiration qu'à un retournement de tendance assumé.

A lire aussi : Voir comment ce repli du pétrole se répercute sur l'or et les taux réels

Du baril aux taux réels : la chaîne qui pèse sur l'or ce vendredi

Un baril moins cher allège mécaniquement les coûts de production et de transport, ce qui réduit à court terme l'inflation importée par l'énergie. C'est la première maille. La seconde, ce sont les anticipations d'inflation, qui devraient en théorie se détendre à leur tour, puisque les marchés révisent à la baisse leurs projections de prix à la pompe et de coûts industriels. Mais la matière première du jour montre que cette détente reste partielle : les rendements obligataires américains, eux, ne suivent pas ce mouvement apaisant.

Le rendement à 30 ans a touché un plus haut niveau depuis juin 2004, et celui à 10 ans un sommet inédit depuis juin 2007, signe que le marché continue d'anticiper une politique monétaire restrictive malgré le repli du baril. Selon les probabilités calculées par le marché des contrats à terme, la probabilité d'une hausse de taux de la Fed en octobre est passée à près de 67,5 %, contre 55,4 % une semaine plus tôt et seulement 11 % un mois auparavant. Ce durcissement attendu maintient les taux réels élevés, et c'est le dernier maillon : un or qui ne verse aucun coupon devient mécaniquement moins attractif quand l'argent placé sans risque rapporte davantage. Le décalage temporel est net : la baisse du baril agit en quelques heures sur les anticipations d'inflation, mais la trajectoire des taux réels, elle, se construit sur plusieurs semaines de données macroéconomiques.

L'or stable à 120,77 euros le gramme malgré les secousses obligataires

Nos relevés effectués ce matin à 9h02 situent l'or à 120,77 euros le gramme, soit 3 756,49 euros l'once, quasiment inchangé depuis la clôture de la veille et depuis l'ouverture de la séance. L'amplitude du jour reste contenue à 0,6 %, entre un plus bas à 120,519 euros et un plus haut à 121,263 euros. Cette stabilité en euros, alors même que les taux américains grimpent à des niveaux inédits depuis deux décennies, s'explique en grande partie par la parité EUR/USD, qui ne recule que de 0,03 % à 1,1383 dollar. Le renforcement du Dollar Index à 101,16 points (+0,72 %) pèse sur l'or libellé en dollars, mais ce mouvement se retrouve partiellement neutralisé côté européen.

L'argent, plus exposé au cycle industriel qu'à la diplomatie iranienne

L'argent réagit différemment de l'or à ce genre de séquence, parce qu'une partie de sa demande vient de l'industrie, de l'électronique et du photovoltaïque, secteurs directement sensibles au coût de l'énergie. Un baril moins cher allège les charges de production de ces filières, ce qui devrait en théorie soutenir la demande industrielle du métal. Mais cet effet favorable se heurte au même obstacle que l'or : des taux réels qui restent élevés pénalisent un actif qui ne rapporte rien, et l'attrait industriel ne suffit pas toujours à compenser ce coût d'opportunité quand les rendements obligataires battent des records vieux de plusieurs décennies. Nos relevés situent l'argent à 1,802 euro le gramme ce matin, un niveau qui traduit cette tension entre soutien industriel et pression des taux, sans mouvement marqué à ce stade de la séance.

Ce qui pourrait invalider cette lecture dans les prochains jours

Cette analyse mérite d'être nuancée sur plusieurs points. D'abord, la baisse du baril pourrait tout autant signaler une crainte de ralentissement économique qu'une simple détente géopolitique, auquel cas elle pèserait aussi sur la demande industrielle d'argent plutôt que de la soutenir. Ensuite, si l'accord entre Washington et Téhéran ne se concrétise pas, une reprise des tensions autour du détroit d'Ormuz, combinée aux attaques déjà observées contre l'Arabie saoudite, pourrait faire repartir le baril à la hausse en quelques heures et raviver l'inflation importée que l'on croyait apaisée.

Enfin, la force actuelle du dollar reste le facteur le plus susceptible de contredire une lecture favorable à l'or : tant que le Dollar Index progresse et que la Fed campe sur un discours restrictif, la baisse du pétrole ne suffit pas à elle seule à faire refluer les taux réels. La stabilité observée ce matin sur nos relevés en euros doit donc se lire comme un équilibre provisoire entre deux forces contraires, pas comme une tendance installée.

Sources : BDOR

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