Classement 2026 : voici les 8 pays qui détiennent le plus d’or au monde
La France détient 2437 tonnes d'or, 4e réserve mondiale. Décryptage d'un stock stratégique conservé à Paris depuis l'ère de Gaulle.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
La France détient 2 437 tonnes d’or, soit la quatrième réserve nationale mondiale derrière les États-Unis, l’Allemagne et l’Italie.
Au cours observé le 11 septembre 2026, ce stock représente environ 292 milliards d’euros.
Les réserves françaises sont principalement conservées à Paris, à 27 mètres sous terre, dans La Souterraine de la Banque de France.
Entre juillet 2025 et janvier 2026, 129 tonnes détenues à New York ont été vendues puis remplacées par une quantité équivalente d’or acheté en Europe.
Entre 2004 et 2009, la Banque de France avait en revanche réduit ses réserves de 589 tonnes, une décision dont le coût patrimonial reste régulièrement débattu.
La dette publique française atteignait 3 536,1 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB, à la fin du premier trimestre 2026.
Un trésor de 2 437 tonnes qui place toujours la France au quatrième rang mondial
La France reste l'une des grandes puissances mondiales de l'or. Selon les dernières données disponibles du World Gold Council et de la Banque de France, le pays détient environ 2 437 tonnes de métal jaune. Il s'agit de la quatrième réserve nationale au monde, derrière les États-Unis, qui possèdent environ 8 133 tonnes, l'Allemagne et ses quelque 3 350 tonnes, puis l'Italie avec près de 2 452 tonnes.
La valeur financière de ce patrimoine a toutefois considérablement augmenté avec l'envolée des cours. Le 11 septembre 2026, BDOR indiquait un prix de l'or autour de 3 730 euros l'once, soit près de 120 000 euros le kilogramme. À ce niveau, les réserves françaises représentent environ 292 milliards d'euros. Cette estimation reste naturellement théorique : le cours évolue en permanence et il ne s'agit pas d'une somme immédiatement disponible dans les caisses de l'État.
À elle seule, cette montagne de métal vaut pourtant désormais l'équivalent de plusieurs centaines de milliards d'euros. Un chiffre spectaculaire, mais qui ne signifie pas que l'État pourrait simplement utiliser cet or pour effacer ses déficits.
Le poids de l'or dans les réserves françaises demeure par ailleurs particulièrement élevé par rapport à celui observé dans de nombreuses économies émergentes. À l'inverse, la Chine poursuit ses achats : ses réserves officielles atteignent désormais environ 2 366 tonnes, représentant autour de 8 % de ses réserves totales.
La Souterraine concentre désormais encore davantage l'or français à Paris
Une grande partie de ce patrimoine repose sous le centre de Paris, dans l'un des lieux les plus sécurisés du pays. Baptisée La Souterraine, la chambre forte de la Banque de France se trouve à environ 27 mètres sous terre, sous le siège historique de l'institution et l'Hôtel de Toulouse. Sa superficie dépasse un hectare.
Mais un changement important est intervenu récemment. Jusqu'en 2025, 129 tonnes d'or français étaient encore conservées à New York. Ces lingots, représentant environ 5 % du stock national, ne répondaient plus aux standards techniques recherchés par la Banque de France.
Entre juillet 2025 et janvier 2026, l'institution a donc réalisé 26 opérations : les 129 tonnes américaines ont été vendues et une quantité équivalente d'or répondant aux standards souhaités a été achetée en Europe. Les nouvelles barres sont désormais conservées à Paris. Le stock total français n'a donc pas diminué : il est resté fixé à 2 437 tonnes.
L'opération a même produit un effet financier spectaculaire. La Banque de France indique avoir dégagé une plus-value exceptionnelle totale de 12,8 milliards d'euros, dont 11 milliards comptabilisés sur l'exercice 2025 et 1,8 milliard sur 2026.
Cette transaction rend donc incorrecte l'affirmation selon laquelle « aucune once n'a été vendue depuis 2009 ». Des ventes ont bien eu lieu, mais elles correspondaient à une opération technique de renouvellement du stock et non à une réduction des réserves nationales.
Les 589 tonnes vendues entre 2004 et 2009 restent controversées
La situation est très différente pour les opérations conduites au début des années 2000. En novembre 2004, alors que Nicolas Sarkozy occupait le poste de ministre de l'Économie et des Finances, un accord est conclu afin de permettre à la Banque de France de réduire une partie de ses réserves aurifères.
Entre décembre 2004 et septembre 2009, 589 tonnes d'or sont vendues, soit une diminution d'environ 19,5 % du stock. Ces opérations génèrent alors 4,67 milliards d'euros de plus-values cumulées.
Dire que cet or a été vendu « au plus bas historique » serait néanmoins excessif. Le véritable problème apparaît surtout avec le recul : les cours ont fortement progressé pendant et après le programme de vente. La Cour des comptes estimait ainsi que, si les ventes n'avaient pas été réalisées, la valeur du patrimoine aurifère de la Banque de France aurait été supérieure de 19,4 milliards d'euros dès la fin de 2010.
La décision reste donc régulièrement critiquée, non parce que l'opération aurait généré une perte immédiate, mais parce qu'elle a réduit l'exposition de la France à un actif dont la valeur allait ensuite connaître une hausse spectaculaire.
Pour aller plus loin : découvrez les secrets de La Souterraine de la Banque de France, cette chambre forte située sous Paris où sont conservées les réserves d’or françaises.
Avec 3 536 milliards d'euros de dette, pourquoi ne pas vendre l'or ?
La question ressurgit presque mécaniquement à mesure que les finances publiques françaises se dégradent. À la fin du premier trimestre 2026, la dette publique atteignait 3 536,1 milliards d'euros, soit 117,5 % du PIB, contre 115,7 % à la fin de 2025. Le prochain chiffre trimestriel de l'Insee doit être publié le 29 septembre 2026.
Le déficit public s'est pour sa part établi à 152,5 milliards d'euros en 2025, soit 5,1 % du PIB. Il ne s'agit donc plus d'une projection, mais du résultat officiel publié par l'Insee.
Avec près de 292 milliards d'euros d'or, la comparaison peut sembler tentante. Mais même une vente totale du stock français ne représenterait qu'environ 8 % de la dette publique actuelle. Surtout, les réserves d'or répondent à une logique différente : elles constituent un actif stratégique inscrit au bilan de la banque centrale, contribuent à sa solidité financière et participent à la confiance dans la monnaie.
La position affichée par la Banque de France est d'ailleurs claire. En avril 2026, elle indiquait que les réserves françaises s'établissaient à 2 437 tonnes et « resteront inchangées ».
Dans un environnement marqué par la hausse de l'endettement public, les tensions géopolitiques et les achats persistants des banques centrales, l'or français apparaît donc moins comme une cagnotte à dépenser que comme une réserve stratégique de dernier recours.
Sources : Banque de France, World Gold Council, Insee, Cour des comptes, BDOR.
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