Retraite : fonctionnaires, salariés, professions libérales… voici qui touche réellement le plus
Pension moyenne, écarts entre privé, public et professions libérales : les chiffres DREES et Insee dévoilent qui touche vraiment le plus en retraite.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Au 31 décembre 2024, 18,2 millions de retraités percevaient une pension moyenne de 1 705 euros bruts par mois selon la DREES
Les seuils de l'Insee situent la classe moyenne d'une personne seule entre 1 683 et 3 119 euros de revenu mensuel après impôts
Les fonctionnaires de l'État touchent en moyenne 2 400 euros contre 1 370 euros pour les anciens salariés du privé
Les régimes spéciaux et les professions libérales se situent entre ces deux extrêmes, autour de 1 940 et 1 450 euros
Une partie des retraités diversifie son épargne vers les métaux précieux pour sécuriser son pouvoir d'achat
Une pension moyenne qui masque de profonds écarts
Au 31 décembre 2024, la France comptait environ 18,2 millions de retraités, selon les données publiées par la DREES. Leur pension moyenne atteignait 1 705 euros bruts par mois. Ce chiffre, souvent brandi comme référence nationale, raconte une histoire incomplète. Il ne tient compte ni des revenus du conjoint, ni des aides sociales perçues, ni de la composition réelle du foyer. Deux retraités affichant la même pension brute peuvent vivre des situations financières radicalement différentes selon leur statut familial.
Le parcours professionnel pèse lourd dans l'équation. Une carrière longue et bien rémunérée débouche logiquement sur une pension confortable au moment de la liquidation, tandis que des années hachées par le chômage, le temps partiel ou des interruptions de carrière réduisent mécaniquement le montant final. L'Insee, pour sa part, préfère raisonner en revenu disponible après impôts et prestations sociales afin d'évaluer le niveau de vie réel des ménages retraités. Cette méthode donne une photographie plus fidèle que la simple moyenne brute mise en avant chaque année.
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Le niveau de vie, thermomètre plus fiable que la pension brute
Selon la classification de l'Insee, une personne seule appartient à la classe moyenne lorsque ses revenus mensuels se situent entre 1 683 euros et 3 119 euros après impôts et prestations sociales. Pour un couple sans enfant, la fourchette grimpe entre 2 525 euros et 4 679 euros par mois. Ces seuils ne mesurent pas la richesse absolue d'un foyer, mais sa position relative par rapport au reste de la population française.
Cette lecture change la perception qu'on peut avoir d'une pension de 1 705 euros bruts. Perçue seule, elle place son bénéficiaire dans la partie basse de la classe moyenne. Partagée dans un couple où le conjoint touche également une pension, la situation devient nettement plus confortable. Le logement déjà payé, l'absence de crédit en cours ou au contraire des charges locatives élevées viennent redessiner ce tableau, rendant toute généralisation hasardeuse.
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Salariés, fonctionnaires, indépendants : des écarts qui persistent
Le régime d'affiliation reste le facteur le plus déterminant du montant final perçu. Un ancien salarié du secteur privé touche en moyenne 1 370 euros bruts par mois. Les professions libérales se situent légèrement au-dessus, autour de 1 450 euros. Les bénéficiaires de régimes spéciaux perçoivent environ 1 940 euros, tandis que les fonctionnaires de l'État affichent la moyenne la plus haute, proche de 2 400 euros mensuels, toujours selon les chiffres de la DREES arrêtés au 31 décembre 2024.
Ces écarts s'expliquent par plusieurs mécanismes cumulés : les salaires perçus tout au long de la carrière, la durée effective de cotisation, l'existence ou non de régimes complémentaires spécifiques, et les règles de calcul propres à chaque statut. La fonction publique intègre des grilles indiciaires stables, quand le secteur privé subit davantage les aléas du marché de l'emploi. Réduire ces différences à une simple opposition public-privé serait trompeur : la réalité tient autant du parcours individuel que du régime d'appartenance.
Trois france des retraités selon l'insee
L'Insee distingue trois grands groupes dans sa répartition des niveaux de vie. Les 30 % de retraités aux revenus les plus faibles composent les catégories populaires. À l'autre extrémité, les 20 % les plus aisés concentrent une part significative du patrimoine cumulé pendant la vie active. Entre ces deux pôles se situe la classe moyenne, qui rassemble environ la moitié des retraités français, un socle dont la stabilité conditionne largement le climat social du pays.
Sécuriser son épargne quand la pension ne suffit plus
Face à ces écarts et à une pension moyenne qui peine parfois à couvrir le coût de la vie, nombre de Français cherchent à diversifier leur épargne en dehors des circuits bancaires classiques. Les métaux précieux occupent une place particulière dans cette stratégie de long terme. Détenir des lingots d'or et d'argent ou des pièces d'or permet de constituer une réserve de valeur tangible, transmissible et indépendante des aléas des marchés financiers traditionnels.
Cette logique de débancarisation partielle séduit particulièrement les futurs retraités soucieux de protéger leur capital contre l'érosion monétaire et les incertitudes budgétaires de l'État. Avec une once d'or cotée à 3 782,8 euros et une once d'argent à 57,03 euros, selon les cours BDOR du jour, ces actifs conservent un attrait certain pour qui souhaite compléter une pension jugée insuffisante par un patrimoine physique, palpable, et transmis de génération en génération.
Sources : BDOR - DREES - Insee
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