CAF : 6,3 milliards d’euros versés à tort, la Cour des comptes s’alarme
La Cour des comptes révèle 6,3 milliards d’euros d’erreurs dans la branche famille de la Sécurité sociale en 2024, un record inquiétant.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 3 minutes

Sommaire
- Un montant dâerreurs jugé particulièrement élevé par la Cour des comptes
- Le RSA et la prime dâactivité concentrent lâessentiel des erreurs
- Maladie et retraite, des trajectoires opposées
- Une facture qui interroge la confiance dans les comptes publics
- Face à lâincertitude, la tentation des actifs tangibles
En bref
La Cour des comptes évalue à 6,3 milliards d’euros les erreurs constatées dans la branche famille de la Sécurité sociale en 2024
Plus d’un quart des montants versés au titre de la prime d’activité serait entaché d’erreurs
Les comptes de la Cnaf ne peuvent être certifiés pour la troisième année consécutive
La branche maladie enregistre 3,3 milliards d’euros d’erreurs, en hausse par rapport à 2023
La branche retraite progresse, avec une erreur sur dix prestations contre une sur huit en 2023
Un montant d’erreurs jugé particulièrement élevé par la Cour des comptes
La Cour des comptes a chiffré à 6,3 milliards d’euros les erreurs constatées dans la branche famille de la Sécurité sociale pour l’exercice 2024, selon un communiqué publié le 16 mai 2025. Ce montant, qualifié de « particulièrement élevé » par l’institution, correspond aux versements indus ainsi qu’aux prestations qui auraient dû être versées mais qui ne sont jamais arrivées sur les comptes bancaires des allocataires. La Cour précise que ces sommes « ne seront jamais régularisées », un constat qui pèse lourdement sur la crédibilité comptable de la Caisse nationale d’allocations familiales.
Ces erreurs, non corrigées par les actions de contrôle interne au bout de 24 mois, représentent 8 % du montant total des prestations versées par la Cnaf. Face à ce constat, la Cour des comptes se déclare dans l’impossibilité de certifier les comptes de la Cnaf pour la troisième année consécutive, après 2022 et 2023. Un tel enchaînement interroge sur la capacité de l’organisme à endiguer durablement ces dysfonctionnements.
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Le RSA et la prime d’activité concentrent l’essentiel des erreurs
Les magistrats financiers pointent trois prestations particulièrement touchées : le RSA, la prime d’activité et les aides au logement. Plus d’un quart des montants versés au titre de la prime d’activité serait entaché d’erreurs, selon les données communiquées par la Cour des comptes le 16 mai 2025. Cette proportion illustre la fragilité d’un système de calcul reposant largement sur des déclarations de ressources fournies par les allocataires eux-mêmes.
Nicolas Grivel, directeur général de la Cnaf, a expliqué à l’Agence France-Presse que ces écarts proviennent principalement des erreurs commises par les bénéficiaires lorsqu’ils remplissent leurs déclarations de revenus récents. Le RSA et la prime d’activité, calculés sur la base de ces déclarations, s’avèrent structurellement plus exposés aux erreurs que les prestations familiales classiques.
La solidarité à la source, une réponse encore incertaine
Depuis mars 2025, le dispositif de solidarité à la source déployé en France propose des déclarations préremplies à partir des informations transmises par l’employeur, France Travail ou l’Assurance maladie. Nicolas Grivel estime que ce mécanisme devrait diminuer le risque d’erreur, sans garantir pour autant une résolution immédiate d’un problème enraciné depuis plusieurs exercices comptables. L’ampleur des sommes en jeu laisse peu de place à l’optimisme à court terme.
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Maladie et retraite, des trajectoires opposées
La branche maladie affiche une dégradation. Selon la Cour des comptes, le montant estimé des erreurs affectant les règlements de frais de santé atteint 3,3 milliards d’euros en 2024, contre 3,1 milliards en 2023. Une indemnité journalière nouvellement attribuée sur quinze comporterait une erreur, tandis que la Caisse nationale d’assurance maladie évalue la fraude entre 1,4 et 1,9 milliard d’euros, sur un périmètre que la Cour juge encore incomplet.
La branche retraite, elle, progresse. Une prestation de retraite sur dix attribuée à d’anciens salariés comporterait une erreur financière en 2024, contre une sur huit en 2023. Ce mouvement inverse démontre qu’une amélioration reste possible, à condition d’y consacrer des moyens de contrôle suffisants sur la durée.
Une facture qui interroge la confiance dans les comptes publics
Six milliards trois cents millions d’euros, cela représente une somme comparable au déficit prévisionnel évoqué par certains experts pour la Sécurité sociale en 2025. Répéter année après année l’impossibilité de certifier les comptes d’une branche entière n’est pas un simple détail technique. C’est le symptôme d’une administration qui gère des dizaines de milliards d’euros avec des outils encore trop dépendants des déclarations des usagers. La rigueur comptable des circuits de redistribution publique s’effrite un peu plus à chaque exercice, et cela finit par se voir.
Face à l’incertitude, la tentation des actifs tangibles
Ces défaillances répétées dans la gestion des prestations sociales alimentent, chez une partie des épargnants, une méfiance croissante envers les circuits bancaires et administratifs classiques. Dans cette logique de débancarisation, les métaux précieux conservent un attrait particulier pour sécuriser une partie de son épargne. Les lingots d’or, les lingots d’argent ou encore les pièces d’or offrent une alternative tangible, détenue physiquement, échappant aux aléas de gestion administrative qui touchent aujourd’hui la Sécurité sociale. Un patrimoine diversifié, incluant ce type d’actifs, reste une option à étudier pour qui souhaite limiter son exposition aux dysfonctionnements des systèmes centralisés.
Sources : BDOR - Cour des comptes - AFP - Cnaf
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