Taxe foncière : une nouvelle hausse cachée se profile pour des millions de Français
La taxe Gemapi passe de 40 à 50 euros par habitant en 2026. Combinée à la hausse de la taxe foncière, 38 millions de propriétaires subissent une double augmentation.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
La taxe foncière augmentera d'au moins 0,8% en 2026, taux d'inflation enregistré par l'Insee en novembre 2025.
Le montant moyen de la taxe foncière atteindra environ 1 100 euros par propriété cette année.
Le gouvernement propose de relever le plafond de la taxe Gemapi de 40 à 50 euros par habitant, soit +25%.
79% des communes françaises appliquaient déjà cette taxe en 2024, contre 2% en 2017.
La mesure pourrait être intégrée au budget via l'article 49.3 de la Constitution.
Taxe foncière 2026 : une augmentation mécanique pour tous les propriétaires
38 millions de Français vont voir leur taxe foncière augmenter en 2026. Selon l'Insee, 57,4% des ménages français possèdent au moins un bien immobilier, ce qui représente une part considérable de la population directement concernée par cette hausse annuelle.
Le mécanisme est automatique : le montant de la taxe foncière évolue chaque année selon l'inflation enregistrée en novembre de l'année précédente. L'indice des prix à la consommation ayant progressé de 0,8% en novembre 2025, toutes les communes françaises appliqueront au minimum cette revalorisation en 2026. Le montant moyen de cet impôt local s'établira autour de 1 100 euros par propriété.
La taxe Gemapi dans le viseur du gouvernement
Pour plusieurs millions de propriétaires, la revalorisation liée à l'inflation ne sera pas la seule mauvaise nouvelle de l'année. Le gouvernement a inscrit dans un amendement au projet de loi de finances pour 2026 une mesure visant à relever le plafond de la taxe Gemapi, prélèvement additionnel intégré à la taxe foncière et à la taxe d'habitation sur les résidences secondaires.
La taxe Gemapi, acronyme de "Gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations", finance des infrastructures de protection contre les crues : digues, bassins de rétention d'eau ou aménagements côtiers. Les communes ont la faculté de l'appliquer ou non. Sa progression a été spectaculaire : 2% des communes y avaient recours en 2017, contre 79% en 2024, selon les données de l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI).
De 40 à 50 euros par habitant : une hausse de 25%
Le plafond actuellement fixé à 40 euros par habitant passerait à 50 euros sous l'effet de l'amendement gouvernemental. La grande majorité des communes qui ont instauré cette taxe appliquent le plafond maximum, ce qui signifie que la quasi-totalité des redevables seront touchés par la revalorisation si la mesure est adoptée.
L'exécutif justifie ce relèvement par les besoins de financement liés à la montée des eaux. L'exposé de l'amendement précise que le recul du trait de côte affecte environ un cinquième du littoral français à des degrés variables, un phénomène qui appelle des investissements structurels de long terme.
Un budget qui pourrait passer par le 49.3
La mesure a de fortes probabilités d'être promulguée. Déposé par le gouvernement lui-même, cet amendement bénéficiera d'un traitement prioritaire dans le cadre de la procédure budgétaire. Si l'exécutif recourt à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le projet de loi de finances sans vote de l'Assemblée nationale, l'amendement sera inclus dans la version définitive du texte. Les communes seraient alors libres d'augmenter leur taxe Gemapi d'une dizaine d'euros par habitant dès cette année.
Pour les propriétaires redevables de la taxe foncière et de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, la double hausse de 2026 se matérialise par la revalorisation automatique indexée sur l'inflation et l'éventuelle augmentation de la Gemapi. Une conjonction qui, dans les communes appliquant déjà le plafond maximum, se traduira par une facture sensiblement alourdie.
Protéger son épargne face à la pression fiscale croissante
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Sources : BDOR
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