Après deux ans d’attente, la date de la prochaine hausse des retraites Agirc-Arrco se précise
Agirc-Arrco : la revalorisation des retraites complémentaires 2026 pourrait atteindre 2 %, décision des partenaires sociaux le 17 octobre.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
La pension complémentaire Agirc-Arrco pourrait être revalorisée au 1er novembre 2026.
Une fourchette comprise entre 1,2 % et 2 % peut être envisagée si l’inflation annuelle hors tabac atteint 2 %.
Aucun taux n’est officiellement arrêté et le conseil d’administration reste seul décisionnaire.
Le gel appliqué en novembre 2025 ne devrait pas faire l’objet d’un rattrapage automatique.
Après une année sans augmentation, les retraités du secteur privé espèrent retrouver un peu d’air. La revalorisation Agirc-Arrco 2026, susceptible d’entrer en vigueur le 1er novembre, pourrait atteindre jusqu’à 2 % selon l’évolution des prix et l’arbitrage des partenaires sociaux. Cette perspective reste une hypothèse de calcul, pas une décision officielle.
Près de 14 millions de retraités perçoivent chaque mois une pension complémentaire Agirc-Arrco. Le régime verse environ 101 milliards d’euros de retraites par an et dispose de près de 90 milliards d’euros de réserves, selon les chiffres publiés par l’organisme.
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Une hausse comprise entre 1,2 % et 2 % reste possible
La règle applicable en 2026 figure dans l’accord national interprofessionnel signé le 5 octobre 2023. La valeur de service du point doit évoluer selon la prévision annuelle d’inflation hors tabac publiée par l’Insee, diminuée d’un facteur de soutenabilité de 0,40 point. Le conseil d’administration conserve une latitude d’ajustement de 0,40 point, sous réserve de respecter la trajectoire financière du régime.
Avec une hypothèse d’inflation annuelle hors tabac de 2 %, le calcul central aboutirait à une augmentation de 1,6 %. La marge prévue par l’accord permettrait théoriquement de retenir un taux compris entre 1,2 % et 2 %. Le niveau supérieur correspondrait donc à une utilisation complète de la latitude accordée au conseil d’administration, et non à une hausse déjà acquise.
La prudence reste nécessaire. L’Insee a mesuré une inflation de 1,8 % sur un an en juin 2026, contre 2,4 % en mai, avec un net ralentissement des prix de l’énergie. Ce chiffre mensuel ne constitue pas la prévision annuelle hors tabac qui servira finalement au calcul. La dernière estimation disponible au moment de l’arbitrage pèsera bien davantage que les projections diffusées au cœur de l’été.
Le gel de 2025 pèse encore sur les négociations
La tension vient surtout du précédent exercice. Le 17 octobre 2025, les représentants syndicaux et patronaux n’avaient pas réussi à s’accorder. Les pensions complémentaires Agirc-Arrco n’avaient donc pas été augmentées au 1er novembre 2025 et la valeur de service du point était restée fixée à 1,4386 euro.
Pour les retraités, ce gel a été difficile à accepter. Même avec une inflation moyenne plus modérée qu’en 2022 ou 2023, les dépenses contraintes n’ont pas disparu. Alimentation, assurances, énergie ou complémentaires santé continuent de rogner les budgets. Une hausse de 1,6 % représenterait environ 8,83 euros brut par mois pour une pension complémentaire moyenne de 552 euros. Une augmentation de 2 % porterait le gain à près de 11,04 euros. La pension Agirc-Arrco représente en moyenne environ un tiers de la retraite totale des bénéficiaires de droits directs.
Un rattrapage spécifique du gel de 2025 ne découle pas automatiquement des textes. L’accord prévoit bien une correction lorsqu’un écart apparaît entre la prévision d’inflation utilisée l’année précédente et l’indice finalement constaté. Ce mécanisme technique ne revient pas à compenser une année entière sans accord. Présenter la hausse de 2026 comme un remboursement du manque à gagner serait donc trompeur.
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La décision reste entièrement entre les mains des partenaires sociaux
Le taux définitif sera fixé par le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco, composé des organisations syndicales et patronales. Aucune augmentation n’est garantie tant que cet organe n’a pas voté. En 2024, il avait utilisé une partie de sa marge pour accorder une revalorisation de 1,6 %, supérieure au calcul initial de 1,4 %. En 2025, l’absence de compromis avait produit le résultat inverse, avec une hausse nulle.
L’arbitrage opposera deux priorités. Les syndicats chercheront à préserver le pouvoir d’achat après le gel précédent. Les employeurs défendront probablement une utilisation plus mesurée des réserves. L’Agirc-Arrco fonctionne sans recours à l’endettement et pilote ses finances sur quinze ans, ce qui limite les décisions dictées uniquement par l’urgence politique.
Cette incertitude rappelle aussi l’intérêt de ne pas dépendre d’une seule source de revenus à la retraite. Certains épargnants se tournent vers des investissements alternatifs, notamment les lingots d’or et d’argent, les pièces d’or ou d’autres actifs détenus hors des circuits bancaires traditionnels. Cette stratégie de débancarisation peut participer à la sécurisation d’une partie de l’épargne, à condition de conserver une allocation diversifiée, adaptée à son horizon et à ses besoins de liquidité.
Sources : BDOR - INSEE - Pleine Vie - L'indépendant
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