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Une pièce d’or vieille de 2 200 ans refait surface à Jérusalem avec le visage d’une reine oubliée

Une pièce d’or rare de Bérénice II refait surface à Jérusalem et bouleverse la lecture des échanges politiques antiques.

Temps de lecture : 3 minutes

Une pièce d’or vieille de 2 200 ans refait surface à Jérusalem avec le visage d’une reine oubliée

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En bref

  • Une pièce d’or rarissime de Bérénice II découverte à Jérusalem

  • Frappée à Alexandrie entre 246 et 241 av. J.-C.

  • Seulement une vingtaine d’exemplaires connus dans le monde

  • Témoigne de liens politiques forts entre Jérusalem et l’Égypte ptolémaïque

  • Une représentation exceptionnelle du pouvoir féminin dans l’Antiquité

Une découverte exceptionnelle sous les pierres de Jérusalem

Sur le site de fouilles du parking Givati, dans le cœur historique de Jérusalem, un simple fragment doré a interrompu le tamisage quotidien des archéologues. La trouvaille, d’apparence modeste, s’est avérée être une pièce d’or frappée à l’effigie de Bérénice II, épouse du roi égyptien Ptolémée III. Cet artefact, daté entre 246 et 241 avant notre ère, a été mis au jour par Rivka Langler, archéologue de l’Autorité des Antiquités d’Israël.

C’est la première fois qu’un exemplaire de ce type est mis au jour hors d’Égypte, dans un contexte archéologique aussi précis. Jusque-là, seules une vingtaine de pièces similaires avaient été recensées dans le monde. L’information, rapportée par le site Science-et-vie.com, s’appuie sur des sources scientifiques citées également par Live Science. Cette trouvaille ne constitue donc pas un simple ajout à la collection numismatique mondiale : elle interroge profondément la cartographie politique et diplomatique du Proche-Orient hellénistique.

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Un artefact frappé du sceau du pouvoir ptolémaïque

La pièce, un quart de drachme en or, présente au droit le portrait minutieusement gravé de Bérénice II, coiffée d’un diadème et portant un voile et un collier. Le revers, orné d’une corne d’abondance encadrée de deux étoiles, comporte l’inscription grecque "Basileisses", traduction de "de la reine". Ce choix de formule, peu usité pour une femme à cette époque, souligne l’exercice d’une autorité personnelle, indépendante de son époux.

Les spécialistes de l’Autorité des Antiquités d’Israël estiment que cette frappe fut émise durant les absences prolongées de Ptolémée III, en pleine troisième guerre de Syrie, au cours de laquelle Bérénice aurait assumé le pouvoir comme régente. Ce rôle politique exceptionnel pourrait justifier la distribution de ces monnaies à titre honorifique, notamment à des soldats ayant servi dans la campagne.

Bérénice II : une souveraine bien plus qu’un visage

Dans le royaume ptolémaïque, les femmes n’avaient que rarement accès à une telle visibilité politique. Bérénice II fait exception, et cette pièce en est la démonstration matérielle. Non seulement son effigie est mise en avant, mais le choix du titre utilisé montre qu’elle fut reconnue comme souveraine à part entière, au-delà du simple statut de reine consort.

Par sa rareté, sa symbolique et sa localisation inédite, cette pièce agit comme un témoin d’un réseau d’échanges et d’influences bien plus dense qu’on ne le supposait entre Alexandrie et Jérusalem. Elle redonne de la consistance à l’hypothèse d’un axe diplomatique entre ces deux centres majeurs du monde antique, souvent perçus comme déconnectés.

Une lecture politique et géostratégique de l’objet

Au-delà de sa valeur historique ou artistique, cette pièce s’inscrit dans une logique de puissance monétaire. Sa présence à Jérusalem pourrait indiquer l’existence de canaux d’influence ptolémaïques sur la cité, ou bien la circulation d’émissaires ou de soutiens politiques dans la région. La monnaie, en tant qu’outil de propagande, devient ici un instrument diplomatique.

L’archéologie monétaire permet ainsi de reconstituer des liens invisibles à l’œil nu mais essentiels à la compréhension des jeux de pouvoir antiques, notamment à une époque où les grandes dynasties hellénistiques se disputaient le contrôle du bassin oriental de la Méditerranée.

Une pièce d’or, une femme, une époque

Ce fragment d’or, enfoui depuis plus de deux millénaires, incarne une forme de pouvoir féminin rarement attestée dans les sources antiques. Sa résurgence à Jérusalem constitue une pierre angulaire pour les historiens, numismates et spécialistes des relations orientales.

Dans un monde antique souvent dominé par les figures masculines, la redécouverte de Bérénice II sous la forme d’une monnaie en or, comme le souligne Science-et-vie.com, offre un regard neuf sur la représentation du pouvoir au féminin. Et, au passage, sur les réseaux d’échange et d’influence qui reliaient les rives du Nil à celles de la Judée.

Sources : BDOR

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