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7 400 milliards évaporés : la Chine profite du krach et fait discrètement le plein d'or et d'argent

Après le krach de janvier, les achats d’or de la Chine se confirment, tandis que l’ampleur exacte de ses acquisitions continue d’alimenter les débats.

Temps de lecture : 2 minutes

7 400 milliards évaporés : la Chine profite du krach et fait discrètement le plein d'or et d'argent

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En bref

  • L’or a franchi les 5 000 dollars l’once en janvier 2026 avant de subir une correction brutale.

  • Pékin a poursuivi ses achats officiels après le décrochage, sans confirmer les volumes exceptionnels évoqués par certaines rumeurs.

  • Les réserves déclarées par la banque centrale chinoise dépassent désormais 2 330 tonnes.

  • L’argent a connu une chute encore plus violente après son sommet spéculatif.

  • L’accumulation des banques centrales renforce la place de l’or dans la diversification des réserves monétaires.


Une correction historique après une hausse devenue incontrôlable

 

La flambée de janvier 2026 avait fini par perdre tout contact avec la prudence. Propulsé au-dessus de 5 000 dollars l’once, l’or avait atteint un sommet historique avant de décrocher brutalement. L’argent, emporté par une fièvre spéculative encore plus intense, avait suivi le même chemin avec des variations quotidiennes rarement observées sur ce marché.

Cette correction a contribué à effacer plusieurs milliers de milliards de dollars de valorisation sur les marchés financiers et les actifs cotés. Le chiffre de 7 400 milliards de dollars, régulièrement avancé pour décrire cette débâcle mondiale, reste pourtant difficile à rattacher à un périmètre unique et vérifiable. Il agrège vraisemblablement plusieurs classes d’actifs et plusieurs séances de baisse. Le présenter comme une perte directement provoquée par l’or serait trompeur.

Le mouvement reste spectaculaire. Après un record situé au-delà de 5 300 dollars selon plusieurs références de marché, l’once évolue désormais autour de 4 100 dollars. Elle conserve malgré tout une progression annuelle élevée, preuve que le décrochage n’a pas effacé l’ensemble de la hausse précédente.

 

A lire aussi : L’or rebondit autour de 4 100 dollars mais le prochain choc financier pourrait déjà se préparer loin des écrans.

 


La Chine a bien acheté de l’or, mais les rumeurs vont plus loin

 

Les soupçons entourant les achats d’or de la Chine ne reposent pas entièrement sur du vide. La Banque populaire de Chine a poursuivi ses acquisitions officielles durant les mois qui ont suivi le krach. Fin mai, ses avoirs déclarés atteignaient environ 2 332 tonnes, après dix-neuf mois consécutifs d’augmentation. Les données les plus récentes portent ce total autour de 2 331 tonnes, soit près de 9 % des réserves officielles chinoises.

La nuance compte. Ces chiffres confirment une stratégie d’accumulation régulière, pas l’existence d’une opération secrète gigantesque déclenchée au cœur du décrochage. Aucun document public ne permet actuellement de prouver que Pékin aurait absorbé des volumes largement supérieurs à ceux annoncés.

Le doute persiste car les statistiques chinoises ne dévoilent probablement pas chaque opération au moment exact de son exécution. Les banques centrales répartissent parfois leurs achats entre plusieurs institutions, intermédiaires ou véhicules souverains. Cette opacité nourrit les estimations les plus ambitieuses. Elle ne suffit pourtant pas à les transformer en certitudes.

 


Les banques centrales renforcent leur diversification

 

Le cas chinois s’inscrit dans un mouvement plus large. Au premier trimestre 2026, les banques centrales ont acquis 244 tonnes d’or en données nettes, soit 3 % de plus qu’un an auparavant. Une enquête du World Gold Council indique aussi que 89 % des établissements interrogés anticipent une hausse des réserves mondiales au cours des douze prochains mois.

Ce choix répond moins à la perspective d’un retour imminent à l’étalon-or qu’à une volonté de diversification. L’or ne dépend d’aucun émetteur souverain, ne représente la dette de personne et reste échangeable sur les principales places financières. Pour Pékin, accroître cette réserve permet aussi de réduire progressivement la dépendance au dollar, sans provoquer une rupture trop visible avec les marchés américains.

L’argent répond à une logique différente. Son prix dépend à la fois des investisseurs et des besoins industriels, notamment dans l’électronique, l’énergie solaire et les équipements électriques. Sa chute de près de 50 % depuis son sommet de janvier illustre la violence d’un marché plus étroit, où les mouvements spéculatifs amplifient rapidement les variations.

 

Selon notre expert : Les banques centrales achètent pendant que les particuliers hésitent encore face au nouvel ordre monétaire.

 


L’épargne cherche des actifs détenus hors des banques

 

Pour les particuliers, le krach rappelle une réalité moins séduisante que les promesses de hausse continue : l’or et l’argent restent volatils, surtout après une accélération verticale. Ils ne garantissent ni rendement ni progression régulière.

Les lingots d’or et d’argent ainsi que les pièces d’or peuvent pourtant compléter une stratégie patrimoniale tournée vers la diversification, la débancarisation partielle et la sécurisation de l’épargne. Leur détention physique réduit l’exposition directe au risque bancaire et aux infrastructures numériques. Cette protection a un prix : frais d’achat, stockage, assurance, fiscalité et écarts entre cours d’acquisition et de revente.

La Chine n’a donc pas attendu le krach pour renforcer ses réserves. Elle a poursuivi une politique engagée depuis plusieurs années. Le vrai enseignement se trouve peut-être là : tandis que les investisseurs commentent chaque variation, les États construisent leurs positions sur des horizons beaucoup plus longs.

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