Ce petit pays européen enchaîne les achats d'or depuis plus de trois ans : une stratégie qui intrigue
La Banque nationale tchèque achète 2 tonnes d'or et cumule 39 mois d'achats consécutifs, tandis que la Jordanie ajoute 1 tonne à ses réserves.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
La Banque nationale tchèque a acheté 2 tonnes d'or ce mois-ci, portant à 39 mois consécutifs sa série d'achats nets
La Banque centrale de Jordanie a acquis 1 tonne d'or sur la même période
Ces mouvements confirment la volonté de plusieurs banques centrales de diversifier leurs réserves hors des devises traditionnelles
Le contexte géopolitique, notamment au Moyen-Orient, renforce l'intérêt des États pour l'or physique
Les particuliers peuvent s'inspirer de cette logique via des lingots ou des pièces d'or pour sécuriser leur épargne
Une dynamique mondiale qui ne faiblit pas
Les banques centrales n'ont pas ralenti leurs achats d'or ces dernières semaines, portées par une défiance persistante envers les monnaies de réserve traditionnelles et par la recherche d'actifs tangibles face à un contexte géopolitique instable. La Banque nationale tchèque et la Banque centrale de Jordanie ont toutes deux confirmé, ce mois-ci, l'acquisition de nouvelles quantités d'or physique pour leurs réserves nationales : 2 tonnes pour la première, 1 tonne pour la seconde. Des volumes modestes à l'échelle mondiale, mais qui s'inscrivent dans une trajectoire longue et cohérente.
Ce qui distingue ces deux institutions, ce n'est pas tant la taille de leurs achats que leur constance. La banque tchèque cumule désormais 39 mois consécutifs d'achats nets d'or, une séquence rare parmi les banques centrales européennes. Peu d'institutions monétaires affichent une telle discipline sur une période aussi étendue. Ce comportement traduit une stratégie de fond, presque doctrinale, où l'or retrouve un rôle de socle patrimonial pour l'État plutôt qu'une simple opportunité conjoncturelle.
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La République tchèque, 39 mois d'achats sans interruption
Trente-neuf mois. Le chiffre mérite d'être posé tel quel tant il illustre une régularité rare parmi les banques centrales européennes. Depuis plus de trois ans, la Banque nationale tchèque n'a jamais interrompu ses achats nets d'or, cumulant tonne après tonne dans un mouvement patient et méthodique. L'acquisition récente de 2 tonnes s'inscrit dans cette continuité, sans rupture ni accélération spectaculaire. Pas de communication tonitruante, pas de justification officielle détaillée : seulement une accumulation régulière qui parle d'elle-même.
Une telle constance traduit une conviction plus qu'une réaction ponctuelle aux variations du cours. Prague semble considérer l'or comme un élément structurel de sa politique de réserves, au même titre que les devises étrangères ou les titres souverains détenus par l'État. Ce choix, répété mois après mois, façonne progressivement une réserve aurifère plus robuste, moins dépendante des décisions monétaires extérieures et des fluctuations de change.
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La Jordanie renforce ses réserves dans un climat régional tendu
À Amman, la démarche paraît plus modeste en volume, avec 1 tonne acquise ce mois-ci, mais elle s'inscrit dans un contexte régional particulièrement instable. Le Moyen-Orient traverse une période de tensions diplomatiques et sécuritaires qui pousse plusieurs banques centrales de la zone à renforcer leurs coussins de sécurité financière. L'or, actif sans risque de contrepartie bancaire, répond précisément à ce besoin de protection contre l'incertitude géopolitique et les sanctions économiques susceptibles de frapper certaines devises régionales.
La Banque centrale de Jordanie ne communique guère sur ses motivations précises, mais l'ajout régulier de réserves aurifères s'apparente à une forme d'assurance patrimoniale. Dans une région où les équilibres politiques peuvent basculer rapidement, disposer d'un actif universellement reconnu constitue un filet de sécurité que peu de gouverneurs négligent aujourd'hui. Ce choix rejoint celui d'autres pays limitrophes qui, depuis plusieurs trimestres, cherchent à réduire leur exposition aux devises traditionnelles.
Diversifier son épargne : la leçon à tirer pour les particuliers
Ces deux exemples, pris isolément, semblent anecdotiques. Mis bout à bout avec les mouvements observés chez d'autres banques centrales ces dernières années, ils dessinent une recomposition patiente des réserves mondiales, où l'or reprend une place que beaucoup pensaient réservée au passé. La constance tchèque, la prudence jordanienne : deux styles, une même conclusion. L'or reste, pour de nombreux gouverneurs, un actif qui ne dépend d'aucune promesse politique ni d'aucune décision de sanction extérieure.
Ce qui vaut pour les États peut aussi s'appliquer, à échelle individuelle, aux épargnants soucieux de protéger leur patrimoine. Les lingots d'or, les pièces d'or et plus largement les placements en métaux physiques permettent une forme de débancarisation partielle, en sortant une partie de son épargne du circuit bancaire classique. Cette approche séduit un nombre croissant de particuliers qui redoutent l'érosion monétaire ou la dépendance totale à un système centralisé, préférant détenir un actif tangible, liquide et reconnu à l'échelle mondiale.
Sources : BDOR - Banque nationale tchèque - Banque centrale de Jordanie
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