Argent : l'emploi américain fait bondir le métal de 2,7 % ce lundi
L'once d'argent progresse de 2,7% en une semaine après des créations d'emplois américaines décevantes qui relancent les anticipations sur les taux de la Fed.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'once d'argent gagne 2,7% sur une semaine, effaçant une partie du repli mensuel
Les créations d'emplois américaines très inférieures aux attentes relancent les paris sur un statu quo de la Fed
Le dollar plus ferme freine la hausse du métal observée depuis l'Europe
Les tensions en mer Rouge renforcent la demande pour l'argent comme valeur refuge
Sur trois mois, le métal affiche toujours un gain de 8,2%
Le ratio or/argent remonte légèrement, signe d'un regain de prudence
Une semaine qui efface une partie du repli mensuel
L'once d'argent affiche ce lundi matin 54,53 euros, en progression de 0,28% sur 24 heures. Sur la semaine, le gain atteint 2,7%, un rebond qui tranche avec le repli de 3,8% du mois écoulé. Sur trois mois, la tendance reste positive : +8,2%.
Nos 17 relevés entre minuit et 8h22 montrent une ouverture à 1,735 euro le gramme, un plus haut à 1,763 euro, et une cotation actuelle à 1,762 euro, soit une amplitude de 1,6%. Le métal grimpe de 2,2% depuis la clôture de dimanche, avant de se stabiliser sur les trois dernières heures (-0,1%), un schéma plus proche d'un marché qui digère une nouvelle que d'un emballement spéculatif.
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L'emploi américain rebat les cartes de la politique monétaire
La semaine a été dominée par les créations d'emplois américaines de septembre, très inférieures aux attentes : 29 000 postes créés contre environ 90 000 anticipés, après 133 000 révisés en août. Le taux de chômage est remonté à 4,2%, le taux de participation progressant légèrement à 61,8%. La probabilité que la Fed maintienne ses taux inchangés en octobre est passée à 77,9%, contre 74% avant la publication.
L'argent, qui ne verse aucun coupon, se compare toujours à ce que rapporte l'argent placé sans risque : une Fed moins encline à durcir sa politique redonne de l'air aux métaux précieux. Mais le mouvement n'est pas univoque : le Dollar Index progresse de 0,84% et l'EUR/USD recule de 0,36% à 1,1202 dollar. L'argent se cotant en dollars, un billet vert plus ferme freine la hausse vue depuis l'Europe.
La mer Rouge rappelle que l'argent reste une valeur refuge
Des forces soutenues par l'Arabie saoudite ont lancé une offensive au Yémen pour reprendre du territoire aux forces houthistes, après que ce groupe aligné sur l'Iran a pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, route de contournement du détroit d'Ormuz pour les exportations pétrolières régionales. Cette escalade a nourri la demande de valeurs refuges, même si le pétrole WTI recule de 0,74% à 89,75 dollars le baril, signe que les marchés ne craignent pas encore une interruption physique des flux.
L'argent reste un actif industriel essentiel au photovoltaïque, à l'électronique et aux véhicules électriques, mais conserve aussi une fonction monétaire qui le fait réagir aux mêmes peurs que l'or. Cette combinaison explique pourquoi l'argent a gagné davantage que l'or sur la semaine, et pourquoi il reste plus volatil dans les deux sens.
Le ratio or/argent indique un léger regain de prudence
Nos données montrent un ratio or/argent à 67,7 ce lundi, contre 66,9 il y a un mois, soit +1,1%. Un ratio qui monte signifie que l'argent décroche relativement à l'or. Sur un mois, l'argent reste en retrait plus marqué que l'or (-3,8% contre -2,7%), preuve que sa volatilité joue parfois contre lui lorsque le marché cherche d'abord la protection la plus simple avant de revenir vers les actifs sensibles au cycle industriel.
Le taux directeur de la BCE reste à 2,65% et la facilité de dépôt à 2,5% selon les données du 16 septembre 2026, tandis que l'OAT à 10 ans évolue autour de 4%. Ces niveaux restent suffisamment élevés pour que le coût d'opportunité de détenir un métal non rémunéré reste réel, ce qui limite l'ampleur des mouvements par rapport à un contexte de taux nuls.
Ce que nous en retenons et les points de vigilance
Notre lecture est que le rebond de la semaine doit davantage à un ajustement des anticipations sur la Fed qu'à un changement structurel de la demande en argent. Cette position serait prise en défaut si les prochaines statistiques américaines, notamment l'inflation, contredisaient le scénario d'une Fed attentiste, ou si les tensions en mer Rouge se traduisaient par une rupture effective des flux pétroliers. À surveiller cette semaine : la poursuite de l'offensive au Yémen, l'évolution du Dollar Index, et tout signal supplémentaire sur l'emploi américain.
Sources : BDOR
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