Cours de l’or et de l’argent, prix de pièces d’or, lingots d’or & bijoux en or - Gold & Silver - Agence BDOR : achat, vente & rachat d’or

Ligne directe : 03 88 234 234

EUR : la crise budgétaire française fait plonger l'euro face au billet vert

L'euro recule face au dollar, pénalisé par l'incertitude budgétaire française et par un ton ferme de la banque centrale américaine.

Temps de lecture : 5 minutes

EUR : la crise budgétaire française fait plonger l'euro face au billet vert

Abonnez vous à nos actualités - Google News & Google Discover

En bref

  • L'euro cède du terrain face au dollar ce lundi 5 octobre 2026

  • Le projet de budget 2027 de Sébastien Lecornu inquiète les investisseurs

  • La dette publique française atteint 119 % du produit intérieur brut

  • La Banque centrale européenne maintient ses taux inchangés et privilégie l'attentisme

  • Aux États-Unis, des propos plus fermes d'une responsable de la banque centrale soutiennent le dollar

  • L'EUR/USD recule à 1,1202 dollar, en baisse de 0,36 % sur la séance

Un budget 2027 qui fissure la confiance dans la dette française

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé un projet de budget 2027 bâti autour de 54 milliards d'euros d'économies. L'objectif affiché consiste à éviter une dégradation de la note souveraine, voire un scénario de défaut. Mais le gouvernement reste minoritaire, et rien ne garantit que ce texte franchisse l'étape parlementaire sans concessions majeures. Cette incertitude politique pèse directement sur l'euro ce lundi 5 octobre 2026.

La dette publique française s'établit désormais à 119 % du produit intérieur brut. Les obligations souveraines ont subi des ventes ces dernières semaines, dans un climat où les investisseurs anticipent à la fois des taux plus élevés et un risque politique croissant. L'OAT à 10 ans se maintient à 4 % selon les cotations en direct, un niveau qui traduit la nervosité persistante autour de la trajectoire budgétaire française.

A lire aussi : Comprendre pourquoi la baisse de l'euro renchérit aussi le prix de l'or

Deux banques centrales, deux dilemmes

Du côté de la Banque centrale européenne, le taux directeur reste fixé à 2,65 % et la facilité de dépôt à 2,5 % selon les données du 16 septembre 2026. Des analystes de Standard Chartered relèvent que l'inflation sous-jacente n'a que modérément progressé, passant de 2,2 % en janvier à 2,5 % en glissement annuel en septembre. Ils rappellent aussi que la présidente de la BCE a insisté sur les risques baissiers pesant sur la croissance et l'inflation en raison de la remontée des rendements obligataires. Cette lecture conduit ces mêmes analystes à estimer que l'institution préférera patienter jusqu'à ses nouvelles projections macroéconomiques, attendues en décembre, plutôt que d'agir dès octobre.

Aux États-Unis, le scénario est plus contrasté. Des statistiques de l'emploi plus faibles qu'attendu ont réduit les anticipations d'un relèvement des taux par la Réserve fédérale ce mois-ci, la probabilité d'un statu quo passant de 74 % avant la publication à 77,9 % désormais. Mais la responsable Lorie Logan a tenu un discours nettement plus restrictif, évoquant la nécessité d'une hausse d'au moins 50 points de base, voire davantage, pour ramener l'inflation vers sa cible. Cette tonalité a contribué à faire grimper l'indice de sentiment de la Fed suivi par FXStreet, qui progresse de 1,68 point pour atteindre 136,59, un niveau franchement orienté vers le resserrement.

Le mécanisme : pourquoi un dollar plus fort renchérit l'or en euros

L'or se cote internationalement en dollars. Mécaniquement, lorsque le billet vert se renforce, chaque once devient plus chère pour un acheteur qui raisonne en euros, et cette hausse tend à freiner la demande hors zone dollar. L'inverse se produit quand le dollar recule. Ce lundi, le Dollar Index progresse de 0,84 % sur vingt-quatre heures pour atteindre 102,3 points, pendant que l'EUR/USD cède 0,36 % à 1,1202 dollar. Le sens du mécanisme est donc clairement haussier pour le prix de l'or exprimé en euros.

Ce mouvement trouve sa cause dans la combinaison des deux dossiers évoqués plus haut : le risque budgétaire français qui fragilise l'euro, et le ton de faucon de Lorie Logan qui soutient le dollar malgré des données d'emploi décevantes. Deux forces qui tirent dans le même sens pour la parité, et donc pour le coût de l'or converti en monnaie européenne.

Ce que ce repli change concrètement pour l'acheteur français

Une variation de l'EUR/USD ne se répercute jamais à l'identique sur le prix en euros payé par un épargnant, parce que l'or évolue lui-même en dollars sous l'effet de ses propres déterminants (taux réels, flux de refuge, anticipations de politique monétaire). Le prix en euros est donc le produit de deux variables indépendantes, pas la simple traduction d'une seule. Nos relevés du jour l'illustrent bien : l'or affiche 119,21 euros le gramme à 8h22, en hausse de 0,9 % depuis la clôture de la veille et de 0,9 % depuis l'ouverture de la séance, avec un plus haut à 119,275 euros et un plus bas à 118,181 euros.

Si l'effet de change seul expliquait ce mouvement, la hausse en euros devrait rester modeste et proportionnelle au recul de la parité. Or l'ampleur constatée ce matin dépasse la seule mécanique monétaire, ce qui signale qu'un autre moteur est à l'œuvre : la demande de valeur refuge liée directement au climat politique français.

Une corrélation à nuancer : l'or grimpe malgré un dollar fort

La lecture classique voudrait qu'un dollar en hausse pèse sur l'or. Mais ce lundi, le métal progresse en euros en même temps que le billet vert se renforce. Cette conjonction s'explique par un phénomène connu : une fuite vers la qualité peut profiter simultanément au dollar et à l'or lorsque le risque qui l'alimente est perçu comme suffisamment sérieux. Ici, l'incertitude autour du vote du budget français et la perspective d'une crise politique prolongée poussent certains investisseurs vers le métal comme couverture, indépendamment de la devise dans laquelle il se négocie.

Cette lecture du jour serait prise en défaut si le gouvernement parvenait à faire adopter son texte sans heurt majeur, ou si la Réserve fédérale confirmait un statu quo clairement accommodant lors de sa prochaine réunion. La BCE, de son côté, n'est pas attendue avant ses projections de décembre, ce qui laisse le terrain libre aux tensions politiques françaises pour continuer à peser sur l'euro dans les semaines qui viennent. Tant que ce double risque, budgétaire d'un côté, monétaire de l'autre, reste ouvert, la combinaison dollar fort et or en hausse a de bonnes chances de se reproduire.

Sources : BDOR

Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?

Partager l'article :

Découvrir aussi

Argent : l'emploi américain fait bondir le métal de 2,7 % ce lundi
5 octobre 2026
Le cours du pétrole WTI tombe sous 90 dollars après la libération de réserves stratégiques du G7
5 octobre 2026
Le dollar au plus haut depuis 2025 fait reculer l'once sous 3700 euros
5 octobre 2026