Le dollar au plus haut depuis 2025 fait reculer l'once sous 3700 euros
L'or recule légèrement ce lundi sous 3700 euros, pénalisé par un dollar au plus haut depuis avril 2025, malgré des tensions géopolitiques vives.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L'once d'or s'échange à 3698,6 euros, en repli de 0,49% sur 24 heures
Le Dollar Index grimpe à 102,3 points, son plus haut niveau depuis avril 2025
L'euro recule face au dollar, amortissant la baisse de l'or pour un acheteur européen
Un rapport sur l'emploi américain plus faible que prévu limite la baisse de l'or
Les tensions géopolitiques profitent surtout au dollar refuge, au détriment de l'or
Le marché anticipe toujours à 85% une hausse des taux de la Fed d'ici décembre
Le dollar reprend la main et comprime l'or sous 3700 euros
Ce lundi matin, l'once d'or s'échange à 3698,6 euros, en repli de 0,49% sur 24 heures selon nos relevés BDOR, soit 118,91 euros le gramme. Le Dollar Index grimpe à 102,3 points, en hausse de 0,84% sur la séance, un niveau plus touché depuis avril 2025. Un dollar plus fort renchérit l'or pour les détenteurs d'autres monnaies et le rend moins attractif pour les investisseurs en billets verts, puisque l'once ne verse aucun coupon.
L'EUR/USD recule de 0,36% à 1,1202 dollar, ce qui amortit en partie la baisse pour un acheteur européen. L'once a ouvert à 118,181 euros le gramme, grimpé jusqu'à 119,275 (plus haut de séance), avant de redescendre légèrement, affichant encore +0,6% depuis la clôture de la veille. L'amplitude de 0,9% sur la journée montre un marché qui cherche son équilibre plutôt qu'une tendance franche.
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Un rapport sur l'emploi américain qui redistribue les cartes pour la Fed
L'économie des États-Unis n'a créé que 29 000 postes en septembre, très loin des 90 000 attendus par le consensus, et la révision à la baisse du mois précédent est ramenée à 133 000. Le taux de chômage est remonté à 4,2% contre 4,1% en août, et la croissance des salaires sur un an a ralenti à 3,0%, son plus bas niveau depuis mai 2021. Ces données réduisent la probabilité d'un relèvement des taux dès octobre, ce qui a empêché l'or de décrocher davantage malgré la vigueur du dollar.
Les analystes d'ABN Amro jugent ce ralentissement conforme à leur scénario central et estiment que la reprise apparente du marché du travail observée les mois précédents tenait en partie du mirage. Ils continuent toutefois de penser qu'une pression inflationniste liée au choc sur l'énergie pourrait pousser la Fed à relever ses taux une dernière fois en décembre. Le FedWatch Tool du CME Group place encore autour de 85% la probabilité d'une hausse d'ici la fin de l'année.
La géopolitique, carburant du dollar refuge face à l'or
D'ordinaire, une montée des tensions internationales profite à l'or autant qu'au dollar. Cette semaine, la configuration profite presque exclusivement au billet vert. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé qu'il n'existait pas de solution militaire au conflit avec les États-Unis tout en précisant que Téhéran restait prêt à reprendre les hostilités, tandis que le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que le détroit d'Ormuz ne rouvrirait pas tant que les conditions iraniennes ne seraient pas satisfaites.
Au Yémen, le chef de l'instance dirigeante, Rashad al Alimi, a annoncé le lancement d'opérations militaires pour reprendre les territoires encore tenus par les Houthis. En Ukraine, des frappes russes meurtrières ont visé la région de Kiev, Kharkiv et Dnipro dimanche, le président Volodymyr Zelensky promettant une réponse. Cette accumulation de risques alimente la demande pour le dollar en tant que valeur refuge la plus liquide, ce qui explique pourquoi l'or reste capé sous ses récents sommets plutôt que de s'envoler.
Ce que nos relevés disent de la semaine de l'or et de l'argent
Le recul du jour masque une dynamique hebdomadaire plus favorable : sur 7 jours, nos cours affichent une progression identique de 2,2% pour l'or et pour l'argent. Mais l'horizon mensuel raconte une autre histoire, avec un or en baisse de 3,0% et un argent en repli plus marqué de 4,3%, avant un rattrapage sur 3 mois où l'argent surperforme nettement l'or avec +7,7% contre +5,3%. Cette alternance illustre sa plus grande sensibilité à la demande industrielle, notamment photovoltaïque et électronique, qui s'ajoute à sa fonction de métal monétaire.
Le ratio or/argent remonte à 67,8 ce lundi contre 66,9 il y a un mois, soit une hausse de 1,4%, signalant un léger décrochage de l'argent sur la durée malgré sa performance hebdomadaire alignée sur celle de l'or. Pour un détenteur de lingot d'un kilogramme, dont la cotation officielle s'établissait à 117 300 euros le 2 octobre 2026, en hausse de 0,9% sur la séance et de 4,9% sur 3 mois, ces variations rappellent qu'un horizon court raconte rarement la même chose qu'un horizon de plusieurs mois.
Les risques de la semaine
La publication de l'ISM Services PMI américain et plusieurs interventions de membres du comité de politique monétaire de la Fed devraient donner le ton des prochaines séances. Un indice solide renforcerait l'idée que l'économie américaine résiste malgré l'emploi, redonnant des arguments aux partisans d'une hausse des taux en décembre et prolongeant potentiellement le soutien au dollar au détriment de l'or. À l'inverse, une nouvelle déception confirmerait le ralentissement entamé et pourrait redonner de l'air au métal, d'autant que les rendements obligataires américains se sont déjà éloignés de leurs récents sommets.
Notre lecture du jour, celle d'un or contenu par un dollar exceptionnellement fort plutôt que par un désintérêt des investisseurs, serait prise en défaut si les tensions en Iran ou en Ukraine s'intensifiaient au point de faire basculer la demande refuge vers l'or lui-même, comme par le passé. Le rendement de l'OAT française à 10 ans, stable à 4%, et les taux directeurs de la BCE, à 2,65% pour le taux principal et 2,5% pour la facilité de dépôt, rappellent qu'en zone euro aussi, l'or continue de se comparer à ce que rapporte l'argent placé sans risque, un arbitrage déterminant tant que ces niveaux ne bougeront pas.
Sources : BDOR
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