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L'argent frôle 54 euros l'once, la trêve en Ukraine n'enraye pas sa progression

L'once d'argent approche 54 euros malgré la trêve annoncée en Ukraine. La demande industrielle continue de soutenir le prix du métal.

Temps de lecture : 5 minutes

L'argent frôle 54 euros l'once, la trêve en Ukraine n'enraye pas sa progression

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En bref

  • L'once d'argent se négocie à 54,29 euros ce lundi matin, en hausse de 0,81 % sur 24 heures

  • Le cours résiste malgré l'annonce d'une trêve énergétique entre la Russie et l'Ukraine

  • La demande industrielle, notamment dans l'électronique et le photovoltaïque, continue de soutenir le prix de l'argent

  • Sur trois mois, le prix de l'argent progresse de 5,6 %, confirmant une tendance de fond haussière

  • Le ratio entre l'argent et d'autres métaux précieux s'est dégradé sur un mois, signe d'un décrochage temporaire

  • Les prochains indicateurs économiques américains pourraient influencer la trajectoire du métal cette semaine

L'argent frôle les 54 euros l'once, porté par une trêve encore incertaine

L'once d'argent se négocie ce lundi matin à 54,29 euros, en progression de 0,81 % sur 24 heures selon notre relevé en temps réel. Nos propres cours, mesurés ce matin à 10h36, affichent 1,745 euro le gramme, quasiment stable depuis la clôture de la veille (-0,1 %) après une ouverture à 1,747 euro. L'amplitude de la séance reste contenue, 0,7 % entre un plus bas à 1,745 et un plus haut à 1,757, signe d'un marché qui digère une nouvelle plutôt qu'il ne s'emballe.

Cette nouvelle, c'est l'annonce par Donald Trump d'une trêve énergétique entre la Russie et l'Ukraine, les deux parties s'engageant à cesser leurs frappes sur les infrastructures énergétiques respectives. Un apaisement de ce type retire habituellement une partie de la prime de risque collée aux actifs refuges, et l'argent aurait pu reculer. Il ne le fait pas, ou à peine. C'est ce léger décalage entre l'actualité géopolitique et la réaction du cours qui mérite qu'on s'y arrête, plutôt que la variation elle-même.

A lire aussi : Pourquoi le ratio or/argent se dégrade malgré la hausse du métal gris sur trois mois

Pourquoi le pétrole dément déjà la trêve annoncée

Le baril de WTI gagne 3,49 % ce lundi matin, à 91,36 dollars, selon notre repère en temps réel. C'est l'inverse de ce qu'une vraie désescalade énergétique devrait produire. Un marché qui croit à une trêve durable fait généralement reculer le prix du brut, parce que le risque d'attaque sur les infrastructures diminue. Ici, le pétrole monte, ce qui suggère que les opérateurs restent prudents sur la solidité de l'accord, ou que d'autres tensions, notamment au Proche-Orient, continuent de peser sur l'offre.

Ce rebond du brut n'est pas neutre pour l'argent. Le pétrole pèse directement sur le coût de l'énergie utilisée dans les procédés industriels qui consomment ce métal, de l'électronique au photovoltaïque. Un baril plus cher renchérit la production, ce qui peut à la fois justifier un prix de l'argent plus élevé à terme et fragiliser la demande industrielle si le coût devient trop lourd pour les fabricants. C'est cette tension entre deux lectures opposées qui explique, en partie, pourquoi l'argent ne bouge presque pas ce matin malgré une actualité en apparence favorable.

Le ratio or/argent se dégrade, la double nature du métal gris interroge

Le ratio or/argent s'établit aujourd'hui à 68,7 onces d'argent pour une once d'or, contre 67,4 il y a un mois, soit une hausse de 1,9 %. Un ratio qui monte signifie que l'argent décroche par rapport à l'or, et nos relevés le confirment sur un mois : -2,3 % pour l'argent contre -0,4 % pour l'or. Sur trois mois en revanche, la tendance s'inverse nettement, l'argent progresse de 5,6 % contre 5,2 % pour l'or, preuve que le mouvement de fond reste porteur même si le dernier mois a marqué une pause.

Cette alternance illustre ce qui distingue l'argent de l'or : une double casquette, monétaire et industrielle. Quand la géopolitique s'apaise, sa composante refuge perd un peu de sa justification, mais sa composante industrielle, liée à la demande en électronique et en énergie solaire, continue de soutenir le prix sur la durée. La trêve annoncée par Trump agit donc sur l'argent de façon ambivalente : elle calme la peur, mais elle ne touche pas le moteur industriel qui a porté la hausse des trois derniers mois.

Dollar, taux européens et CPI américain, les risques de la semaine

Le Dollar Index reste quasiment inchangé à 102,31 points (+0,06 % sur 24 heures), et la paire EUR/USD évolue à peine, à 1,1204 dollar (-0,04 %). La parité n'explique donc presque rien du mouvement observé aujourd'hui sur l'argent coté en euros, ce qui signifie que la dynamique vient avant tout du marché mondial du métal lui-même, et non d'un effet de change. C'est un point à retenir pour un détenteur en euros : le risque de change reste limité cette semaine, le vrai moteur est ailleurs.

Côté taux, la Banque centrale européenne maintient son taux directeur à 2,65 % et sa facilité de dépôt à 2,5 % depuis le 16 septembre 2026, tandis que l'OAT à 10 ans se négocie autour de 4 %. Ce niveau de rendement sans risque reste un concurrent sérieux pour un métal qui ne verse aucun coupon, et il limite mécaniquement l'appétit pour l'argent tant qu'il ne baisse pas. Le prochain rendez-vous à surveiller est la publication de l'indice américain des prix à la consommation, attendue mercredi : un chiffre plus faible que prévu relancerait les anticipations de baisse des taux américains et pourrait redonner de l'élan à l'argent. À l'inverse, une surprise à la hausse referait grimper les rendements obligataires et pèserait sur le métal. Notre lecture du jour, celle d'un argent qui résiste malgré une trêve qui aurait dû le faire reculer, ne vaut que tant que le pétrole continue de monter et que les taux américains restent sous surveillance. Une inversion de l'un ou l'autre suffirait à la rendre caduque.

Sources : BDOR

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