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L'or résiste à une Fed restrictive et reste proche de ses plus hauts

L'or recule légèrement ce lundi mais garde +1,1% sur la semaine malgré une Fed restrictive et un dollar solide, porté par les tensions géopolitiques.

Temps de lecture : 4 minutes

L'or résiste à une Fed restrictive et reste proche de ses plus hauts

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En bref

  • L'once d'or s'établit à 119,94 euros le gramme, soit 3730,52 euros l'once

  • Sur la semaine, l'or progresse de 1,1% malgré un repli de 0,21% ce lundi

  • Les minutes de la Fed confirment une posture restrictive qui pénalise habituellement l'or

  • Un dollar stable limite l'effet de change pour les acheteurs en euros

  • Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient soutiennent la demande de valeur refuge

  • Sur un mois, le bilan reste négatif à -0,4%, signe d'une tendance plus heurtée

Une semaine d'or qui tient tête aux faucons de la Fed

Nos cours relevés ce matin situent l'once d'or à 119,94 euros le gramme, soit 3730,52 euros l'once, après une ouverture de semaine à 120,31 euros et un plus haut à 120,73 euros touché en cours de séance. L'amplitude reste contenue, à peine 0,7% entre le plus haut et le plus bas du jour, mais elle intervient après cinq jours qui ont vu le cours de l'or gagner 1,1%. Sur un mois, le solde redevient négatif, à -0,4%, un rappel utile que la tendance haussière de la semaine s'inscrit dans un mouvement plus heurté depuis mi-septembre.

Le contexte qui explique cette résistance tient en un mot : la Réserve fédérale américaine. Les minutes de la réunion de septembre, publiées la semaine passée, confirment que les responsables de la politique monétaire américaine considèrent toujours l'inflation comme le risque principal, ce qui alimente les paris sur une nouvelle hausse de taux d'ici la fin de l'année. Ce genre de posture restrictive relève mécaniquement le loyer de l'argent sans risque et pénalise un actif qui, par nature, ne verse aucun coupon. Que l'or tienne malgré ce vent contraire mérite d'être souligné : cela signifie qu'une autre force compense, et cette force porte un nom, la poussée géopolitique au Moyen-Orient.

A lire aussi : Pourquoi l'or tient bon malgré la fermeté de la Fed

Dollar solide, euro qui glisse un peu, un effet de change presque neutre

Le Dollar Index s'établit à 102,31 points ce lundi, en hausse discrète de 0,06% sur 24 heures, pendant que l'euro cède 0,04% face au billet vert à 1,1204 dollar. Ces variations paraissent minces, elles comptent pourtant : un or coté en dollars qui recule légèrement sur les marchés internationaux se traduit, pour un acheteur en euros, par un repli presque identique puisque les deux devises bougent de concert. C'est cette mécanique qui explique que le repli du jour reste limité à -0,21% sur l'once en euros, loin d'un décrochage.

Un analyste cité dans les données de marché internationales, Elias Haddad de Brown Brothers Harriman, relève qu'un reflux récent des prix de l'énergie a calmé la remontée des rendements obligataires mondiaux, ce qui a temporairement retiré du souffle à la hausse du dollar. Il estime néanmoins que la surperformance de la croissance américaine et l'appétit des investisseurs étrangers pour les titres du Trésor américain maintiennent un biais haussier pour le billet vert. Côté européen, l'OAT à 10 ans reste calée à 4%, avec un taux directeur de la BCE à 2,65% et une facilité de dépôt à 2,5%, un écart de rendement qui continue de peser sur l'attractivité relative de l'or pour un épargnant qui raisonne en rendement réel.

L'argent plus nerveux, le ratio qui raconte ce que l'or seul ne dit pas

L'argent se traite à 1,745 euro le gramme, en hausse de 0,81% sur 24 heures mais en recul de 0,3% sur la semaine et de 2,3% sur le mois. Sur trois mois en revanche, le métal gris progresse de 5,6%, un cran au-dessus des 5,2% affichés par l'or sur la même période. Cette double lecture illustre la nature hybride de l'argent, à la fois valeur refuge et matière première industrielle utilisée dans le photovoltaïque et l'électronique, ce qui le rend plus sensible aux anticipations de croissance mondiale que l'or.

Le ratio or/argent, qui mesure combien d'onces d'argent il faut pour acheter une once d'or, remonte à 68,7 aujourd'hui contre 67,4 il y a un mois, soit une progression de 1,9%. Un ratio qui grimpe signale que l'argent a décroché face à l'or sur la période récente, cohérent avec son repli mensuel plus marqué. Cette lecture nuance l'idée d'un marché des métaux uniformément porteur : l'or profite davantage de la prime de sécurité du moment, l'argent reste tiraillé entre son usage industriel et son statut monétaire.

Ce qui peut faire basculer la semaine qui s'ouvre

La situation en mer Rouge et dans la péninsule arabique pèse directement sur la prime de risque qui soutient l'or. Le week-end a vu les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, viser l'aéroport international de Riyad au moyen de missiles et de drones, provoquant une promesse de représailles saoudienne et une menace américaine d'intervention directe contre le groupe, voire contre l'Iran. Téhéran a par ailleurs jugé insuffisante la réponse de Washington sur la réouverture du détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le pétrole mondial. Tant que cette tension reste ouverte, elle agit comme un plancher sous le cours de l'or, quelle que soit la fermeté du dollar.

Deux rendez-vous macroéconomiques vont tester cet équilibre cette semaine : la publication des prix à la production mercredi, puis des prix à la consommation américains jeudi, suivie vendredi d'un discours du président de la Fed Kevin Warsh lors des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok. Notre lecture est la suivante : tant que la banque centrale américaine maintient un discours restrictif et que le dossier iranien reste tendu, l'or devrait continuer d'osciller sans direction franche, porté par la géopolitique et freiné par les taux. Cette lecture serait prise en défaut si l'inflation américaine surprenait nettement à la baisse, ce qui redonnerait de l'air à une détente des taux, ou si, à l'inverse, un apaisement rapide entre Riyad et les houthis retirait d'un coup la prime de risque qui soutient actuellement les cours.

Sources : BDOR

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