L'euro stagne près de 1,12 dollar, fragilisé par les tensions budgétaires françaises
L'euro reste proche de 1,1200 dollar ce lundi, pénalisé par les inquiétudes budgétaires et politiques françaises sur les marchés des changes.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- L'euro referme la semaine proche de ses plus bas, sous la pression budgétaire française
- Le mécanisme qui relie la parité au prix de l'or, à l'œuvre ce lundi
- Ce que ce mouvement de change change réellement au prix payé en euros
- La corrélation dollar/or mise à l'épreuve des faits de la semaine
- La semaine à venir, entre vide de catalyseur et risque budgétaire persistant
En bref
L'euro évolue à 1,1204 dollar ce lundi 12 octobre 2026, proche de ses plus bas récents
Les inquiétudes budgétaires et politiques françaises pèsent sur la devise commune
L'OAT à 10 ans se maintient autour de 4 %, reflet des tensions sur la dette française
Les fonds à effet de levier ont reconstitué des positions vendeuses sur l'euro depuis deux semaines
Le Dollar Index s'établit à 102,31 points, en légère hausse de 0,06 % sur 24 heures
L'euro recule de 0,04 % face au dollar sur la même période
L'euro referme la semaine proche de ses plus bas, sous la pression budgétaire française
L'euro stagne juste au-dessus du seuil de 1,1200 dollar, ce lundi 12 octobre 2026 à 1,1204 dollar selon nos relevés en temps réel. Les inquiétudes des investisseurs sur les risques budgétaires et politiques dans la zone euro, et singulièrement en France, pèsent sur la devise commune et sur les obligations souveraines de la région, l'OAT à 10 ans évoluant autour de 4 % ces dernières semaines.
Le dernier rapport IMM, arrêté au 6 octobre 2026, montre que les fonds à effet de levier ont reconstitué des positions vendeuses sur l'euro depuis deux semaines, même si ces positions restent encore en deçà des sommets atteints fin juillet 2026. Le pessimisme ambiant n'est pas un pic isolé, c'est une tendance de fond qui se reconstruit séance après séance.
A lire aussi : Comment ce repli de l'euro se répercute concrètement sur d'autres prix cotés en dollars
Le mécanisme qui relie la parité au prix de l'or, à l'œuvre ce lundi
L'or se cote en dollars sur les marchés mondiaux. Quand le billet vert se raffermit, chaque once devient plus chère pour un acheteur en euros, et la demande hors zone dollar en pâtit généralement ; quand il fléchit, l'inverse se produit. Ce lundi, le Dollar Index évolue à 102,31 points, en hausse de 0,06 % sur 24 heures, pendant que l'euro recule de 0,04 % face au billet vert sur la même période.
Sur cette base, l'or en euros devrait mieux tenir que l'or en dollars. Nos relevés confirment en partie ce schéma : le gramme d'or s'affiche à 119,94 euros ce matin, soit l'once à 3 730,52 euros, après vingt-deux relevés entre 00h15 et 10h36. Mais le cours recule tout de même de 0,4 % depuis la clôture de la veille et de 0,3 % depuis l'ouverture, avec une amplitude de séance de 0,7 % entre un plus haut à 120,73 euros et un plus bas à 119,939 euros. Le dollar ferme n'empêche donc pas un repli du métal en euros : la mécanique joue, mais ne suffit pas seule à expliquer le mouvement du jour.
Ce que ce mouvement de change change réellement au prix payé en euros
Un épargnant français qui achète de l'or ne subit jamais la variation de l'EUR/USD à l'identique. Le marché fixe d'abord un prix en dollars, qui réagit aux anticipations de taux, à l'aversion au risque et aux achats institutionnels, avant que ce prix ne soit converti en euros via la parité du moment. Une baisse de 0,04 % de l'euro sur 24 heures ne se traduit donc jamais mécaniquement par une hausse équivalente du gramme d'or en euros : le prix en dollars a pu bouger dans l'intervalle, parfois en sens inverse, ce qui explique le repli de 0,4 % constaté malgré un dollar stable voire légèrement plus ferme.
La parité donne un sens probable, pas une certitude arithmétique. Elle indique une pression, pas un résultat garanti.
La corrélation dollar/or mise à l'épreuve des faits de la semaine
Les tensions politiques françaises qui pèsent sur l'euro profitent en théorie au dollar, qui devrait alors renchérir l'or. Mais ces mêmes tensions peuvent tout aussi bien alimenter une fuite vers la qualité qui bénéficie simultanément au dollar ET à l'or, les deux actifs refuges progressant de concert plutôt que l'un contre l'autre. Dans ce cas, le schéma classique s'efface.
D'autres forces peuvent brouiller le signal : des achats de réserves par des banques centrales étrangères, une évolution des taux réels pesant davantage sur l'or que la seule parité, ou un choc géopolitique soudain. La lecture du jour serait fausse si l'un de ces facteurs venait dominer la dynamique des changes dans les séances à venir. D'où l'intérêt de suivre la parité comme un indice parmi d'autres, jamais comme une certitude.
La semaine à venir, entre vide de catalyseur et risque budgétaire persistant
Aucun élément positif clair ne se dégage à ce stade pour l'euro d'ici la fin de l'année, selon la lecture que livre MUFG de la situation actuelle. Cette absence de catalyseur haussier laisse la devise commune exposée à de nouvelles pressions, tant que les incertitudes budgétaires françaises ne trouvent pas d'issue lisible pour les marchés. Le taux directeur de la BCE, resté à 2,65 % depuis la décision du 16 septembre 2026, et une facilité de dépôt à 2,5 %, n'offrent pour l'instant aucun signal de nature à inverser cette tendance.
Pour un épargnant en euros détenant de l'or, un euro durablement affaibli tend à soutenir le prix du métal dans sa monnaie de référence, mais cette protection reste partielle et ne joue jamais à sens unique : elle dépend de ce que fait l'or en dollars au même moment, une composante qui échappe largement à la seule équation des changes.
Sources : BDOR
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