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Le baril bondit de 3,49 % malgré la trêve russo-ukrainienne, tensions au Yémen en cause

Le WTI grimpe à 91,36 dollars malgré l'annonce d'une trêve énergétique russo-ukrainienne, les attaques au Yémen relançant la prime de risque.

Temps de lecture : 5 minutes

Le baril bondit de 3,49 % malgré la trêve russo-ukrainienne, tensions au Yémen en cause

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En bref

  • Le WTI s'affiche à 91,36 dollars le baril, en hausse de 3,49 % sur 24 heures

  • Un accord de trêve énergétique a pourtant été annoncé entre la Russie et l'Ukraine

  • Les Houthis revendiquent une frappe sur l'Arabie saoudite et deux pétroliers ont été attaqués

  • Donald Trump évoque une possible riposte américaine si l'Iran ne coopère pas

  • Le risque géopolitique au Yémen l'emporte sur l'espoir de désescalade en Europe de l'Est

  • Des livraisons de diesel russe sont annoncées pour soulager l'offre dans les prochaines semaines

Le baril bondit de 3,49 % malgré les promesses de trêve

Le WTI s'affiche ce lundi 12 octobre 2026 à 91,36 dollars le baril, en hausse de 3,49 % sur 24 heures. Le chiffre surprend : Donald Trump a annoncé un accord entre la Russie et l'Ukraine pour cesser les frappes sur leurs infrastructures énergétiques respectives, dans la foulée d'un accord de livraison de diesel conclu avec Moscou. Ce type d'annonce devrait théoriquement apaiser les craintes d'une offre perturbée et peser sur les cours.

Mais le marché retient surtout le risque qui monte au Yémen et en Arabie saoudite. Les Houthis ont revendiqué une frappe ce week-end sur le territoire saoudien, et deux pétroliers ont été attaqués, l'un près de l'ancrage de Sohar en Oman, désormais classé comme attaque confirmée par drone. Donald Trump a averti que l'Iran « n'existerait plus » s'il ne coopère pas, et évoque une possible participation américaine à une riposte saoudienne. Cette prime de risque géopolitique l'emporte, pour l'instant, sur l'espoir d'une désescalade en Europe de l'Est.

A lire aussi : Comment ce bond du baril pourrait, avec retard, se propager jusqu'au cours de l'or

La chaîne complète, du baril au cours de l'or

Le mécanisme explique pourquoi un baril qui grimpe de 3,49 % en une séance finit, avec retard, par toucher le cours de l'or. Premier maillon : un baril plus cher renchérit les coûts de production et d'énergie, du transport au raffinage. Deuxième maillon : cette hausse se diffuse dans l'inflation importée, via les carburants. TD Securities l'illustre pour les États-Unis : l'inflation de septembre 2026 aurait été tirée par une hausse de 9 % des prix de l'essence sur un mois, portant l'inflation énergétique à 5,3 % sur la même période.

Troisième maillon, les anticipations d'inflation se redressent si le choc s'installe dans la durée, ce que redoute TD Securities en évoquant un effet sur l'inflation en glissement annuel jusqu'au début de 2027. Quatrième maillon : une banque centrale confrontée à une inflation qui résiste hésite à baisser ses taux, voire durcit son discours, poussant les taux réels à la hausse. Cinquième maillon, celui qui touche l'épargnant en métaux précieux : des taux réels plus élevés renchérissent le coût d'opportunité de détenir de l'or, actif qui ne verse aucun coupon. Ce dernier maillon joue généralement avec un décalage de plusieurs semaines à plusieurs mois par rapport au choc pétrolier initial, le temps que l'inflation se matérialise dans les statistiques puis dans les décisions monétaires.

Ce que nos relevés disent ce lundi matin

Nos cours relevés ce matin montrent un or à 119,94 euros le gramme à 10h36, en repli de 0,4 % depuis la clôture de la veille et de 0,3 % depuis l'ouverture. L'amplitude du jour reste contenue, à 0,7 % entre le plus haut à 120,73 euros et le plus bas actuel. Ce léger reflux de l'or, alors que le baril bondit de plus de 3 % sur la même fenêtre, illustre le décalage temporel décrit plus haut : le choc pétrolier n'a pas encore eu le temps de se transformer en anticipation inflationniste suffisante pour pousser les banques centrales à réagir, et encore moins pour faire bouger les taux réels. L'or réagit à ce qui est attendu plus qu'à ce qui vient de se produire.

Ce qui pourrait invalider cette lecture

Ce lien entre baril et or reste indirect, et il arrive qu'il soit démenti à court terme. Si la trêve énergétique entre la Russie et l'Ukraine se confirme durablement, et si les livraisons de diesel russe annoncées, 300 000 tonnes immédiatement, 500 000 tonnes en novembre selon les chiffres cités par Donald Trump, soulagent l'offre, le baril pourrait retomber vers 90 dollars voire en dessous. La pression inflationniste énergétique s'estomperait alors d'elle-même, et l'or n'aurait aucune raison de réagir à la hausse.

Un dollar qui se renforce peut aussi couper court au mécanisme : l'indice dollar évolue ce lundi autour de 102,31 points, quasiment stable, et l'euro/dollar reste proche de 1,1204, en très légère baisse. Un raffermissement marqué du dollar, lié à une fuite vers la sécurité face au risque au Moyen-Orient, pourrait peser sur l'or libellé en dollars, indépendamment du baril. Enfin, si la Réserve fédérale juge la hausse de l'essence transitoire plutôt que tendancielle, elle pourrait ne pas réagir, et le maillon des taux réels resterait muet.

L'attente autour du rapport API et ses suites

Les opérateurs surveillent le rapport sur les stocks de brut de l'American Petroleum Institute attendu mardi. Une baisse des stocks plus forte qu'anticipé signalerait une demande solide et pourrait soutenir davantage le WTI, renforçant la pression inflationniste énergétique. À l'inverse, une accumulation de stocks supérieure aux attentes indiquerait une offre excédentaire et ferait retomber les prix, désamorçant une partie du risque inflationniste qui pèse sur les taux réels et, in fine, sur l'attrait de l'or face à des taux qui resteraient élevés plus longtemps.

Sources : BDOR

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