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L'argent recule de 5,3 % en un mois, la hausse des taux américains pèse sur son prix

L'once d'argent cède du terrain face à des taux américains au plus haut depuis 24 ans et un dollar ferme, malgré une avance de 6,6 % sur trois mois.

Temps de lecture : 3 minutes

L'argent recule de 5,3 % en un mois, la hausse des taux américains pèse sur son prix

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En bref

  • L'once d'argent s'établit à 54,0 euros mardi, en baisse de 0,98 % sur 24 heures

  • Le repli atteint 5,3 % sur un mois, mais l'argent garde une avance de 6,6 % sur trois mois

  • Les rendements du Trésor américain au plus haut depuis 24 ans réduisent l'attrait de l'argent

  • Un dollar plus ferme renchérit l'argent pour les acheteurs hors zone dollar

  • Les tensions au Moyen-Orient n'ont pas profité à l'argent malgré leur caractère habituellement porteur pour les valeurs refuges

  • Le ratio entre l'or et l'argent se dégrade, signe que l'argent sous-performe l'or

Une semaine tronquée, un repli déjà marqué pour l'argent

Nos relevés du mardi 6 octobre 2026 à 7h51 situent l'once d'argent à 54,0 euros, en baisse de 0,98 % sur 24 heures. Le gramme s'échange à 1,736 euro, après une ouverture lundi à 1,750 euro et un plus bas à 1,734, soit un trajet de 0,8 % vers le bas depuis le début de semaine.

La comparaison d'une semaine sur l'autre donne +0,7 %, contre +0,5 % la semaine précédente, chiffre qui masque une accélération baissière sur les deux dernières séances. Sur un mois, le repli est net : -5,3 %. Sur trois mois, l'argent conserve une avance de 6,6 %, preuve d'une tendance de fond positive malgré le coup de froid récent. L'argent alterne ainsi rattrapages et corrections brutales, un comportement qui tranche avec la relative stabilité de l'or sur la même période (-3,7 % sur un mois, +4,6 % sur trois mois).

A lire aussi : Pourquoi les taux américains à 24 ans changent la donne pour l'argent

Le dollar et les taux américains imposent leur loi

La cause principale du repli ne se trouve pas en Europe mais outre-Atlantique. Les rendements du Trésor américain ont atteint cette semaine des niveaux inédits depuis vingt-quatre ans, portés par une inflation des services qui a progressé à son rythme le plus rapide en plus de quatre ans selon les données ISM. Une telle hausse nourrit l'anticipation que la Fed maintiendra des taux élevés plus longtemps, même si le marché évalue à 78 % la probabilité d'une pause lors de sa prochaine décision, faute d'un marché de l'emploi assez solide.

Pour un métal qui ne verse aucun coupon, des rendements obligataires en hausse le rendent mécaniquement moins attractif face à des placements rémunérés. Le Dollar Index, à 102,21 points (+0,11 % sur 24 heures), confirme cette dynamique : un dollar plus ferme renchérit l'argent pour les acheteurs hors zone dollar. Côté européen, l'écart reste tendu entre le taux directeur de la BCE (2,65 %) et sa facilité de dépôt (2,5 %), pendant que l'OAT à 10 ans se maintient à 4 %. Ce différentiel, conjugué à un EUR/USD quasi stable à 1,1207 dollar, explique pourquoi le repli se ressent presque aussi fort en euros qu'en dollars.

Tensions au Moyen-Orient : un paradoxe sur le pétrole qui interroge

Le groupe Houthi a revendiqué lundi des frappes contre des cibles saoudiennes, visant notamment des infrastructures militaires, un site pétrolier et l'aéroport international King Khalid à Riyad, dont le trafic a été perturbé. Ce type d'épisode nourrit classiquement une demande de valeurs refuges. Il a surtout profité au dollar, pas aux métaux précieux : le réflexe refuge ne s'est pas transmis à l'argent cette fois.

Plus troublant, le pétrole WTI recule de 3,73 % ce mardi à 89,41 dollars le baril, alors même qu'un site pétrolier figurait parmi les cibles touchées. Ce décalage suggère que les opérateurs restent concentrés sur les taux américains et jugent limité le risque d'approvisionnement. Un métal à forte composante industrielle comme l'argent, sensible au cycle énergétique, ne reçoit donc aucun soutien de ce front pour l'instant.

Le ratio or/argent se dégrade, l'argent paie sa double identité

Le ratio or/argent s'établit à 68,1 onces d'argent pour une once d'or, contre 66,9 il y a un mois, soit +1,8 %. Un ratio en hausse signifie que l'argent sous-performe l'or, ce que confirment nos chiffres : -5,3 % sur un mois pour l'argent contre -3,7 % pour l'or. Cette sensibilité accrue tient à la nature double de l'argent, à la fois valeur monétaire comparable à l'or et matière première industrielle utilisée dans le photovoltaïque, l'électronique et l'automobile.

Quand les rendements grimpent et que le dollar se raffermit, l'argent encaisse un double choc : moins attractif comme réserve de valeur, et perçu comme fragile si la demande industrielle ralentit avec des taux élevés freinant l'investissement. Cette mécanique explique l'écart grandissant avec l'or ces dernières semaines.

Ce qui peut retourner la tendance cette semaine

Notre lecture est que le repli de l'argent obéit davantage à la mécanique des taux américains et du dollar qu'à un changement de fond sur sa demande industrielle, soutenue sur trois mois (+6,6 %). Elle serait prise en défaut si la Fed confirmait une pause plus marquée que prévu, faisant refluer les rendements, ou si les tensions au Moyen-Orient s'intensifiaient au point de relancer une vraie demande refuge sur les métaux plutôt que sur le seul dollar.

À surveiller : la trajectoire des rendements américains, qui conditionnera le Dollar Index, et le comportement du pétrole en cas de nouvelles frappes. Côté européen, l'OAT à 4 % et le niveau de la BCE resteront des repères pour juger du coût d'opportunité de détenir de l'argent. Rien n'indique un retournement imminent, mais l'amplitude déjà observée sur deux séances (1,0 % entre plus haut et plus bas) rappelle que l'argent peut bouger vite dans un sens comme dans l'autre.

Sources : BDOR

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