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La crise de la dette française fait tomber l'euro à son plus bas en dix-sept mois

La défiance envers les finances publiques françaises pèse sur l'euro face au dollar, qui touche un niveau plus vu depuis dix-sept mois ce mardi.

Temps de lecture : 3 minutes

La crise de la dette française fait tomber l'euro à son plus bas en dix-sept mois

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En bref

  • L'EUR/USD évolue autour de 1,1207 dollar après avoir touché 1,1220 dollar cette nuit, un plus bas depuis dix-sept mois

  • Le plan d'économies de 54 milliards d'euros du Premier ministre Sébastien Lecornu vise à ramener le déficit de 5,5 % à 5 % du PIB

  • L'incertitude politique espagnole, avec des élections anticipées le 29 novembre, ajoute à la défiance envers la monnaie unique

  • Le taux de l'OAT à 10 ans atteint 4 %, signe de tensions sur la dette française

  • La BCE reste attentiste, avec un taux directeur à 2,65 % qui ne donne pas de direction claire à l'euro

Un euro au plus bas depuis dix-sept mois

La paire EUR/USD évoluait ce mardi matin autour de 1,1207 dollar, en légère hausse de 0,08 % sur vingt-quatre heures selon nos repères, après avoir glissé dans la nuit vers 1,1220 dollar, un niveau plus vu depuis dix-sept mois. Le Dollar Index, à 102,21 points, gagnait 0,11 % sur la même période.

La cause tient moins au dollar lui-même qu'aux finances françaises. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté le mois dernier un plan d'économies de 54 milliards d'euros destiné à éviter une dégradation sévère ou un défaut souverain, avec l'objectif de ramener le déficit de 5,5 % du PIB cette année à 5 % l'an prochain. Sans intervention, l'écart entre dépenses et recettes pourrait grimper à 6,5 %. S'ajoute l'incertitude politique espagnole, le Premier ministre Pedro Sanchez ayant convoqué des élections anticipées pour le 29 novembre, ce qui alimente la défiance envers la monnaie unique dans son ensemble.

A lire aussi : Comprendre pourquoi la baisse de l'euro ne profite pas mécaniquement à l'or

Le mécanisme de transmission vers l'or, pas si simple aujourd'hui

L'or se cote en dollars sur les marchés mondiaux. Quand le dollar se renforce face à l'euro, l'once devient mécaniquement plus coûteuse pour un acheteur zone euro. À l'inverse, un euro qui remonte allège la facture en euros, même si le prix en dollars ne bouge pas. Ce mardi, avec un Dollar Index en légère hausse et un euro affaibli par la défiance sur la dette française, la logique voudrait que le métal coté en euros se renchérisse.

Ce que montrent nos relevés du jour

Or, nos cours relevés ce matin racontent l'inverse. L'or s'échangeait à 118,16 euros le gramme à 7h51, soit 3675,06 euros l'once, en repli de 0,4 % depuis la clôture de lundi et de 0,5 % depuis l'ouverture de la séance. La faiblesse de l'euro n'a donc pas suffi à soutenir le métal en monnaie européenne, preuve que le prix en dollars a reculé davantage que ce que la parité aurait dû compenser. Une variation de quelques dixièmes de pourcent sur l'EUR/USD ne se transmet jamais au centime près au prix en euros, car elle se superpose à un cours en dollars qui obéit à ses propres moteurs, les taux réels américains et l'appétit pour le risque en premier lieu.

Pourquoi la corrélation dollar/or peut tromper ce mardi

La lecture classique, dollar fort égale or affaibli, ne tient pas toujours. Les inquiétudes françaises relèvent d'une fuite vers la qualité régionale qui profite simultanément au dollar perçu comme refuge et, dans d'autres phases, à l'or recherché pour les mêmes raisons. Le taux de l'OAT à 10 ans, à 4 % en direct, et le ton du chef économiste de la BCE Philip Lane, qui a jugé que la hausse des taux longs constitue un resserrement matériel des conditions financières en zone euro, dessinent un climat où les investisseurs arbitrent entre refuges concurrents plutôt que de suivre un schéma mécanique.

Le président de la Bundesbank Joachim Nagel a livré un ton plus ferme qu'à l'accoutumée sur les risques d'inflation, tout en reconnaissant l'absence de signes clairs de transmission aux salaires. Ce double message laisse la BCE dans une posture attentiste, taux directeur à 2,65 % et facilité de dépôt à 2,5 %, qui ne donne pas de direction nette à l'euro. Si les marchés venaient à considérer la France comme un risque systémique pour l'ensemble de la zone euro plutôt qu'un cas isolé, la fuite vers la qualité profiterait à l'or indépendamment du sort du dollar, et la lecture du jour serait alors prise en défaut.

Une semaine d'or encore incomplète, mais déjà parlante

Sur les deux séances disponibles depuis lundi, l'or est passé d'une ouverture à 118,61 euros le gramme à 118,16 euros ce matin, un trajet de 0,4 % qui n'équivaut pas à la performance hebdomadaire puisque trois séances manquent encore. La variation comparable d'une semaine sur l'autre ressort quasi nulle, à 0,0 %, après un gain de 1,6 % la semaine précédente. L'amplitude limitée, 0,4 % entre le plus haut et le plus bas de ces deux jours, traduit une consolidation plutôt qu'un mouvement de fond, l'argent se traitant au même moment à 1,736 euro le gramme sans signal particulier à en tirer.

Ce que les prochains jours pourraient changer

L'affaiblissement du marché de l'emploi américain, avec seulement 29 000 créations de postes en septembre contre 133 000 en août et un taux de chômage remonté à 4,2 %, a réduit les anticipations d'un relèvement des taux de la Fed ce mois-ci, les probabilités tombant à 22,7 % selon l'outil CME FedWatch. Un dollar moins soutenu par la politique monétaire américaine pourrait inverser la tendance actuelle de l'EUR/USD, indépendamment du sort de la France. L'échéance électorale espagnole du 29 novembre et l'évolution du dossier budgétaire français restent les deux points à surveiller pour qui veut comprendre pourquoi l'euro, et donc le coût en euros de l'or, bouge dans les prochaines semaines. Techniquement, le support à 1,1170 dollar et la résistance proche de 1,1420 dollar encadrent la marge de manœuvre de la paire, sans qu'aucun de ces niveaux ne garantisse une direction pour le métal.

Sources : BDOR

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