L'argent recule à 57,01 dollars ce mardi, la demande industrielle inquiète les investisseurs
L'once d'argent cède 0,80 % ce mardi 22 septembre à 57,01 dollars, les craintes sur la demande industrielle pesant sur le métal.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
En bref
L'once d'argent s'échange à 57,01 dollars, en repli de 0,80 % sur 24 heures
Le gramme s'affiche à 1,833 euro, contre 1,851 euro à l'ouverture
L'amplitude de la séance atteint 2,2 %, bien supérieure à celle observée habituellement
Sur 7 jours, l'argent progresse encore de 3,3 % malgré le repli du jour
Sur 2 mois, la hausse atteint 12,6 %, confirmant une tendance de fond solide
Le raffermissement du dollar amplifie le recul observé en euros
L'argent recule ce mardi, entraîné par l'effondrement du pétrole
L'once d'argent s'échange ce mardi 22 septembre 2026 à 57,01 dollars, en repli de 0,80 % sur 24 heures selon nos relevés. En euros, le gramme s'affiche à 1,833 euro à 9h14, contre une ouverture à 1,851 euro quelques heures plus tôt : une perte de 1,0 % depuis l'ouverture et autant depuis la clôture de la veille. La séance a été agitée, avec un plus haut à 1,868 euro et un plus bas à 1,828 euro, soit une amplitude de 2,2 % entre les deux extrêmes, largement supérieure à celle de l'or (1,1 %) sur la même fenêtre.
Ce décrochage n'a rien d'isolé. Le baril de pétrole WTI s'effondre de 8,33 % en 24 heures, à 93,42 dollars. Une chute de cette ampleur en dit long sur les anticipations de croissance industrielle, et l'argent, contrairement à l'or, dépend directement de la demande manufacturière : photovoltaïque, électronique, véhicules électriques. Quand le marché anticipe un ralentissement de l'activité, le métal industriel encaisse plus fort que le métal purement monétaire. C'est exactement ce qui se joue aujourd'hui : l'argent perd 0,80 % sur la séance quand l'or ne cède que 0,58 %, un écart qui traduit la double nature de l'argent plutôt qu'un simple mouvement de marché uniforme.
A lire aussi : Comment le ratio entre l'or et l'argent éclaire la tendance de fond du métal blanc
Le ratio or/argent redescend, l'argent garde son avance sur la durée
La séance du jour ne raconte qu'une partie de l'histoire. Sur 7 jours, l'argent progresse de 3,3 % pendant que l'or ne gagne que 1,3 %. Sur 2 mois, l'écart se creuse encore : +12,6 % pour l'argent contre +7,2 % pour l'or. Le ratio or/argent, qui mesure combien d'onces d'argent il faut pour acheter une once d'or, s'établit aujourd'hui à 66,1, contre 66,7 il y a un mois, soit une baisse de 0,9 %. Un ratio qui descend signifie que l'argent surperforme l'or, et c'est bien ce que confirment nos relevés sur la durée, malgré le repli marqué de ce mardi.
Cette contradiction entre le mouvement du jour et la tendance de fond mérite d'être posée sans détour. L'argent recule plus vite que l'or aujourd'hui à cause du pétrole, mais reste structurellement mieux orienté depuis plusieurs semaines. Sur un mois cependant, les deux métaux reculent : -3,5 % pour l'argent, -4,4 % pour l'or, un rappel que rien n'est acquis et que la volatilité de l'argent joue dans les deux sens.
Dollar, taux de la BCE et OAT : ce qui pèse sur le métal aujourd'hui
Le Dollar Index gagne 0,24 % sur 24 heures, à 100,46 points, tandis que l'euro cède 0,10 % face au billet vert, à 1,1469 dollar. L'argent se cotant en dollars, ce raffermissement modeste du billet vert explique une partie du repli observé en euros : un dollar plus fort mécaniquement pèse sur la conversion pour un acheteur européen, même quand le mouvement en dollars reste contenu.
Du côté des taux, le taux directeur de la BCE reste fixé à 2,65 % et la facilité de dépôt à 2,5 %, selon les données publiées le 16 septembre 2026. L'OAT à 10 ans se maintient à 4 %. Un métal qui ne verse aucun coupon se compare toujours à ce que rapporte l'argent placé sans risque : avec des taux réels qui ne s'effondrent pas, l'attrait relatif de l'argent physique ne bénéficie pas d'un effet mécanique de baisse des rendements obligataires. C'est un frein silencieux, plus qu'un moteur baissier, mais il compte dans l'équation.
Les risques de la semaine pour l'argent
La question posée par cette séance est simple : le recul du jour marque-t-il un simple accident de parcours lié au pétrole, ou le début d'un ajustement plus large de la demande industrielle qui rattraperait l'argent après ses gains des dernières semaines ? Notre lecture reste que la tendance de fond, portée par un ratio or/argent orienté à la baisse depuis un mois, n'est pas remise en cause par une séance volatile. Mais cette lecture serait fausse si le pétrole poursuivait sa chute dans les prochains jours : un baril durablement affaibli indiquerait un vrai ralentissement industriel, et l'argent, plus que l'or, en paierait le prix. À surveiller également : toute variation du Dollar Index au-delà de 101 points accentuerait la contrainte en euros, quelle que soit l'évolution du métal en dollars.
Les cotations françaises du 21 septembre en repère
Sur le marché physique français, le lingot d'or 1 kg cotait 119 600 euros le 21 septembre 2026, en repli de 1,6 % sur la séance mais toujours en hausse de 7,0 % sur trois mois. L'once d'or lingotin s'affichait à 3 979 euros, quasiment stable sur un mois (-0,3 %). Ces cotations, plus stables que le cours spot en temps réel, rappellent qu'un épargnant qui détient du métal physique n'est pas exposé aux mêmes soubresauts intrajournaliers que celui qui suit le cours en continu, sans pour autant s'affranchir des tendances de fond que nos relevés mettent en évidence.
Sources : BDOR
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