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L'or repasse sous 3765 euros l'once, freiné par la Fed et un dollar plus ferme

L'or recule pour la deuxième séance sous 3765 euros l'once, pénalisé par des signaux fermes de la Fed et un dollar renforcé par les tensions au Moyen-Orient.

Temps de lecture : 5 minutes

L'or repasse sous 3765 euros l'once, freiné par la Fed et un dollar plus ferme

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En bref

  • L'once d'or s'établit à 3765,1 euros mardi matin, en repli pour la deuxième séance consécutive

  • Le métal perd 0,6 % depuis la clôture de lundi et 0,8 % depuis l'ouverture de mardi

  • Sur un mois, l'or recule de 4,5 % mais reste en hausse de 7,1 % sur deux mois

  • Des responsables de la Fed évoquent une nouvelle hausse de taux possible cette année, ce qui pèse sur un métal sans rendement

  • Le dollar se raffermit face à l'euro, amplifiant la baisse du prix de l'or exprimé en euros

  • Les tensions autour de l'Iran soutiennent paradoxalement le dollar plutôt que l'or dans l'immédiat

L'or recule pour la deuxième séance sous 3765 euros

Nos relevés du mardi 22 septembre à 8h59 situent l'once d'or à 3765,1 euros, soit 121,051 euros le gramme. La séance a ouvert à 122,014 euros le gramme, grimpé jusqu'à 122,403 euros, puis glissé jusqu'à un plus bas de 121,037 euros, une amplitude de 1,1 % en quelques heures. Le repli atteint 0,6 % depuis la clôture de lundi et 0,8 % depuis l'ouverture de ce mardi. C'est la deuxième séance consécutive de baisse pour le métal.

Ce mouvement s'inscrit dans un repli plus large depuis un mois (-4,5 % selon nos relevés), qui contraste avec une progression de 1,2 % sur sept jours et de 7,1 % sur deux mois. L'or reste donc nettement au-dessus de ses niveaux d'il y a huit semaines : une correction courte dans une tendance plus longue encore haussière.

A lire aussi : Voir aussi notre suivi complet du cours de l'argent, qui recule plus fortement ce mardi

La Fed hawkish et le dollar pèsent sur un métal sans rendement

Le facteur déclencheur vient des projections économiques actualisées de la Réserve fédérale américaine, qui laissent entendre qu'au moins une nouvelle hausse de taux reste envisagée cette année. Deux présidents de banques régionales de la Fed, Susan Collins à Boston et Alberto Musalem à Saint-Louis, ont explicitement défendu un resserrement supplémentaire, invoquant des risques inflationnistes liés à un choc sur les matières premières. Un tel discours est structurellement défavorable à l'or : le métal ne verse aucun coupon, et quand les taux réels progressent, l'argent placé redevient plus attractif que le lingot dormant dans un coffre.

Le Dollar Index évolue ce mardi à 100,45 points (+0,23 % sur 24 heures), sous le plus haut touché vendredi dernier. La paire EUR/USD cède 0,12 % à 1,1468 dollar. Cette combinaison explique une partie du repli observé en euros : l'or perd du terrain en dollars sous l'effet du discours de la Fed, et la légère appréciation du billet vert amplifie mécaniquement la baisse pour un acheteur européen. Côté taux français, l'OAT à 10 ans se maintient à 4 %, un niveau qui, comparé à la facilité de dépôt de la BCE à 2,5 % et au taux directeur à 2,65 %, continue de dessiner un coût d'opportunité réel pour qui détient du métal plutôt que des obligations.

Iran, pétrole et prime géopolitique sur le dollar

Le volet géopolitique complique la lecture. Les Gardiens de la révolution iraniens ont averti lundi qu'une escalade américaine changerait la géographie du conflit. Washington intensifie la pression économique sur Téhéran, avec une exclusion annoncée des compagnies aériennes iraniennes de l'aviation internationale à compter du 23 septembre. L'intensification des combats entre les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, et l'Arabie saoudite, entretient une prime de risque qui a provoqué un léger rebond du prix du pétrole ces derniers jours.

Paradoxalement, ce climat tendu ne profite pas à l'or dans l'immédiat. Le sursaut du baril favorise plutôt les acheteurs de dollar, ce qui prive le métal du soutien classique qu'il tire habituellement des tensions au Moyen-Orient. La géopolitique reste haussière pour l'or à moyen terme, mais elle alimente pour l'instant un dollar fort qui absorbe une partie de cette prime de risque. Si les tensions dégénéraient franchement, cette dynamique pourrait s'inverser rapidement.

L'argent décroche plus fort, mais résiste mieux sur la durée

L'once d'argent recule à 56,85 euros ce mardi matin, en repli de 1,09 % sur 24 heures, soit 1,828 euro le gramme selon nos relevés. La séance a ouvert à 1,851 euro, grimpé à 1,868 euro, puis chuté jusqu'à 1,828 euro, un repli de 1,3 % depuis la clôture de lundi comme depuis l'ouverture. Ce mouvement, plus violent que celui de l'or, illustre la double nature du métal gris : valeur monétaire sensible aux taux et au dollar, mais aussi matière première industrielle utilisée dans le photovoltaïque et l'électronique, donc plus exposée aux à-coups de marché.

Le ratio or/argent s'établit à 66,2 onces d'argent pour une once d'or ce mardi, contre 66,7 il y a un mois, un repli de 0,7 %. Malgré la chute plus marquée de la séance, l'argent surperforme donc légèrement l'or sur la durée, tendance confirmée sur sept jours (+3,0 % pour l'argent contre +1,2 % pour l'or) et sur deux mois (+12,2 % contre +7,1 %). Ce contraste confirme que l'argent bouge plus fort dans les deux sens.

Les risques qui peuvent retourner le mouvement cette semaine

Deux échéances domineront les prochains jours. La rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, prévue jeudi, sera scrutée pour ses implications commerciales et son effet sur le dollar. Plusieurs interventions de membres du comité de politique monétaire de la Fed sont également attendues, susceptibles de préciser ou de nuancer le ton hawkish affiché récemment. Une inflexion plus conciliante referait basculer le calcul en faveur de l'or ; un discours confirmant l'hypothèse d'une nouvelle hausse de taux prolongerait au contraire la pression actuelle.

Notre lecture, à ce stade, reste que le repli du jour tient davantage à un ajustement de discours de la Fed et à un dollar ferme qu'à un retournement de fond. Elle serait prise en défaut si l'escalade avec l'Iran s'aggravait au point de dominer les arbitrages, ou si la rencontre de jeudi entre Washington et Pékin ravivait des tensions commerciales suffisamment fortes pour faire refluer le dollar. Dans les deux cas, l'or retrouverait un rôle de refuge plus classique que celui qu'il joue ce mardi.

Sources : BDOR

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