CAC 40 : la Bourse de Paris tremble face aux tensions Iran-États-Unis et au pétrole en hausse
Le CAC 40 recule alors que les tensions Iran-États-Unis relancent les cours du pétrole et que Kevin Warsh cadre la politique de la Fed à Jackson Hole.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- Paris hésite, Téhéran et Washington remettent le feu aux poudres
- Kevin Warsh impose sa fermeté depuis Jackson Hole
- Wall Street marque une pause, l'or et le dollar sous surveillance
- Les valeurs à suivre : Advicenne, BNP Paribas et Soitec animent la séance
- Face à l'incertitude, l'attrait renouvelé pour les valeurs refuges
En bref
Le CAC 40 ouvre en léger repli ce lundi, plombé par la remontée des tensions entre les États-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz.
Le baril de Brent franchit de nouveau les 90 dollars après l'annonce de Donald Trump sur la destruction de l'île de Kharg.
Kevin Warsh, futur patron de la Fed, maintient un discours ferme sur l'inflation lors du symposium de Jackson Hole.
Wall Street a clôturé en légère baisse vendredi, Nasdaq, S&P 500 et Dow Jones en repli mesuré.
L'once d'or se traite à 4.435 dollars, valeur refuge plébiscitée dans ce climat d'incertitude.
Soitec, BNP Paribas et Advicenne animent la cote parisienne avec des actualités contrastées.
Paris hésite, Téhéran et Washington remettent le feu aux poudres
Le CAC 40 affichait un repli mesuré aux alentours de 9 heures ce lundi, les investisseurs digérant la résurgence des tensions militaires entre les États-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz. Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche soir, sur son réseau Truth Social, que l'île de Kharg — via laquelle Téhéran exporte traditionnellement 90% de sa production pétrolière — était « en train d'être réduite en miettes ». Une déclaration qui, rapportée telle quelle mais non vérifiée de façon indépendante à l'heure où ces lignes sont écrites, a suffi à raviver les craintes d'une perturbation durable de l'approvisionnement mondial en brut.
Le baril de Brent se négociait ce matin à 90,57 dollars, franchissant de nouveau le seuil symbolique des 90 dollars. Les rendements obligataires, eux, demeurent élevés, signe que les investisseurs réclament une prime de risque plus généreuse face à l'incertitude géopolitique. Cette conjonction — pétrole cher, taux tendus, rhétorique martiale — compose un cocktail que la Bourse parisienne digère mal en ce début de semaine. Mon sentiment, à la lecture des flux : le marché n'anticipe pas encore un scénario de rupture totale, mais il tarifie déjà la probabilité d'un embrasement prolongé dans la région.
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Kevin Warsh impose sa fermeté depuis Jackson Hole
Le successeur désigné de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, a adopté un ton sans ambiguïté vendredi lors du symposium de Jackson Hole. Sa priorité, a-t-il martelé, reste la stabilité des prix. Selon ses propres termes, l'objectif d'inflation PCE de 2% demeure « ferme et immuable ». Il a reconnu que les données estivales sur l'inflation s'étaient améliorées, mais a aussitôt nuancé : les tendances sous-jacentes, elles, n'ont guère bougé. « Il nous reste du travail à faire », a-t-il averti, une formule qui referme la porte à un assouplissement monétaire précipité.
Warsh a également dressé un constat d'une économie américaine résiliente : consommation des ménages dynamique, marché du travail stable, investissement des entreprises en progression rapide. Il a par ailleurs jugé difficile de qualifier les conditions financières actuelles de restrictives, les marchés du crédit ne montrant, selon lui, que peu de signes de retenue. Les marchés européens révisent en conséquence leurs paris sur une prochaine hausse des taux, ce qui explique en partie la prudence affichée par le CAC 40 à l'ouverture de cette séance.
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Wall Street marque une pause, l'or et le dollar sous surveillance
Outre-Atlantique, les indices ont clôturé en légère baisse vendredi, les investisseurs temporisant après l'intervention prudente de Kevin Warsh. Le Nasdaq a reculé de 0,52% à 26.402 points, le S&P 500 a cédé 0,25% à 7.712 points, tandis que le Dow Jones est resté quasiment stable, en repli de 0,02% à 53.560 points. Ce statu quo relatif traduit une attente claire : celle d'indicateurs macroéconomiques plus tranchés avant de reprendre franchement position sur les indices.
Côté devises, la parité euro/dollar s'établissait ce matin à 1,1588 dollar. L'once d'or, valeur refuge par excellence en période de tension géopolitique, se traitait à 4.435 dollars. La zone euro publie par ailleurs ce lundi ses indicateurs d'inflation régionaux allemands à 10 heures, une donnée scrutée de près par la Banque centrale européenne pour calibrer sa propre trajectoire de taux directeurs.
Les valeurs à suivre : Advicenne, BNP Paribas et Soitec animent la séance
Advicenne, spécialiste des traitements pour maladies rénales rares, a retiré volontairement sa demande d'enregistrement du Sibnayal auprès de la FDA américaine. La société évoque, dans un communiqué, la nécessité de travaux complémentaires dans le domaine de la chimie, de la fabrication et des contrôles, incompatibles avec les délais de l'évaluation en cours. Le produit reste commercialisé dans l'Union européenne, au Royaume-Uni, en Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis.
BNP Paribas poursuit sa bataille judiciaire après sa condamnation, en octobre 2025, à verser 20,75 milliards de dollars à trois ressortissants soudanais pour avoir fourni des services bancaires au Soudan malgré l'embargo américain. La banque, qui a fait appel, s'appuie sur le droit suisse et affirme bénéficier du soutien du gouvernement helvétique ainsi que de l'exécutif américain pour contester ce jugement de première instance.
Soitec, de son côté, capitalise sur l'envolée de la demande de plaquettes destinées aux systèmes optiques des centres de données dédiés à l'intelligence artificielle. Son directeur général, Laurent Remont, a confié à l'agence Reuters que l'entreprise lie désormais ses clients à des contrats pluriannuels assortis d'acomptes et de prix fixes. Selon UBS, Soitec détiendrait 95% de parts de marché sur ce segment ; le chiffre d'affaires lié à la photonique sur silicium pourrait dépasser 200 millions de dollars sur l'exercice, contre un peu plus de 100 millions précédemment. Sur le front des recommandations, Mizuho Securities initie la couverture d'Air Liquide à « surperformer » avec un objectif de 200 euros, AlphaValue abaisse sa cible sur Eiffage à 165 euros et Mediobanca réduit celle de Pernod Ricard à 80 euros.
Face à l'incertitude, l'attrait renouvelé pour les valeurs refuges
Dans ce climat d'incertitude géopolitique et monétaire, nombre d'épargnants se tournent vers des actifs tangibles pour diversifier leur patrimoine hors du système bancaire traditionnel. Les métaux précieux, à travers les lingots d'or, les lingots d'argent ou encore les pièces d'or, offrent une solution concrète de débancarisation et de protection contre les soubresauts des marchés financiers. Cette approche répond à une logique patrimoniale ancienne : détenir une part de son épargne sous une forme physique, insensible aux décisions des banques centrales et aux aléas des marchés obligataires.
Sources : BDOR - Reuters - Réserve fédérale américaine - UBS - Truth Social
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