TVA sociale, le Medef relance l'idée d'une hausse pour financer la protection sociale avant la présidentielle 2027
Le Medef propose une TVA sociale avec 2,3 points de TVA en plus pour financer la protection sociale. Jean-Pierre Farandou se dit ouvert mais juge cela insuffisant.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
- Le Medef a remis la TVA sociale au centre des débats lors de sa Rencontre des Entrepreneurs de France, organisée cette semaine à Paris.
- L’organisation patronale propose d’augmenter le taux normal de TVA de 2,3 points, contre une baisse des cotisations sociales.
- Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou se dit ouvert à l’idée, tout en jugeant qu’elle ne suffira pas à elle seule.
- Un passage de 20 % à 23 % rapporterait environ 30 milliards d’euros par an, soit l’équivalent des économies recherchées par le gouvernement.
- La gauche et le Rassemblement national s’opposent frontalement à cette mesure, jugée injuste car non progressive.
- Le sujet s’annonce comme un marqueur fort de la campagne présidentielle de 2027.
La rentrée des patrons a remis un vieux dossier sur le devant de la scène. À l’occasion de la Rencontre des Entrepreneurs de France, lancée mercredi 26 août à Paris, le Medef a défendu avec insistance la TVA sociale, une mesure qu’il présente comme la réponse la plus efficace aux difficultés de financement du modèle social français. Son président Patrick Martin y voit même « la solution économique, sociale et budgétaire la plus efficace ». Le calendrier n’a rien d’anodin, à moins d’un an de la présidentielle 2027.
Un mécanisme pensé pour alléger le coût du travail
Le principe de la TVA sociale repose sur un transfert de charge. Aujourd’hui, une partie de la protection sociale française, retraites et assurance maladie en tête, est financée par les cotisations patronales assises sur les salaires. Les entreprises redoutent une hausse de ces prélèvements pour combler les déficits sociaux, et plaident pour déplacer une fraction de ce financement vers la consommation.
L’argument avancé tient en une phrase, le travail des actifs ne peut plus tout payer seul. La TVA, premier prélèvement de l’État en volume, offre un rendement immédiat et massif. Le Medef propose ainsi un allègement des cotisations sociales compensé par une hausse de 2,3 points du taux normal de TVA, actuellement fixé à 20 %.
30 milliards d’euros par an dans les caisses
L’équation budgétaire séduit à Bercy comme au patronat. Un point de TVA supplémentaire rapporte environ 10 milliards d’euros. Porter le taux normal à 23 % générerait donc près de 30 milliards d’euros par an, soit peu ou prou le montant que le gouvernement cherche à dégager pour boucler son budget. La France se rapprocherait au passage de la moyenne européenne, la plupart de ses voisins appliquant des taux compris entre 22 % et 23 %.
Le revers de la médaille est connu. Une hausse de la TVA se répercute mécaniquement sur les prix, un effet particulièrement sensible en période d’inflation. Le risque identifié par les économistes tient au pouvoir d’achat, une consommation freinée annulerait une partie des recettes espérées.
Farandou ouvre la porte sans signer de chèque en blanc
Invité jeudi d’un débat organisé par le Medef, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a livré une position nuancée. « La TVA est une idée, le Medef l’a aussi reprise dans ses propositions, moi je ne suis pas contre, ça ne suffit pas », a-t-il déclaré, saluant une proposition patronale qu’il juge « solide » tout en fustigeant les « marchands d’illusion qui lancent des idées en l’air ».
Le ministre a détaillé son raisonnement, un point de TVA en plus équivaut à peu près à un point de CSG en moins. Deux points de TVA permettraient de baisser la CSG de deux points et de redonner autant sur les salaires nets. « Est-ce que ça change la vie des gens ? Je ne suis pas sûr », a-t-il tempéré, appelant à un « bouquet » de mesures combinant plusieurs leviers.
La question des retraites en toile de fond
Interrogé sur une éventuelle désindexation des pensions, Jean-Pierre Farandou a plaidé pour « une réforme puissante pour rééquilibrer le système des retraites ». Le ministre remet en cause le principe d’une indexation automatique sur l’inflation, jugée « très coûteuse », et suggère une révision négociée chaque année, sur le modèle des négociations salariales obligatoires en entreprise.
Un impôt contesté depuis 2007
La TVA sociale traîne une réputation sulfureuse. En 2007, quelques semaines après l’élection de Nicolas Sarkozy, la polémique entre le PS et l’UMP autour de cette mesure avait été tenue pour partiellement responsable de la perte d’une cinquantaine de sièges de la majorité aux législatives. Vingt ans plus tard, les lignes de fracture demeurent intactes.
La gauche dénonce un impôt non progressif, payé au même taux par tous les ménages quel que soit leur revenu. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, l’a qualifié d’« impôt des lâches ». Le Rassemblement national s’y oppose également et milite au contraire pour des baisses de TVA, notamment sur les carburants. Avec l’échéance de 2027 qui approche, ce débat fiscal promet d’occuper durablement le terrain politique.
Selon notre expert : Entre dettes publiques record, débats fiscaux en Europe et dollar affaibli, le métal jaune reste l'actif privilégié des épargnants en quête de stabilité.
Protéger son épargne face à l’incertitude fiscale
Ces discussions sur la fiscalité et la fragilité des finances publiques rappellent aux épargnants l’intérêt de diversifier leur patrimoine hors du circuit bancaire traditionnel. Les investissements alternatifs comme les métaux précieux, qu’il s’agisse de lingots d’or et d’argent ou de pièces d’or, offrent une protection tangible contre l’érosion monétaire et les hausses de prélèvements. Dans une logique de débancarisation et de sécurisation de son épargne, détenir une part d’or physique permet de mettre une fraction de son capital à l’abri des arbitrages budgétaires et des tensions inflationnistes que raviverait une hausse de la TVA.
Sources : BDOR
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