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Conflit au Moyen-Orient : pourquoi l'or et l'argent ont chuté avec la guerre

Or et argent chutent malgré la guerre au Moyen-Orient : ventes massives, dollar fort, Fed et perturbations logistiques expliquent ce paradoxe.

Temps de lecture : 2 minutes

Conflit au Moyen-Orient : pourquoi l'or et l'argent ont chuté avec la guerre

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En bref

  • L’or et l’argent corrigent fortement après des records historiques atteints début 2026

  • Les investisseurs privilégient le cash en dollars pour couvrir pertes et profiter du choc pétrolier

  • Les tensions sur le détroit d’Ormuz dopent le pétrole et renforcent le rôle du dollar

  • La perspective de hausses de taux par la Réserve fédérale pèse sur les métaux

  • Les perturbations logistiques à Dubaï désorganisent le marché physique mondial

  • La demande industrielle et régionale ralentit, accentuant la pression sur les prix

  • À long terme, l’or conserve un rôle de protection face à la dette et à l’inflation

Une chute marquée après des sommets historiques

Le mouvement surprend par son ampleur. Les prix de l’or et de l’argent ont nettement reculé alors même que les tensions géopolitiques s’intensifient au Moyen-Orient. Quelques semaines auparavant, l’once d’or flirtait avec les 5 600 dollars, inscrivant un niveau inédit, tandis que l’argent dépassait les 120 dollars.

Depuis, le repli est brutal : l’or évolue désormais autour de 4 460 dollars, et l’argent s’échange proche de 68 dollars. Cette correction efface une grande partie des gains accumulés depuis le début de l’année, dans un contexte pourtant traditionnellement favorable aux actifs refuges.

A lire aussi : Le marché de l’or pourrait surprendre à nouveau avec un retournement brutal que peu d’investisseurs anticipent aujourd’hui

Liquidités et pétrole redéfinissent les arbitrages

L’évolution du marché s’explique d’abord par un besoin immédiat de liquidités. Face à l’escalade militaire et à l’incertitude économique, de nombreux investisseurs ont vendu leurs positions pour récupérer du cash.

Les ventes ont ciblé en priorité les actifs ayant fortement progressé, notamment l’or. Cette stratégie permet de compenser des pertes ailleurs, mais aussi de se repositionner rapidement sur des actifs liés à l’énergie.

Le rôle du dollar devient central. Les hydrocarbures étant libellés en devise américaine, la flambée du pétrole liée aux perturbations dans le détroit d’Ormuz a renforcé l’attractivité du billet vert. Les investisseurs ont donc converti leurs avoirs en dollars américains, accentuant mécaniquement la pression sur les métaux.

Certains pays producteurs d’énergie pourraient également mobiliser leurs réserves aurifères pour compenser la baisse de leurs revenus, amplifiant le mouvement vendeur.

La politique monétaire américaine change la donne

La trajectoire des taux d’intérêt constitue un autre facteur déterminant. La hausse des prix de l’énergie alimente des anticipations inflationnistes élevées, poussant la Réserve fédérale à envisager un resserrement monétaire.

Dans ce contexte, les obligations d’État américaines et les placements en liquidités offrent des rendements plus attractifs. L’or, dépourvu de rendement, perd alors en compétitivité relative.

Ce basculement vers des actifs rémunérateurs explique en partie la rotation des portefeuilles observée ces dernières semaines.

Une demande physique désorganisée à l’échelle mondiale

Les tensions géopolitiques affectent également les circuits logistiques. Dubaï, plateforme majeure représentant environ 20 % des flux mondiaux de métaux vers l’Asie, voit ses échanges fortement perturbés.

Le blocage du transport aérien ralentit les livraisons vers des marchés clés comme l’Inde. Le Conseil mondial de l'or évoque un marché physique temporairement désorganisé, avec des flux interrompus entre Londres et l’Asie.

Cette désynchronisation entre offre et demande entraîne des ajustements rapides des prix, souvent à la baisse à court terme.

Une demande fragilisée entre industrie et consommation

Le Moyen-Orient représente près de 10 % de la demande privée mondiale d’or, avec environ 270 tonnes achetées l’an dernier. Le ralentissement de cette demande régionale, même temporaire, pèse sur les cours.

L’argent subit une pression supplémentaire liée à son usage industriel. Utilisé dans les panneaux solaires, les batteries ou encore les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, il dépend étroitement du cycle économique. Les anticipations de ralentissement mondial réduisent mécaniquement les perspectives de consommation.

Une remise en question du statut refuge à court terme

La répétition des corrections interroge certains investisseurs. Deux replis significatifs en l’espace de quelques mois fragilisent l’image de stabilité associée à l’or.

Les comportements spéculatifs observés en début d’année, notamment en Asie, ont contribué à amplifier la volatilité. Une partie du marché considère désormais que la détention d’or n’est plus systématique en période de crise, surtout lorsque d’autres actifs offrent des alternatives plus rémunératrices.

Une protection toujours recherchée à long terme

Malgré ces ajustements, les fondamentaux de long terme restent en place. L’endettement public élevé et les risques de stagflation maintiennent l’intérêt pour les actifs tangibles.

Dans ce cadre, l’or pourrait retrouver une fonction de couverture face à la dépréciation monétaire et à l’instabilité économique globale. La demande pourrait alors repartir, portée par les investisseurs institutionnels et les banques centrales.

Sources : BDOR

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