L'argent proche de ses planchers annuels, la Fed de mercredi attendue comme tournant
L'argent recule près de ses plus bas de l'année, pénalisé par le pétrole et les taux élevés, à l'approche de la décision de la Fed.
Par Maxime TEUTSCH
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L'once d'argent cote 48,21 euros, proche de ses planchers annuels malgré un léger rebond du jour
Le métal perd 5,3% sur sept jours et 14,6% sur un mois
La flambée du pétrole renchérit les coûts industriels et pèse sur la demande d'argent
Le dollar reste stable, ce qui laisse le repli en euros refléter celui en dollars
La décision de la Fed mercredi sur les taux est scrutée comme facteur clé pour la suite
Un ton plus accommodant de la Fed pourrait permettre un rebond rapide du métal
Un argent proche de ses planchers annuels, le ratio avec l'or se dégrade
Nos relevés de ce lundi 26 octobre 2026, pris à 10h13, situent l'once d'argent à 48,21 euros, soit 1,550 euro le gramme, un niveau qui, malgré une légère hausse de 0,28% sur les dernières 24 heures, reste très proche des planchers touchés en fin de semaine dernière. Sur la séance en cours, le métal a ouvert à 1,553 euro le gramme, grimpé jusqu'à 1,556 puis plongé à 1,542, une amplitude de 0,9% qui traduit une indécision marquée avant un rendez-vous macroéconomique majeur.
Le signal le plus parlant vient du recul inscrit dans la durée plutôt que de la séance elle-même. Sur sept jours, l'argent cède 5,3%, et sur un mois la baisse atteint 14,6%, un repli que l'or, lui, limite largement puisqu'il ne recule que de 4,8% sur la même période. Résultat, le ratio or/argent (le nombre d'onces d'argent nécessaires pour acheter une once d'or) est passé de 66,6 il y a un mois à 74,3 aujourd'hui, soit une dégradation de 11,5% pour le métal gris. Un ratio qui grimpe signale que l'argent décroche par rapport à l'or, et c'est précisément ce qui se joue depuis quatre semaines.
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Le pétrole qui flambe pèse sur un métal à moitié industriel
L'argent n'est pas qu'un métal monétaire. Une large part de sa demande mondiale vient de l'industrie, photovoltaïque, électronique, véhicules, ce qui l'expose directement au cycle énergétique. Or le baril de WTI gagne 3,93% ce lundi matin pour s'établir à 100,97 dollars, prolongeant une poussée qui a vu le Brent progresser de 6,2% sur la semaine écoulée pour approcher 117 dollars, portée par la montée des tensions au Moyen-Orient. Un pétrole plus cher renchérit les coûts de production industriels et ravive les craintes sur l'inflation, deux éléments qui ne favorisent pas l'appétit pour un métal dont une partie de la valeur dépend de la demande manufacturière.
Le dollar, lui, ne bouge presque pas : le Dollar Index reste quasiment stable à 101,78 points et l'EUR/USD gagne 0,07% à 1,1229 dollar. Cette stabilité de la parité signifie que le repli de l'argent en euros reflète fidèlement son repli en dollars, sans effet de change qui viendrait amortir ou amplifier le mouvement pour un détenteur européen.
La Fed de mercredi, le vrai rendez-vous de la semaine
Les marchés attendent l'annonce de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine mercredi. L'institution devrait laisser ses taux directeurs inchangés dans la fourchette de 3,75% à 4,00%. Les déclarations du président de la Fed Kevin Warsh seront scrutées de près : depuis son retour à la tête de l'institution, il a plusieurs fois souligné que les pressions inflationnistes restaient élevées, sans pour autant donner d'indication claire sur la trajectoire des taux à venir.
Pour un métal qui ne verse aucun coupon, le niveau des taux réels reste la référence de comparaison. En zone euro, le taux directeur de la BCE s'établit à 2,65% et sa facilité de dépôt à 2,5% (données du 16 septembre 2026), pendant que l'OAT à 10 ans rapporte 4,44%. Tant que ces rendements restent positifs face à une inflation contenue, détenir de l'argent physique a un coût d'opportunité réel, ce qui explique en partie pourquoi le métal peine à rebondir malgré sa décote face à l'or.
Ce qui pourrait inverser la tendance cette semaine
Notre lecture du jour est que l'argent subit un double frein, celui des taux qui restent élevés et celui d'un pétrole qui renchérit sans pour autant doper immédiatement la demande industrielle. Cette lecture se heurte toutefois à une limite évidente : si la Fed de mercredi surprend par un ton plus accommodant, ou si Kevin Warsh évoque un assouplissement à venir, les taux réels anticipés baisseraient et l'argent, historiquement plus volatil que l'or, pourrait rebondir plus vite qu'il n'est tombé. À l'inverse, une poursuite de la hausse du pétrole sans apaisement géopolitique au Moyen-Orient entretiendrait les craintes inflationnistes et maintiendrait la pression sur un métal déjà fragilisé.
Sur trois mois, l'argent recule de 3,9% quand l'or progresse de 1,3%, un écart qui montre que ce découplage ne date pas de cette semaine. Il s'est installé progressivement, et rien dans les données disponibles ce lundi ne permet d'affirmer qu'il se referme dans l'immédiat.
Sources : BDOR
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