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Le pétrole bondit de 3,93% lundi, les tensions entre Washington et Téhéran relancent le baril

Le pétrole WTI regagne 3,93% ce lundi à 100,97 dollars, effaçant le repli du week-end, sous l'effet des tensions entre Washington, Téhéran et les Houthis.

Temps de lecture : 5 minutes

Le pétrole bondit de 3,93% lundi, les tensions entre Washington et Téhéran relancent le baril

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En bref

  • Le baril de WTI gagne 3,93% ce lundi, à 100,97 dollars

  • Ce rebond efface une bonne partie du repli observé en fin de semaine dernière

  • Un responsable américain évoque un possible changement de posture face à l'Iran

  • Les Houthis réaffirment leurs menaces contre un aéroport saoudien

  • Le Dollar Index reste quasi stable malgré le choc pétrolier

  • La hausse du brut ravive les craintes d'inflation importée dans la zone euro

Un baril qui change d'humeur en quelques heures

Le marché pétrolier a terminé la semaine dernière sur un repli, porté par des propos de Donald Trump écartant une action militaire immédiate contre l'Iran. Ce relâchement de la tension a suffi vendredi à faire reculer le WTI depuis un plus haut de cinq mois. Mais le scénario s'inverse dès ce lundi 26 octobre : le baril américain gagne 3,93% sur 24 heures selon nos relevés, à 100,97 dollars, effaçant une bonne partie du repli du week-end.

Ce retournement rapide illustre la fragilité du calme affiché en fin de semaine dernière. Un responsable américain non identifié a laissé entendre à une chaîne israélienne que Washington se préparait à changer de posture face à Téhéran, les frappes militaires devenant selon lui une question de moment plus que de principe. Dans le même temps, les Houthis au Yémen ont réaffirmé leur intention de poursuivre leurs attaques contre l'aéroport King Khalid de Riyad. Ce double signal suffit à faire remonter la prime géopolitique que les traders venaient tout juste de détendre.

A lire aussi : Comment ce rebond du baril pourrait peser sur l'inflation et les taux réels dans les prochaines semaines

La chaîne qui relie le baril à l'or, maillon par maillon

Un baril qui bondit de près de 4% en une séance n'est jamais un événement isolé pour un détenteur de métaux. Premier maillon : le prix du brut renchérit directement les coûts de production et d'énergie des entreprises, du transport au raffinage. Deuxième maillon : cette hausse se répercute avec un décalage de quelques semaines sur les prix à la pompe et sur les coûts industriels, ce qui nourrit l'inflation importée dans les économies dépendantes des hydrocarbures, zone euro en tête.

Troisième maillon : si la hausse du WTI persiste au-delà d'une séance, les anticipations d'inflation des investisseurs obligataires se redressent, ce qui est déjà perceptible dans la tenue du Dollar Index, quasiment stable à 101,78 points ce lundi malgré le choc pétrolier. Quatrième maillon : une inflation anticipée plus haute complique la tâche des banques centrales, qui doivent arbitrer entre soutien à l'activité et contrôle des prix, sans pouvoir baisser leurs taux aussi vite qu'espéré. Cinquième maillon : ce maintien de taux nominaux plus élevés, combiné à une inflation qui grimpe, comprime les taux réels, c'est à dire le rendement obligataire une fois l'inflation déduite. Dernier maillon : plus les taux réels se compriment, plus l'or, qui ne verse aucun coupon, redevient compétitif face aux obligations. Ce lundi, le mouvement joue clairement dans ce sens, avec un décalage estimé à plusieurs semaines avant que l'inflation importée ne se matérialise pleinement dans les statistiques.

Ce que nos relevés disent de ce lundi

Nos cours relevés ce matin à 10h43 montrent un or à 115,17 euros le gramme, en hausse de 0,4% depuis la clôture de la veille et de 0,5% depuis l'ouverture de la séance. L'amplitude de la journée reste contenue, à 1,0% entre le plus bas de 114,085 euros et le plus haut de 115,191 euros. Ce mouvement, modeste en apparence, prend son sens quand on le met en face du bond du pétrole : l'or avance sans à-coup alors même que le baril, lui, connaît une variation bien plus brutale. C'est le signe que le marché de l'or n'a pas encore totalement intégré le choc pétrolier du jour, ce qui laisse supposer un effet de rattrapage possible dans les prochaines séances si la tension au Moyen-Orient persiste.

Pourquoi cette lecture pourrait se retourner

Le lien entre pétrole et or reste indirect, et il se dément souvent à court terme. Plusieurs scénarios peuvent invalider la chaîne décrite plus haut. D'abord, si la hausse du WTI venait à retomber aussi vite qu'elle est apparue, un simple accès de volatilité géopolitique sans suite concrète, l'effet sur l'inflation importée resterait nul et l'or n'aurait aucune raison de prolonger son mouvement. Ensuite, un choc d'offre purement géopolitique, comme une frappe ponctuelle sans extension du conflit, peut faire grimper le baril sans que les anticipations d'inflation à moyen terme ne bougent réellement, les marchés obligataires traitant alors l'épisode comme transitoire.

Un dollar qui se renforcerait fortement casserait également la mécanique : l'EUR/USD, à 1,1229 dollar ce lundi avec une variation quasi nulle sur 24 heures, ne montre pour l'instant aucun signe de tension sur le billet vert qui pourrait peser sur l'or libellé en dollars. Enfin, si les banques centrales choisissaient d'ignorer cette poussée d'inflation importée, la jugeant transitoire, les taux réels ne bougeraient pas et l'argument central en faveur de l'or perdrait sa force. La situation de ce lundi reste donc une tendance à surveiller sur plusieurs séances, pas une certitude acquise.

L'argent, un baromètre plus sensible au cycle

L'argent mérite un regard distinct dans ce contexte énergétique. Sa demande industrielle, notamment dans l'électronique et les technologies de transition énergétique, le rend plus directement exposé aux variations du cycle économique que l'or, davantage perçu comme une réserve de valeur. Un baril qui grimpe signale souvent des tensions d'approvisionnement ou une activité économique encore robuste malgré les risques géopolitiques, ce qui peut soutenir l'argent par la demande industrielle autant que par son statut de valeur refuge. Nos relevés situent l'argent à 1,550 euro le gramme ce lundi, un niveau qui, pour l'instant, ne traduit pas d'emballement particulier lié au sursaut du pétrole, mais que nous continuerons de suivre si la tension sur le brut se confirme dans les prochains jours.

Sources : BDOR

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