L'euro bloqué sous 1,1270 avant les décisions de la Fed et de la BCE cette semaine
L'euro se négocie à 1,1229 dollar, toujours sous sa moyenne à 100 jours, dans l'attente des annonces de la Fed mercredi et de la BCE jeudi.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'EUR/USD s'échange à 1,1229 dollar, en légère hausse de 0,07% sur 24 heures
La paire reste sous sa moyenne mobile à 100 jours, autour de 1,1450
La résistance de 1,1270, établie le 16 octobre, continue de limiter la progression de l'euro
Un support est identifié à 1,1185 depuis la séance du 23 octobre
Le recul des rendements obligataires américains soutient légèrement l'euro
La Fed se réunit mercredi et la BCE jeudi, sans changement de taux attendu de part et d'autre
Une parité qui respire sous la moyenne à 100 jours
L'EUR/USD se négocie à 1,1229 dollar ce lundi matin, en hausse de 0,07% sur 24 heures, pendant que l'indice dollar reste quasi immobile à 101,78 points. La paire demeure sous sa moyenne mobile à 100 jours, vers 1,1450, et sous la résistance de 1,1270 établie le 16 octobre dernier. Tant que ce plafond tient, le biais reste baissier pour l'euro, avec un support identifié à 1,1185 depuis le 23 octobre.
Le repli des rendements obligataires américains explique une partie du sursaut de l'euro. Le rendement du Trésor à 10 ans est retombé vers 4,97% et celui à 30 ans vers 5,299%, proches de leurs plus bas d'un mois vendredi. Un rendement américain en recul rend le dollar un peu moins attractif, ce qui soutient l'euro sans inverser la tendance de fond observée depuis plusieurs semaines.
La semaine s'annonce décisive avec deux rendez-vous de banques centrales rapprochés. La Fed se réunit mercredi, et les marchés attribuent une probabilité de 90,6% à un statu quo, avec 79,4% de chances qu'un nouveau geste intervienne en décembre. La BCE suit jeudi, sans changement attendu sur son taux de dépôt à 2,5% ni sur son taux directeur à 2,65% [16 septembre 2026], Christine Lagarde ayant évoqué fin septembre une réponse monétaire mesurée face à l'inflation.
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Un dollar presque stable, un or qui grimpe quand même en euros
L'or se cote en dollars sur les marchés mondiaux. Quand le billet vert s'apprécie, chaque once coûte mécaniquement plus cher pour un acheteur réglant en euros, et l'inverse se produit quand le dollar recule. Ce lundi, l'indice dollar reste quasi immobile à 101,78 points pendant que l'euro gagne 0,07%: la mécanique devrait donc jouer, à la marge, en faveur d'un or légèrement moins coûteux pour un acheteur européen.
Nos relevés racontent pourtant une autre histoire. L'once s'échangeait à 3582,34 euros et le gramme à 115,17 euros, en hausse de 0,4% depuis la clôture de la veille et de 0,5% depuis l'ouverture, sur une amplitude journalière d'un point. Une variation de 0,07% sur l'EUR/USD ne peut expliquer seule une telle progression. Le prix de l'or en dollars a donc lui-même avancé, davantage que l'euro ne s'est renforcé, et cette hausse en devise américaine domine le calcul final payé par un épargnant français.
Pour un acheteur réglant en euros, le taux de change n'est qu'une des deux variables de l'équation, l'autre étant le prix de l'or coté en dollars sur les marchés de gros. Une parité stable n'empêche jamais le métal de bouger si les anticipations sur les taux américains ou la demande de valeur refuge évoluent de leur côté.
La corrélation dollar-or n'a rien d'automatique cette semaine
L'idée reçue voudrait qu'un dollar faible pousse systématiquement l'or vers le haut, et inversement. Cette lecture craque dès qu'un mouvement de recherche de qualité profite aux deux actifs à la fois. Un choc géopolitique, une inquiétude budgétaire ou un doute sur les taux réels américains peuvent faire grimper simultanément le dollar et l'or, perçus comme des refuges par des investisseurs différents.
Les tensions politiques en France et la dégradation des comptes publics, citées comme facteur de fragilité pour l'euro cette semaine, illustrent la limite de cette grille de lecture. Le rendement de l'OAT à 10 ans se situe à 4,44%, traduisant une prime de risque française toujours présente. Si cette inquiétude s'aggrave, elle pourrait peser sur l'euro tout en alimentant une demande de valeur refuge pour l'or chez les épargnants de la zone euro, un scénario où monnaie et métal ne bougeraient pas en sens inverse.
La lecture mécanique du jour serait donc fausse si la Fed surprenait mercredi, ou si la BCE livrait un ton plus ferme que prévu jeudi. Un double mouvement de ce type rebattrait les niveaux de 1,1270 et 1,1450 en quelques heures, et avec eux la trajectoire de l'or en euros, indépendamment du dollar seul.
Ce qu'il faut surveiller d'ici jeudi
Deux niveaux techniques encadrent la semaine pour l'EUR/USD : 1,1270 côté résistance, testée le 16 octobre, et 1,1185 côté support, touché le 23 octobre. Un franchissement net de 1,1270 ouvrirait la voie vers la moyenne mobile à 100 jours, autour de 1,1450, un seuil qui marquerait un vrai changement de ton après des semaines de biais vendeur. À l'inverse, un passage sous 1,1185 confirmerait la tendance de fond et relancerait l'hypothèse d'un dollar durablement plus robuste.
Les décisions de mercredi et jeudi concentreront l'attention des marchés des changes. Un maintien des taux conforme aux 90,6% de probabilité anticipée ne devrait pas bouleverser la donne, mais tout commentaire de la Fed sur la trajectoire de décembre, ou toute inflexion du ton de Christine Lagarde jeudi, peut réveiller la volatilité sur l'EUR/USD et, par ricochet, sur le prix de l'or converti en euros pour l'épargnant français. Rien n'est figé avant ces deux échéances.
Sources : BDOR
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