Le cours de l’or recule sous les 4 700 dollars : la Fed et les tensions au Moyen-Orient en cause
Le cours de l’or recule sous les 4700 dollars alors que la Fed, le Moyen-Orient et la dette américaine dictent la tendance du marché.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- Le cours de l'or trébuche sous les 4 700 dollars
- Moyen-Orient, l'étau se resserre autour de l'Iran
- La dette fédérale franchit les 40 000 milliards, le debasement trade reprend vie
- PCE et Jackson Hole, deux rendez-vous qui feront trancher le marché
- Analyse technique, l'or reste sous la protection de ses moyennes mobiles
- L'or physique, un refuge concret face à l'incertitude monétaire
En bref
Le cours de l'or recule sous les 4700 dollars après avoir touché un plus haut depuis le 14 mai
Les traders évaluent à environ 75 % la probabilité d'un mouvement de la Fed sur ses taux d'ici fin d'année
Les tensions autour de l'Iran et du détroit d'Ormuz soutiennent le dollar au détriment de l'or
La dette publique américaine dépasse les 40000 milliards de dollars, ravivant le debasement trade
Rendez-vous cette semaine : indice PCE mercredi et discours de Kevin Warsh à Jackson Hole vendredi
Support technique clé autour de 4500 dollars, résistance immédiate vers 4680 dollars
Le cours de l'or trébuche sous les 4 700 dollars
Le cours de l'or a buté mardi contre la barre des 4 700 dollars l'once, effaçant une partie de sa progression amorcée durant la séance asiatique, où le métal avait atteint son plus haut niveau depuis le 14 mai, selon les cotations de marché consultées le 19 août 2025. Ce repli survient alors que le dollar américain poursuit sa remontée depuis son plancher de trois mois, une dynamique qui pèse mécaniquement sur les valorisations libellées en billets verts.
Les chiffres d'inflation de juillet, publiés plus modérés qu'attendu, n'ont pourtant pas suffi à écarter les anticipations de resserrement monétaire. Les opérateurs continuent d'évaluer à environ 75 % la probabilité que la Réserve fédérale relève ses taux directeurs d'ici la fin de l'année, selon l'outil CME FedWatch consulté le 19 août 2025, les risques inflationnistes liés à la volatilité du pétrole brut restant une préoccupation persistante pour les investisseurs.
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Moyen-Orient, l'étau se resserre autour de l'Iran
Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a annoncé lundi le lancement d'une campagne visant à isoler l'Iran de l'économie mondiale, selon des propos rapportés par la presse financière. Il a averti que tout pays entretenant des relations commerciales avec Téhéran s'exposerait désormais à des sanctions américaines directes, dans un contexte de crispation croissante autour du détroit d'Ormuz.
Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, a de son côté prévenu que la République islamique suspendrait l'ensemble de ses exportations pétrolières transitant par le détroit d'Ormuz et le Golfe persique si la guerre économique se poursuivait. Cette escalade verbale maintient une prime de risque géopolitique élevée et continue paradoxalement de soutenir le dollar refuge, au détriment de l'or.
Selon notre expert : Entre une Fed suspendue à ses taux et un Moyen-Orient sous haute tension, le marché de l'or s'apprête-t-il à vivre son mois le plus explosif
La dette fédérale franchit les 40 000 milliards, le debasement trade reprend vie
Le repli initial des rendements obligataires américains, consécutif à l'annonce d'un programme élargi de rachats de dette par le Trésor, a été de courte durée. Les investisseurs restent préoccupés par l'ampleur de la dette publique américaine, qui a franchi le seuil des 40 000 milliards de dollars, selon les données du Bureau of the Fiscal Service consultées le 19 août 2025. Ce constat ravive ce que les marchés appellent le debasement trade, une stratégie consistant à se réfugier dans l'or comme réserve de valeur alternative face à la dépréciation supposée des monnaies fiduciaires.
Le Trésor a précisé mercredi, dans un communiqué diffusé à 12h32 GMT, qu'il doublerait au minimum la taille de ses opérations de rachat de liquidité sur les segments obligataires de 10 à 20 ans et de 20 à 30 ans, portant le montant maximal de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération, du 9 septembre au 4 novembre. Une mesure censée apaiser les tensions sur les taux longs, mais qui nourrit en creux les doutes sur la soutenabilité budgétaire à long terme.
PCE et Jackson Hole, deux rendez-vous qui feront trancher le marché
L'attention des cambistes devrait rester braquée sur la publication de l'indice des prix des dépenses de consommation personnelles (PCE) américain, attendue mercredi. Ce baromètre reste la mesure d'inflation privilégiée par la Réserve fédérale pour calibrer sa trajectoire de taux. S'y ajoute, vendredi, le discours très attendu du président de la Fed Kevin Warsh lors du symposium annuel de Jackson Hole, dont les moindres inflexions seront disséquées pour deviner la suite de la politique monétaire.
Les anticipations penchent désormais vers un statu quo lors de la réunion du Federal Open Market Committee prévue les 15 et 16 septembre. Mieux vaut se garder de parier trop franchement sur un dollar durablement haussier tant que ces deux échéances n'auront pas livré leur verdict. Un excès de prudence, certes, mais justifié tant les marchés naviguent à vue depuis plusieurs semaines.
Analyse technique, l'or reste sous la protection de ses moyennes mobiles
La récente cassure du seuil psychologique des 4 500 dollars, zone de confluence regroupant la moyenne mobile simple à 200 jours et le retracement de Fibonacci à 38,2 % du repli de mars-juin, plaide en faveur d'un scénario haussier. L'indicateur MACD demeure positif au-dessus de sa ligne zéro, signe que la pression acheteuse domine encore, même si les configurations techniques paraissent tendues.
Le RSI, lui, évolue en zone de surachat autour de 71, ce qui explique l'incapacité du métal à prolonger ses gains intrajournaliers au-delà du seuil de retracement à 50 %. Un support initial se dessine vers 4 500 dollars, un repli plus marqué exposerait le retracement à 23,6 % autour de 4 294 dollars. À la hausse, les résistances s'échelonnent à 4 680,86 dollars, 4 853,70 dollars puis 5 099,77 dollars, avant le sommet précédent situé vers 5 413,22 dollars.
L'or physique, un refuge concret face à l'incertitude monétaire
Au-delà des variations quotidiennes du cours, nombre d'épargnants cherchent à se protéger contre l'érosion monétaire en diversifiant une partie de leur patrimoine hors du système bancaire traditionnel. Les métaux précieux, à travers les lingots d'or et d'argent ou les pièces d'or, demeurent des supports tangibles, appréciés pour leur capacité à traverser les cycles économiques sans dépendre d'un tiers de confiance. Cette logique de débancarisation séduit particulièrement dans un climat où la dette publique américaine et les tensions géopolitiques nourrissent les doutes sur la stabilité des monnaies fiduciaires.
Sources : BDOR - CME FedWatch Tool - U.S. Department of the Treasury - Bureau of the Fiscal Service
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