Le cours du pétrole WTI : la flambée à 87,50 dollars sous tensions Iran-États-Unis persistantes
Le WTI grimpe à 87,50 dollars, plus haut depuis le 11 juin, sous l'escalade Iran-États-Unis. Analyse technique et enjeux du marché pétrolier mondial.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- Le pétrole WTI grimpe à 87,50 dollars, un sommet inédit depuis six semaines
- Les gardiens de la révolution et les houthis intensifient la pression sur le trafic maritime
- Analyse technique : un rebond encore contenu sous la moyenne mobile à 100 jours
- L'ensemble du complexe énergétique profite de la tension géopolitique
En bref
Le WTI atteint 87,50 dollars, son plus haut niveau depuis le 11 juin 2025
Douzième nuit consécutive de frappes sur l'Iran, tensions autour du détroit d'Ormuz
Les Houthis revendiquent une attaque contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge
Résistance technique clé entre 88,10 et 88,15 dollars, objectif psychologique à 90 dollars
Support majeur identifié vers 75,55 dollars puis 63 dollars en cas de repli marqué
Rabobank souligne une hausse généralisée sur l'ensemble du complexe énergétique
Le pétrole WTI grimpe à 87,50 dollars, un sommet inédit depuis six semaines
Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine du brut, évoluait autour de 87,50 dollars ce jeudi durant les premières heures de la séance européenne. Ce niveau représente le plus haut atteint depuis le 11 juin 2025. La hausse s'explique par l'intensification des frappes militaires en Iran, désormais entrées dans leur douzième nuit consécutive, combinée à des perturbations touchant deux routes d'approvisionnement stratégiques pour le brut mondial.
Le président américain Donald Trump a menacé de détruire un pont ou une centrale électrique iranienne à chaque tir visant un navire dans le détroit d'Ormuz. Cette déclaration ravive les craintes autour de ce passage maritime par lequel transite une part considérable du pétrole mondial. Les marchés intègrent désormais une prime de risque géopolitique substantielle dans le prix du baril, difficile à quantifier mais bien réelle sur les graphiques récents.
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Les gardiens de la révolution et les houthis intensifient la pression sur le trafic maritime
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a affirmé jeudi qu'aucun pétrolier n'entrerait ni ne sortirait du détroit sans coordination préalable avec Téhéran. Cette déclaration officielle renforce l'incertitude pesant sur les flux d'exportation transitant par cette voie névralgique. Parallèlement, les Houthis, groupe soutenu par l'Iran et basé au Yémen, ont revendiqué une attaque contre deux pétroliers saoudiens, identifiés comme l'ENCELA et le LAYLIA, alors qu'ils traversaient la mer Rouge.
Les analystes du cabinet Gelber & Associates estiment que cette hausse des prix ne provient pas nécessairement d'une baisse de la production pétrolière, mais plutôt d'une anticipation de volatilité prolongée sur l'ensemble de la semaine, en particulier si les exportations saoudiennes vers l'Asie ou le trafic en mer Rouge subissent de nouvelles perturbations. Cette lecture illustre combien la prime géopolitique pèse désormais lourdement sur les fondamentaux physiques de l'offre et de la demande.
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Analyse technique : un rebond encore contenu sous la moyenne mobile à 100 jours
Sur le graphique journalier, le biais à court terme du WTI reste orienté à la baisse tant que le prix évolue sous la moyenne mobile simple à 100 jours (SMA), qui plafonne le rebond récent. La bande supérieure de Bollinger ajoute une résistance supplémentaire, tandis que la bande médiane, nettement inférieure aux niveaux actuels, souligne l'ampleur de la dernière remontée. L'indice de force relative (RSI) à 14 périodes, proche de 67,5 points, s'approche de la zone de surachat, signe d'une dynamique haussière solide mais de plus en plus étirée.
À la hausse, la zone de résistance clé se situe entre la bande supérieure de Bollinger à 88,10 dollars et la SMA à 100 jours à 88,15 dollars. Une clôture journalière au-dessus de cette zone ouvrirait la voie vers le seuil psychologique des 90 dollars. À la baisse, le premier support se trouve près de la bande médiane de Bollinger, autour de 75,55 dollars, avant un plancher technique plus profond vers 63 dollars, niveau où les acheteurs opportunistes devraient réapparaître en cas de repli marqué.
L'ensemble du complexe énergétique profite de la tension géopolitique
Les stratèges énergie de Rabobank observent une intensification des risques géopolitiques, entre l'escalade américano-iranienne consécutive à l'effondrement de l'accord de paix intérimaire et l'intensification des frappes entre l'Ukraine et la Russie. Selon leur dernière note de marché, cette accumulation de facteurs de tension alimente une hausse généralisée sur l'ensemble du complexe énergétique, du pétrole brut au gaz naturel en passant par les produits raffinés, les investisseurs cherchant à se prémunir contre le risque d'une perturbation durable des flux d'approvisionnement mondiaux.
Dans ce contexte, les prochains jours seront déterminants pour évaluer si l'escalade militaire se traduit par des perturbations physiques concrètes de l'offre, ou si la prime de risque intégrée dans les prix finira par se résorber en l'absence de nouvelles frappes majeures contre les infrastructures pétrolières ou le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Sources : BDOR - Gelber & Associates - Rabobank - Energy Information Administration (EIA)
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