Wall Street : la Fed prête à relever ses taux pendant que le pétrole s'embrase au Moyen-Orient
Hausse des taux imminente, pétrole tendu au Moyen-Orient, rendements obligataires au plus haut : Wall Street navigue entre Fed et géopolitique.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
Wall Street progresse en avant-bourse avant l'annonce monétaire de la Réserve fédérale attendue à 20 heures
L'outil CME FedWatch attribue une probabilité de 92,5% à une hausse d'un quart de point des taux directeurs
Le rendement des bons du Trésor à 10 ans atteint son plus haut niveau depuis 2007, proche de 5%
Le baril de WTI recule légèrement après une flambée de 6% en une semaine liée aux tensions au Moyen-Orient
Dario Amodei, dirigeant d'Anthropic, appelle à ralentir le développement des modèles d'intelligence artificielle les plus avancés
Intel, SK Hynix et OpenAI animent l'actualité des entreprises technologiques cette semaine
La fed face à l'épreuve des taux
Wall Street reprend quelques couleurs ce mercredi avant l'ouverture, le Nasdaq 100 progressant de 0,4%, le S&P 500 de 0,2% et le Dow Jones de 0,1%, dans l'attente du verdict monétaire de la Réserve fédérale attendu à 20 heures. Le relèvement d'un quart de point des taux directeurs ne fait quasiment plus débat parmi les opérateurs : l'outil CME FedWatch attribue à ce scénario une probabilité de 92,5%, et près d'un investisseur sur deux parie même sur deux tours de vis supplémentaires avant la fin de l'année, ce qui marquerait la première hausse depuis juillet 2023.
Le marché obligataire raconte une histoire plus nerveuse encore. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans évolue à son plus haut niveau depuis 2007, frôlant les 5%, tandis que le « 30 ans » culmine à 5,38%, un sommet inédit depuis dix-neuf ans. La conférence de presse du président de la Fed, Kevin Warsh, prévue à 20h30, sera scrutée de près : le moindre écart de ton par rapport aux attentes du marché pourrait pousser les investisseurs à exiger des primes de risque encore plus élevées. Ce mercredi soir, la décision compte moins que la musique qui l'accompagne.
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Le pétrole s'embrase au moyen-orient
Les cours du brut soufflent un peu ce mercredi après une flambée spectaculaire. Le baril de WTI recule de 0,9% à 104,8 dollars, le Brent cède 0,3% à 108,4 dollars, après avoir grimpé d'environ 6% en une semaine, selon des données de marché rapportées par Reuters. Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont multiplié les attaques contre l'Arabie saoudite, contraignant le royaume à fermer un oléoduc stratégique reliant l'est à l'ouest du pays, utilisé jusque-là comme voie de contournement du détroit d'Ormuz. Ryad a également suspendu les chargements depuis son port de Yanbu, tout en proposant des volumes de substitution aux raffineurs asiatiques via des transferts navire à navire au large du port omanais de Sohar.
Les Houthis ont renforcé leur emprise sur plusieurs zones de l'ouest du Yémen, ce qui leur confère un levier tangible sur le détroit de Bab-el-Mandeb, verrou incontournable du transport pétrolier entre le Golfe et les marchés mondiaux. La Russie et l'Ukraine continuent d'échanger des frappes sur leurs infrastructures énergétiques respectives, alors que Donald Trump avait pourtant évoqué un accord sur l'arrêt des hostilités. La prime géopolitique intégrée dans le baril paraît appelée à durer, faute de perspective crédible de désescalade rapide.
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L'intelligence artificielle et les puces électroniques agitent la cote
Une tribune publiée samedi par Dario Amodei, dirigeant d'Anthropic, appelle les entreprises d'IA à ralentir le rythme de développement de leurs modèles les plus avancés, invoquant le risque d'usages malveillants après la révélation par son laboratoire de détournements liés à la fraude et au développement d'armement. Sam Altman, patron d'OpenAI, et Elon Musk, à la tête de xAI, ont accueilli ces propos favorablement. Mark Zuckerberg défend une ligne différente : plutôt que de freiner, Meta plaide pour des évaluateurs de sécurité indépendants et a retardé le lancement de son modèle Muse pour affiner ses garde-fous, tandis que Jensen Huang, fondateur de Nvidia, balaie les inquiétudes d'un revers de main.
Le titre Intel, chahuté depuis plusieurs semaines par les doutes sur la rentabilité des investissements en IA, reprend des couleurs en avant-bourse, tout comme celui de SK Hynix. D'après trois sources citées par Reuters, les deux groupes discuteraient d'un accord permettant au sud-coréen de fabriquer des puces mémoire sur le sol américain, via la location d'une usine dans l'Ohio ou une coentreprise avec de grands acteurs du cloud. OpenAI alimente également la conversation : le Financial Times évoque une levée de fonds susceptible de valoriser la société près de 1 200 milliards de dollars, contre 852 milliards en mars, portée par un chiffre d'affaires annualisé qui aurait franchi 40 milliards de dollars en août grâce au lancement de GPT-5.6.
Face à l'incertitude, la tentation des valeurs refuges
Entre une Fed sur le point de resserrer sa politique monétaire, un baril sous tension géopolitique et une industrie de l'intelligence artificielle qui doute publiquement de sa propre trajectoire, les arguments en faveur de la diversification patrimoniale ne manquent pas. Les métaux précieux conservent leur statut d'actif tangible, insensible aux décisions d'un comité monétaire ou aux annonces d'un dirigeant de laboratoire d'IA. Détenir des lingots d'or, des lingots d'argent ou des pièces d'or physiques permet à un épargnant de sortir, au moins partiellement, du circuit bancaire classique et de replacer une part de son capital hors de portée des soubresauts financiers.
Cette logique de débancarisation ne relève pas d'un rejet du système, mais d'une volonté de répartir les risques face à une dette publique élevée, des taux directeurs mouvants et des tensions géopolitiques qui ne montrent aucun signe d'apaisement durable. Un patrimoine réparti entre actifs financiers et actifs physiques reste, pour beaucoup d'épargnants prudents, une manière concrète de protéger le pouvoir d'achat de leur épargne sur le long terme.
Sources : BDOR - Reuters - Financial Times - CME Group
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