Le cours du pétrole WTI résiste à 93,78 dollars malgré les tensions au Moyen-Orient
Le baril de WTI s'échange à 93,78 dollars ce mardi, en léger repli, alors que les négociations entre Washington et Téhéran restent bloquées.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
Le baril de WTI s'établit à 93,78 dollars ce mardi 29 septembre 2026, en repli de 0,88 % sur 24 heures
Le prix reste coincé dans une fourchette technique, entre un support à 91,15 dollars et une résistance non franchie
Donald Trump a rejeté une proposition iranienne de cessez-le-feu, entretenant une prime de risque géopolitique
L'Arabie saoudite a repris ses exportations via le pipeline Est-Ouest, ce qui allège les craintes sur l'offre
Un dollar ferme, avec un indice à 101,26 points, pèse sur le baril libellé dans cette devise
Le WTI reprend de la hauteur près de 93,78 dollars
Le baril de WTI s'échange à 93,78 dollars ce mardi 29 septembre 2026, en repli de 0,88 % sur 24 heures. Le brut reste confiné dans une fourchette qui dure depuis plusieurs séances, au-dessus de sa moyenne mobile à 200 périodes, un support qui a jusqu'ici absorbé chaque tentative de repli, avec un seuil identifié vers 91,15 dollars puis 89,69 dollars en cas de cassure plus franche.
Donald Trump a rejeté une proposition iranienne visant à mettre fin au conflit militaire et à rouvrir le détroit d'Ormuz, tout en confirmant des échanges entre négociateurs américains et iraniens lundi, avec une reprise des discussions attendue cette semaine. Cette incertitude entretient une prime de risque qui empêche le baril de décrocher franchement, sans le propulser vers ses plus hauts de cycle autour de 102,04 dollars.
L'Arabie saoudite a repris ses exportations via le pipeline Est-Ouest, endommagé par des frappes de drones houthis, ce qui allège les craintes sur l'offre physique. Un dollar ferme, avec un Dollar Index à 101,26 points ce mardi, ajoute une pression supplémentaire : chaque appréciation du billet vert renchérit le pétrole pour les acheteurs hors zone dollar et freine la demande.
A lire aussi : Comment la résilience du baril de WTI influence les marchés de l'or et de l'argent
La chaîne qui relie le baril à l'once d'or
Le lien entre pétrole et or ne tient jamais d'un mécanisme automatique : il se construit maillon par maillon, avec des décalages dans le temps. Un baril au-dessus de 90 dollars pèse d'abord sur les coûts de production et d'énergie des entreprises. Ce renchérissement se diffuse ensuite dans les prix à la consommation via l'inflation importée, un phénomène qui prend généralement plusieurs semaines à plusieurs mois avant d'apparaître clairement dans les indices officiels.
Cette inflation importée nourrit les anticipations : les marchés obligataires et les ménages révisent leurs attentes de hausse des prix futurs. Les banques centrales doivent alors arbitrer entre soutenir la croissance et contenir les tensions sur les prix, un dilemme qui influence directement le niveau des taux réels. Or c'est ce taux réel qui détermine l'attrait de l'or : plus il baisse ou reste négatif, moins le coût d'opportunité de détenir un actif sans coupon ni dividende pèse dans la décision d'un épargnant.
Ce mardi, la chaîne joue plutôt en faveur de l'or : un baril résilient malgré son repli journalier, une prime géopolitique qui persiste, et un dollar qui ne suffit pas à effacer l'inquiétude inflationniste sous-jacente. Le décalage temporel reste toutefois réel : les effets sur les indices de prix officiels ne se matérialiseront pas avant plusieurs semaines, ce qui invite à lire ce mouvement comme une anticipation plutôt qu'une confirmation.
L'argent, un miroir plus nerveux du cycle industriel
L'argent réagit rarement de la même manière que l'or face aux mouvements du pétrole. Sa demande industrielle, plus importante en proportion que celle de l'or, le rend sensible au cycle économique : un baril qui grimpe par activité soutenue peut tirer l'argent vers le haut, mais un baril qui grimpe par peur géopolitique n'a pas le même effet.
Nos relevés du jour situent l'argent à 1,725 euro le gramme ce mardi matin. Ce niveau ne traduit pas, à lui seul, un emballement lié au pétrole : il confirme surtout que le métal suit une dynamique propre, moins corrélée à la prime géopolitique qui anime le WTI que ne l'est l'or dans son rôle de valeur refuge.
Ce qui pourrait invalider cette lecture
Le lien entre pétrole et or reste indirect et se démentit régulièrement à court terme. Un repli plus marqué du baril, motivé par la crainte d'un ralentissement économique global plutôt que par un excès d'offre, ferait baisser les anticipations d'inflation sans réduire l'attrait de l'or, qui bénéficie alors de son statut refuge plutôt que de la chaîne inflationniste décrite plus haut.
À l'inverse, un choc d'offre purement géopolitique pourrait faire grimper le baril si brutalement que les banques centrales n'auraient pas le temps de réagir, rendant la lecture actuelle prématurée. Un dollar qui continuerait de s'apprécier durablement, au-delà des 101,26 points relevés ce mardi, pèserait également sur l'or. Enfin, si les banques centrales jugeaient le choc temporaire et choisissaient de ne pas réagir, la transmission vers les taux réels et donc vers l'or serait tout simplement coupée.
Ce que disent nos relevés ce mardi matin
L'or coté à 117,21 euros le gramme, soit 3645,50 euros l'once, progresse de 0,7 % depuis la clôture de lundi selon nos relevés effectués à 8h40. Sur la semaine du 28 au 29 septembre 2026, le métal a ouvert à 116,36 euros et grimpe régulièrement jusqu'à ce plus haut, contre un repli de 0,6 % la semaine précédente. Ce redressement coïncide avec la persistance de la prime géopolitique sur le baril, sans que l'on puisse établir une causalité mécanique et immédiate entre les deux marchés sur un horizon aussi court.
Sources : BDOR
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