Marchés financiers : JOLTS et confiance des ménages, le test décisif pour l'or cet après-midi
JOLTS, confiance des ménages américains et climat des affaires en zone euro : ce que ces publications du jour changent pour l'or et l'argent.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 5 minutes

Sommaire
- Une matinée chargée, un après-midi qui tranchera
- JOLTS et confiance des ménages, le duo qui compte pour la Fed
- Climat des affaires en zone euro, un effet qui passe par l'euro
- Le pétrole et l'Iran, la variable qui peut renverser la lecture
- Ce que montrent nos relevés ce mardi matin
- Ce qu'il faut surveiller d'ici la clôture
En bref
Le JOLTS d'août et la confiance des ménages américains de septembre, publiés cet après-midi, orientent les anticipations de baisse de taux de la Fed et donc l'attrait de l'or
En zone euro, le climat des affaires et la confiance des consommateurs de septembre pèsent sur l'euro-dollar, ce qui influence directement le prix de l'or converti en euros
La flambée du pétrole liée aux tensions autour de l'Iran fait grimper les rendements souverains américains, un facteur qui devrait normalement freiner l'or mais qui ne l'a pas empêché de progresser ce mardi matin
L'or coté ce mardi à 117,21 euros le gramme, en hausse de 0,7 % depuis la clôture de lundi, mais toujours 3,1 % sous son niveau d'il y a deux semaines
L'argent recule davantage que l'or sur 24 heures, une divergence qui trahit sa sensibilité aux craintes de ralentissement industriel liées au pétrole cher
Une matinée chargée, un après-midi qui tranchera
Le CAC 40 démarre en hausse d'environ 0,4 % autour des 8 100 points, quand Wall Street prolonge sa baisse de la veille (Dow Jones -0,67 %, S&P 500 -0,77 %, Nasdaq -0,92 %). Le pétrole y est pour beaucoup : le rejet par la présidence américaine d'une proposition iranienne a relancé le WTI, autour de 94 dollars le baril, ravivant les craintes d'un regain d'inflation. Une quinzaine de publications macroéconomiques figurent à l'agenda du jour, mais toutes ne pèsent pas de la même façon sur l'or et l'argent.
Deux rendez-vous concentrent l'attention : le rapport JOLTS sur les ouvertures de postes en août et l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board pour septembre, publiés cet après-midi. En zone euro, l'indice du climat des affaires et la confiance finale des consommateurs de septembre jouent un rôle plus discret mais réel, via leur effet sur l'euro-dollar. Les indices immobiliers américains (FHFA, Case-Shiller) de juillet, eux, n'apportent aucune information nouvelle sur la politique monétaire à court terme.
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JOLTS et confiance des ménages, le duo qui compte pour la Fed
Le JOLTS mesure le nombre de postes vacants, un indicateur avancé du marché du travail surveillé par la Fed. Une baisse marquée renforcerait les anticipations de baisses de taux directeurs : moins de rendement réel offert par les obligations réduit le coût d'opportunité de détenir de l'or, ce qui tend à le soutenir. À l'inverse, un chiffre supérieur aux attentes rassurerait sur l'emploi, retarderait les baisses de taux et pèserait sur l'or via des rendements réels plus attractifs et un dollar plus ferme.
L'indice de confiance des consommateurs du Conference Board capte le moral des ménages et leurs anticipations d'inflation à court terme. Une dégradation nourrirait le même scénario qu'un JOLTS en baisse : ralentissement perçu, cycle de baisses de taux confirmé, or soutenu. Aucun consensus chiffré n'accompagne ces publications ce matin : c'est l'écart à la tendance de ralentissement observée depuis le printemps qui fera bouger l'or, pas un niveau absolu isolé.
Climat des affaires en zone euro, un effet qui passe par l'euro
L'indice du climat des affaires et la confiance finale des consommateurs de la zone euro n'agissent pas directement sur l'or en dollars : leur influence transite par l'euro-dollar, actuellement à 1,1365 dollar. Une dégradation du climat des affaires renforcerait l'idée que la BCE, dont le taux directeur reste à 2,65 % et la facilité de dépôt à 2,5 %, dispose de peu de marge pour resserrer davantage, ce qui pèserait sur l'euro. Un euro plus faible rend l'or mécaniquement plus cher en euros, même sans mouvement du cours en dollars.
L'indice préliminaire espagnol des prix à la consommation de septembre joue un rôle similaire à échelle réduite : un reflux de l'inflation espagnole renforcerait le scénario d'une BCE prudente, avec le même effet baissier sur l'euro et haussier sur l'or exprimé en euros.
Le pétrole et l'Iran, la variable qui peut renverser la lecture
La hausse du pétrole liée au blocage des négociations avec l'Iran alimente les craintes d'inflation, ce qui pousse les rendements souverains américains vers le haut (10 ans à 5,24 %, 30 ans à 5,55 %). En théorie, des rendements nominaux plus élevés renchérissent le coût d'opportunité de détenir de l'or et devraient peser sur son cours. Pourtant, l'or progresse ce mardi matin, preuve que la prime géopolitique et la demande de couverture contre l'inflation l'emportent, pour l'instant, sur l'effet mécanique des taux.
C'est là que la lecture du jour pourrait se retourner. Si les rendements souverains continuent de grimper sous le seul effet des craintes inflationnistes, sans aggravation de la tension géopolitique, l'or pourrait cesser de suivre le baril à la hausse et céder du terrain. Une escalade militaire renforcerait la demande de valeur refuge, tandis qu'une simple hausse des prix de l'énergie sans rupture du dialogue jouerait surtout en faveur des taux, donc contre l'or.
Ce que montrent nos relevés ce mardi matin
Nos cours relevés ce mardi 29 septembre à 8h40 situent l'or à 117,21 euros le gramme, soit 3 645,50 euros l'once, en hausse de 0,7 % depuis la clôture de lundi soir. La séance est passée de 116,337 à 117,206 euros sans jamais redescendre sous son point de départ, traduisant un mouvement de fond plutôt qu'un sursaut technique. Sur deux séances, la progression atteint aussi 0,7 %, mais ce rebond fait suite à une semaine précédente en retrait de 0,6 % et laisse le cours 3,1 % en dessous de son niveau d'il y a deux semaines. L'argent, à 1,725 euro le gramme (53,64 euros l'once), recule de près de 1 % sur 24 heures, une divergence qui rappelle sa double nature : sensible à la demande de refuge autant qu'aux craintes de ralentissement industriel qu'un pétrole cher tend à renforcer.
Ce qu'il faut surveiller d'ici la clôture
Le véritable test de la journée se joue cet après-midi avec la publication conjointe du JOLTS et de la confiance des consommateurs américains. Un chiffre confirmant le ralentissement du marché du travail renforcerait la thèse des baisses de taux et offrirait à l'or un appui supplémentaire, indépendamment du bruit pétrolier. Un chiffre solide obligerait au contraire le marché à revoir ses anticipations et pourrait effacer une partie du rebond observé depuis lundi. Les données européennes, moins déterminantes, restent à surveiller pour leur effet sur l'euro-dollar, qui conditionne le prix de l'or vu depuis la France.
Sources : BDOR
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