Sous Macron, la France a ajouté 1 255 milliards € à sa dette : l’addition est spectaculaire
Le déficit français dérape à 5,2% du PIB en 2026, les taux d'emprunt grimpent à 3,73%, un niveau inédit depuis 2011. Décryptage complet.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
Le déficit public français devrait atteindre 5,2% du PIB en 2026, contre 5% initialement annoncés par le gouvernement Lecornu, selon Bercy.
Les recettes fiscales progressent de 2,8% sur un an, largement dépassées par des dépenses publiques en hausse de 5,6%, selon l'Institut économique Molinari.
Le taux d'emprunt français à 10 ans grimpe à 3,73%, un niveau plus vu depuis 2011.
La dette publique a augmenté de plus de 1255 milliards d'euros depuis 2017, dépassant désormais 3500 milliards d'euros.
Le ratio dette sur PIB dépasse 117% à 118%, selon Eurostat, plaçant la France parmi les pays les plus fragiles de la zone euro.
La charge des intérêts de la dette est devenue le premier poste de dépense de l'État, devant la Défense.
Un déficit qui échappe à tout contrôle
Le gouvernement Lecornu visait un déficit public contenu à 5% du PIB pour 2026. Le ministère de l'Action et des Comptes publics a revu ce chiffre à la hausse, évoquant désormais 5,2% du PIB, une correction confirmée à l'automne 2025. Ce glissement ne provient pas d'un emballement des dépenses sociales, souvent pointé du doigt dans le débat public, mais d'un déséquilibre plus structurel entre recettes et dépenses.
Les recettes fiscales de l'État progressent de seulement 2,8% sur un an, un rythme largement dépassé par des dépenses publiques en hausse de 5,6% sur la même période, selon les chiffres rapportés par l'Institut économique Molinari. Cet écart, presque du simple au double, suffit à expliquer l'essentiel de la révision annoncée par Bercy. Chaque dixième de point supplémentaire représente plusieurs milliards d'euros de financement additionnel à trouver sur les marchés.
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Les marchés sanctionnent déjà la France
La réaction des marchés obligataires a été immédiate. Le taux d'emprunt français à 10 ans est remonté à 3,73%, un niveau que la France n'avait plus connu depuis 2011, année où la crise des dettes souveraines frappait la zone euro. Chaque émission nouvelle coûte désormais plus cher à l'État, un surcoût qui se répercute mécaniquement sur la charge de la dette à venir.
Selon Eurostat, le ratio dette publique sur PIB de la France dépasse aujourd'hui 117% à 118%, plaçant le pays parmi les moins performants de la zone euro en matière de désendettement post-crise. Cette dégradation nourrit la méfiance des investisseurs institutionnels, qui exigent une prime de risque plus élevée pour continuer à financer Paris. Certains économistes de marché n'excluraient plus une nouvelle dégradation de la notation souveraine, sans qu'aucune décision officielle n'ait encore été prise à ce sujet.
Selon notre expert : Les épargnants se ruent vers les valeurs refuges tandis que les taux français explosent
Une dette qui a explosé sous le quinquennat Macron
Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée en 2017, la dette publique française a progressé de plus de 1255 milliards d'euros, passant d'environ 2280 milliards à plus de 3500 milliards d'euros actuellement. Cette accélération s'explique par une succession de crises majeures qui ont chacune justifié des dépenses exceptionnelles.
Le « quoi qu'il en coûte » déployé pendant la pandémie de Covid-19 a immédiatement alourdi les comptes publics de près de 200 milliards d'euros. Le bouclier tarifaire mis en place face au choc énergétique a ensuite prolongé ces flux de dépenses élevés, sans que les recettes ne suivent le même rythme. Les baisses d'impôts successives, fiscalité sur la production ou suppression de la taxe d'habitation, n'ont jamais été compensées par des économies équivalentes ailleurs, entretenant le déficit bien après la fin des crises qui l'avaient initialement justifié.
La charge de la dette devient le premier poste budgétaire
Le remboursement des intérêts de la dette a franchi un seuil symbolique. Il constitue désormais le premier poste de dépense de l'État français, devançant des budgets régaliens comme celui de la Défense, une bascule qui illustre concrètement le poids de décennies d'emprunts accumulés.
Avec des taux remontés à 3,73%, chaque nouvelle émission obligataire alourdit mécaniquement cette charge, créant un effet boule de neige que plusieurs économistes qualifient d'auto-entretenu. Les arbitrages politiques à venir, qu'il s'agisse des retraites, de l'investissement public ou de la transition énergétique, se feront désormais sous cette contrainte financière renforcée.
Face à cette instabilité, les épargnants cherchent des refuges
Cette dégradation continue des finances publiques françaises nourrit chez de nombreux ménages une réflexion sur la protection de leur épargne face aux aléas budgétaires et monétaires. Les solutions d'investissement alternatif, à l'écart du système bancaire traditionnel, retrouvent un intérêt certain.
Les métaux précieux, à travers les lingots d'or, les lingots d'argent ou encore les pièces d'or, s'inscrivent dans cette logique de débancarisation partielle et de sécurisation patrimoniale. Détenir une partie de son épargne hors des circuits bancaires classiques permet à certains épargnants de diversifier leur exposition face aux tensions qui traversent les finances publiques françaises.
Sources : BDOR - Institut économique Molinari - Ministère de l'Action et des Comptes publics - Eurostat
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