États-Unis : 178 000 emplois créés en mars, le chômage recule à 4,3 % mais la population active au plus bas depuis 1977
Le BLS publie 178 000 créations d'emplois en mars aux États-Unis, bien au-dessus des attentes, mais la population active atteint son plus bas depuis 1977.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
178 000 emplois créés en mars aux États-Unis, bien au-dessus des 59 000 anticipés par le consensus MarketWatch
Le taux de chômage recule à 4,3 %, dans la fourchette du plein-emploi
Les chiffres de février révisés à 133 000 destructions, contre 92 000 annoncés initialement
La moyenne des créations pour février-mars avoisine 23 000 postes mensuels, selon l'économiste Lydia Boussour (EY-Parthenon)
Le taux d'activité tombe à 61,9 %, au plus bas depuis début 1977 hors pandémie
Un rebond inattendu sur le marché du travail
Le Bureau of Labor Statistics (BLS) a publié vendredi des données qui ont pris les marchés de court : les États-Unis ont créé 178 000 emplois nets en mars, quand le consensus MarketWatch n'en anticipait que 59 000. Le taux de chômage a reculé à 4,3 %, s'établissant pratiquement au même niveau qu'un an plus tôt, dans la zone de plein-emploi.
Ce chiffre contraste avec un mois de février particulièrement dégradé. Les données initiales, qui faisaient état de 92 000 destructions d'emplois, ont été révisées à la baisse par le BLS : ce sont finalement 133 000 postes qui ont disparu. La période avait été affectée par une grève dans le secteur de la santé, dont la résolution a gonflé mécaniquement les statistiques de mars. Des créations ont également été enregistrées dans la construction et la logistique.
L'effet Trump, entre communication et réalité
Donald Trump a réagi sans délai sur son réseau Truth Social, se félicitant d'une politique économique ayant engendré "un moteur d'une énorme puissance que rien ne pourra arrêter". Il a mis en avant les créations dans la construction, qu'il attribue à sa stratégie de relocalisation industrielle. Les chiffres racontent pourtant une autre histoire : la majorité des postes créés en mars provient de la santé et du tourisme, deux secteurs peu liés aux relocalisations.
Le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Kush Desai, a qualifié de "temporaires" les perturbations économiques liées à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran. Ce conflit pèse déjà sur les prix de l'énergie et les coûts de production. Selon les économistes, il risque de freiner la consommation et de réduire les marges des entreprises dans les prochains mois.
Une moyenne trompeuse sous la volatilité
Au-delà du rebond de mars, les économistes tempèrent l'enthousiasme. "Si on prend un peu de recul et qu'on regarde au-delà de la volatilité statistique, la moyenne des créations d'emplois pour février et mars tourne autour de 23 000 créations mensuelles", observe Lydia Boussour, économiste pour le cabinet EY-Parthenon. "C'est dans la veine de ce que nous avons eu précédemment : celle d'un marché du travail qui tient, mais qui est devenu plus fragile."
Ce ralentissement structurel se confirme par un comportement de plus en plus prudent des employeurs. Depuis près d'un an, le marché américain fonctionne en mode "no hire, no fire" : les entreprises n'embauchent guère, mais évitent aussi les licenciements massifs. Les droits de douane imposés par l'administration Trump et l'instabilité géopolitique ont durablement brouillé leurs horizons de planification.
La population active en recul, un risque à long terme
L'un des points les plus préoccupants du rapport concerne la population active. Entre février et mars, elle a reculé de près de 400 000 personnes. Le taux d'activité s'établit désormais à 61,9 %, "soit son plus bas niveau depuis début 1977, hors pandémie", selon Lydia Boussour.
Ce recul tient à deux phénomènes conjugués : le vieillissement de la population d'un côté, la politique migratoire restrictive de l'administration Trump de l'autre. Moins d'arrivées de travailleurs étrangers, davantage de départs. Pour l'instant, la faiblesse de la demande de main-d'œuvre limite les tensions sur le marché. Mais l'économiste parle d'un "équilibre fragile".
Alberto Musalem, président de la Réserve fédérale de St. Louis, a résumé la situation devant des journalistes : "La croissance démographique et l'augmentation de la population active constituent des facteurs importants pour la croissance économique. Si ces phénomènes ne se produisent pas, cela pourrait freiner la croissance."
Or physique et épargne de précaution face à l'instabilité économique
Alors que le marché du travail américain donne des signes de fragilité structurelle et que les tensions géopolitiques perturbent les équilibres économiques mondiaux, de nombreux épargnants se tournent vers des actifs tangibles pour protéger leur patrimoine. L'or physique, l'argent, les lingots et les pièces d'or répondent à cette logique de débancarisation : ils ne dépendent d'aucun émetteur, ne sont soumis ni aux politiques monétaires ni aux risques de contrepartie bancaire. Face à une Fed contrainte entre inflation persistante et ralentissement du marché du travail, détenir une part de son épargne en métaux physiques représente une stratégie de préservation du capital éprouvée sur le long terme.
Sources : BDOR / LeFigaro / Boursorama
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