EUR/USD : le dollar grimpe sous 1,1310 ce jeudi, les rendements américains portent la hausse
L'EUR/USD recule à 1,1306 dollar ce jeudi, pénalisé par l'envolée des rendements obligataires américains proches de 5,30%. Explications et perspectives.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'EUR/USD cote 1,1306 dollar ce jeudi 1er octobre 2026, en recul de 0,48% sur 24 heures
Le Dollar Index progresse de 0,62% à 101,83 points
Les rendements obligataires américains atteignent un plus haut proche de 5,30%, du jamais vu depuis vingt ans
Les investisseurs ignorent la modération de l'inflation PCE américaine, concentrés sur la robustesse de la croissance
L'inflation allemande préliminaire de septembre ressort plus forte qu'attendu sans soutenir l'euro
La parité évolue sous sa moyenne mobile exponentielle à 20 jours, les vendeurs restent maîtres du jeu
Le dollar reprend la main face à l'euro
L'EUR/USD cote 1,1306 dollar ce jeudi 1er octobre 2026, en recul de 0,48% sur 24 heures d'après nos relevés du matin. Le Dollar Index grimpe à 101,83 points, soit une progression de 0,62%. Ce mouvement s'explique par la hausse des rendements obligataires américains, qui ont atteint un plus haut proche de 5,30%, un niveau inédit depuis deux décennies. Les investisseurs ont ignoré la modération de l'inflation PCE américaine, préférant se concentrer sur la robustesse de la croissance, qui alimente les anticipations d'un relèvement des taux de la Réserve fédérale en octobre.
Côté européen, l'inflation allemande préliminaire de septembre est ressortie plus forte qu'attendu, sans soutenir la monnaie unique. La parité reste fragilisée techniquement, sous sa moyenne mobile exponentielle à 20 jours, signe que les vendeurs gardent l'initiative. Le marché attend la publication de l'indice des prix harmonisé de la zone euro pour septembre, prévue vendredi, qui pourrait redonner de l'air à l'euro ou confirmer la tendance baissière.
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Le mécanisme : pourquoi un dollar plus fort renchérit en théorie l'or en euros
L'or se cote internationalement en dollars. Mécaniquement, quand le billet vert s'apprécie face à l'euro, comme ce jeudi avec un repli de la parité à 1,1306 dollar, il faut davantage d'euros pour acheter la même once d'or. Un dollar plus cher devrait donc renchérir le métal converti en euros, toutes choses égales par ailleurs. Un dollar fort pèse aussi d'ordinaire sur la demande d'or hors zone dollar, le métal devenant plus coûteux pour les acheteurs en yuan, en roupie ou en real.
Sauf que nos relevés du jour racontent une autre histoire. L'or en euros s'affiche à 118,34 euros le gramme à 10h44, en hausse de 0,4% depuis la clôture de la veille et de 0,3% depuis l'ouverture de séance à 117,937 euros, alors même que le dollar progresse. Le métal a touché un plus haut de séance à 118,959 euros avant de reculer de 0,5% sur les trois dernières heures. Si la mécanique dollar/or jouait à plein aujourd'hui, le gramme en euros devrait reculer, pas progresser. C'est la preuve que la corrélation ne tient pas de façon automatique : la hausse des rendements américains nourrit à la fois l'appétit pour le dollar et une tension sur les actifs refuges qui peut soutenir l'or en dollars suffisamment pour compenser l'effet de change.
Ce que cela change concrètement pour un épargnant qui paie en euros
Une variation de 0,48% sur l'EUR/USD ne se traduit jamais au gramme près sur le prix payé en euros, car le cours de l'or en dollars bouge lui aussi, dans un sens qui peut renforcer ou absorber l'effet de change. Un épargnant qui suit uniquement la parité pourrait conclure, à tort, que l'or en euros a forcément reculé ce jeudi parce que le dollar est monté. Nos relevés montrent l'inverse : le gramme progresse de 0,3% depuis l'ouverture. Le cours en euros résulte de deux mouvements simultanés, celui du métal en dollars et celui de la parité, qui ne vont pas toujours dans le même sens.
Sur l'horizon de la semaine, l'or affiche une variation de -2,2% selon nos relevés portant sur la période du lundi 28 septembre au jeudi 1er octobre 2026 (semaine encore incomplète), après une semaine précédente déjà en repli de 0,6%. Ce recul hebdomadaire s'est accompagné d'un trajet de +1,7% depuis l'ouverture de lundi, à 116,36 euros, jusqu'au dernier cours relevé à 118,34 euros, preuve que la tendance de fond et le sens de la semaine calendaire peuvent diverger.
Ce qui pourrait invalider cette lecture
La corrélation inverse entre dollar et or n'a rien d'une loi physique. Elle peut se briser net si un choc géopolitique ou une crise de confiance pousse simultanément les investisseurs vers le dollar et vers l'or, les deux étant traités comme des valeurs refuges au même moment. Elle peut aussi s'effacer si les achats des banques centrales, insensibles aux variations de change au jour le jour, dominent temporairement le marché physique. Les taux réels américains restent la variable qui pèse le plus sur l'or en dollars : si les rendements, actuellement proches de 5,30%, se stabilisent ou refluent dans les prochains jours, l'effet de change redeviendrait sans doute plus lisible sur le gramme en euros. La lecture de ce jeudi vaudrait alors surtout pour la séance, pas pour la tendance de fond.
La semaine à venir pour la parité
L'attention se porte sur la publication de l'inflation harmonisée de la zone euro pour septembre, attendue vendredi. Un chiffre supérieur aux attentes pourrait soutenir l'euro et inverser, au moins temporairement, la pression actuelle sur la parité. À l'inverse, une confirmation de la modération des prix laisserait le champ libre à la Banque centrale européenne, dont le taux directeur reste fixé à 2,65% depuis la décision du 16 septembre 2026 et dont la facilité de dépôt se maintient à 2,5%, pour justifier une politique monétaire prudente sans soutien supplémentaire pour la monnaie unique. Pour l'or converti en euros, tout dépendra moins de la parité seule que de la combinaison entre ce chiffre européen et l'évolution des rendements américains dans les jours qui suivent.
Sources : BDOR
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