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Le baril de WTI remonte à 92,86 dollars malgré des flux pétroliers redevenus normaux au Moyen-Orient

Le WTI grimpe à 92,86 dollars jeudi alors que les flux pétroliers au Moyen-Orient sont revenus à la normale, un découplage qui interroge les marchés.

Temps de lecture : 5 minutes

Le baril de WTI remonte à 92,86 dollars malgré des flux pétroliers redevenus normaux au Moyen-Orient

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En bref

  • Le baril de WTI s'échange à 92,86 dollars, en hausse de 0,28 % sur 24 heures

  • Les flux d'énergie au Moyen-Orient sont revenus à des niveaux proches d'avant le conflit régional

  • Les escortes américaines sécurisent le détroit d'Hormuz, passage clé de l'approvisionnement mondial

  • La moitié des capacités de l'oléoduc est ouest saoudien aurait été restaurée

  • La menace iranienne sur Hormuz ne se traduit plus par une baisse réelle des volumes

  • Le prix du baril semble désormais soutenu par d'autres facteurs que le risque géopolitique

Le WTI reprend 92 dollars sans raison d'offre évidente

Le baril de WTI s'échange ce jeudi 1er octobre 2026 à 92,86 dollars, en progression de 0,28 % sur 24 heures. La donnée mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle contredit en partie ce qu'on attendrait d'un marché pétrolier rationnel. Les flux d'énergie transitant par le Moyen-Orient, Golfe Persique et mer Rouge compris, sont revenus à des niveaux comparables à ceux d'avant le conflit régional, certains relevés les situant même au-dessus du seuil observé avant la guerre. Les escortes militaires américaines sécurisent le passage par le détroit d'Hormuz, point de passage d'environ 20 % de l'approvisionnement énergétique mondial, et la moitié des capacités de l'oléoduc est-ouest saoudien aurait été restaurée.

Un analyste cité dans les relevés sectoriels, Matt Smith, directeur de la recherche matières premières chez Kpler, observe que l'Iran répète depuis le début du conflit qu'il contrôle Hormuz et en a annoncé la fermeture à plusieurs reprises, sans que les volumes réels n'en souffrent. Autrement dit, la menace géopolitique perd de sa force dissuasive pendant que le baril, lui, reste soutenu. Ce découplage entre offre normalisée et prix résistant signale que d'autres forces, positionnement technique, demande mondiale, anticipations, soutiennent le baril plus que la peur d'une rupture d'approvisionnement.

A lire aussi : Comprendre pourquoi la hausse du baril ne s'explique plus par le risque géopolitique

La chaîne complète, du baril au cours de l'or

Un baril qui se maintient au-dessus de 92 dollars renchérit mécaniquement les coûts de production et d'énergie pour les entreprises, du transport à la pétrochimie. Cette hausse se répercute avec un décalage de plusieurs semaines dans les prix à la consommation, via ce qu'on appelle l'inflation importée, particulièrement sensible en zone euro où l'énergie pèse directement dans la facture des ménages et des industries. Quand cette inflation importée se maintient, les anticipations d'inflation des agents économiques se redressent à leur tour, ce qui pousse les banques centrales à retarder ou limiter leurs baisses de taux pour ne pas laisser filer les prix.

Des taux qui restent hauts plus longtemps soutiennent en théorie les taux réels, c'est à dire le rendement obligataire une fois l'inflation déduite. Or des taux réels élevés pèsent sur l'attrait de l'or, qui ne verse aucun coupon et devient alors moins compétitif face à une obligation qui rapporte. C'est le sens classique de la chaîne : un baril qui monte durablement devrait, avec retard, fragiliser l'or via le canal des taux réels. Mais ce jour précis, la chaîne joue dans un sens plus ambigu : la hausse du WTI ne s'accompagne d'aucun signal clair de reprise d'inflation importée immédiate, et le dollar, lui, se renforce en parallèle, ce qui brouille encore la lecture.

Dollar fort et flux normalisés, ce qui invalide la lecture simple

L'indice du dollar s'établit ce jeudi à 101,83 points, en hausse de 0,62 % sur 24 heures, pendant que l'euro cède 0,48 % face au billet vert, à 1,1306 dollar. Un dollar qui se renforce agit en sens inverse de l'or, puisque le métal est coté en dollars sur les marchés internationaux : plus le billet vert gagne en valeur, plus l'once devient coûteuse pour les acheteurs hors zone dollar, ce qui tend à freiner la demande. On tient là une condition claire d'invalidation du scénario inflationniste classique : si le baril monte pour des raisons de demande ou de positionnement, sans tension d'offre réelle, et que le dollar se raffermit au même moment, l'effet haussier sur l'or via l'inflation importée peut être totalement neutralisé, voire inversé.

Le retour des flux à leur niveau d'avant-guerre via Hormuz retire aussi un argument de poids aux scénarios de choc d'offre géopolitique, qui sont historiquement le déclencheur le plus direct et le plus rapide d'un envol conjoint du baril et de l'or comme valeurs refuges. Sans ce choc, la hausse du WTI reste un mouvement de marché plus classique, moins porteur pour les métaux précieux à court terme. Il faudrait une rupture confirmée des flux, et non un simple regain de tension verbale iranienne, pour que la chaîne inflationniste se réactive avec force.

Ce que nos relevés disent de l'or ce jeudi

Nos cours relevés ce matin situent l'or à 118,34 euros le gramme, soit 3680,78 euros l'once, en progression de 0,4 % depuis la clôture de la veille, mais en repli de 0,5 % sur les trois dernières heures. Sur la semaine du 28 septembre au 1er octobre 2026, l'or recule de 2,2 %, après une semaine précédente déjà négative à 0,6 %. Ce double mouvement, un baril qui remonte et un or qui s'essouffle en cours de séance après avoir progressé, illustre précisément la déconnexion décrite plus haut : le marché ne traite pas la hausse du pétrole comme une alerte inflationniste urgente, probablement parce qu'elle s'accompagne d'un dollar fort et d'une normalisation géopolitique qui rassure plus qu'elle n'inquiète.

Pour un épargnant qui détient de l'or physique, ce repli hebdomadaire de 2,2 % ne doit pas se lire isolément de la hausse du baril : les deux marchés obéissent ce jour-ci à des logiques différentes, le pétrole à une dynamique de demande et de positionnement, l'or à un arbitrage entre dollar fort et taux qui restent attractifs. La chaîne pétrole, inflation, taux réels, or reste valide sur le papier, mais elle joue avec un décalage de plusieurs semaines, et seule une remontée durable des prix à la consommation liée à l'énergie permettrait de juger si elle s'active vraiment cette fois.

Sources : BDOR

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