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L'euro tombe à 1,1360 dollar, son plus bas niveau depuis fin juillet, sous la pression de la Fed

L'euro recule à 1,1360 dollar, un plus bas depuis le 28 juillet, alors que plusieurs responsables de la Fed défendent le maintien de taux élevés.

Temps de lecture : 4 minutes

L'euro tombe à 1,1360 dollar, son plus bas niveau depuis fin juillet, sous la pression de la Fed

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En bref

  • L'EUR/USD s'affaisse mardi matin autour de 1,1360, au plus bas depuis le 28 juillet 2026

  • La remontée des rendements du Trésor américain soutient le dollar face à l'euro

  • Plusieurs responsables de la Fed, dont Beth Hammack et Michael Barr, défendent le maintien d'une politique monétaire restrictive

  • Le marché anticipe désormais 70,3% de probabilité d'une hausse de taux en octobre selon l'outil FedWatch du CME

  • Societe Generale a revu sa prévision de change à 1,15, contre un consensus tombé de 1,20 à 1,16 en un an

  • L'indice du dollar recule légèrement, signe que la faiblesse de l'euro tient aussi à des facteurs propres à la monnaie unique

Le dollar reprend la main, l'euro tombe à son plus bas depuis fin juillet

L'EUR/USD s'affaisse mardi matin autour de 1,1360, un niveau plus vu depuis le 28 juillet 2026. La monnaie unique cède face à un dollar porté par la remontée des rendements du Trésor américain et des propos fermes de responsables de la Fed. La présidente de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, a rappelé vendredi que les risques inflationnistes restaient élevés et qu'une politique restrictive devait être maintenue. Le gouverneur Michael Barr a jugé que de nouveaux ajustements seraient probablement nécessaires. La gouverneure Lisa Cook a tenu un discours légèrement plus offensif qu'à l'accoutumée, évoquant des pressions inflationnistes durables liées à l'intelligence artificielle et aux tensions au Moyen-Orient, tout en jugeant le marché du travail assez solide pour absorber de futures hausses de taux.

Selon l'outil FedWatch du CME, le marché price une probabilité de 70,3% d'un relèvement d'un quart de point en octobre, et anticipe quasiment quatre hausses de ce type sur les douze prochains mois. Societe Generale note que ses prévisions pour l'EUR/USD ont été révisées à la baisse plusieurs fois cette année, le consensus passant de 1,20 en début d'année à 1,16 aujourd'hui, sa propre cible se situant désormais à 1,15. La banque attribue la vigueur du dollar à des prix élevés du pétrole et des matières premières, à des données économiques américaines robustes et à un climat mondial plus averse au risque, et prévient que l'indice du dollar pourrait s'approcher d'un plus haut de l'année, à 0,7% de distance seulement.

A lire aussi : Comment cette baisse de l'euro face au dollar se répercute sur le prix de l'or payé par les épargnants en zone euro

Comment la parité transforme le cours de l'or coté en dollars

L'or se négocie en dollars : le prix payé en euros dépend donc du cours du métal en billet vert et du taux de change. Nos relevés du 29 septembre à 8h40 situent l'once d'or à 3645,50 euros, soit 117,21 euros le gramme. En reconvertissant cette valeur au taux du jour de 1,1366, cela correspond à environ 4145 dollars l'once sur les marchés internationaux. Quand l'EUR/USD recule, un acheteur en zone euro doit débourser davantage d'euros pour la même quantité de métal, même si le prix en dollars ne bouge pas.

Une baisse de 0,14% de l'EUR/USD ne se traduit jamais à l'identique sur le prix en euros de l'or, car le cours en dollars réagit lui-même au resserrement monétaire anticipé. Un dollar ferme, soutenu par des anticipations de hausses de taux, tend à peser sur le prix de l'or en dollars, la détention d'un actif sans rendement devenant plus coûteuse quand les taux réels grimpent. Ce mouvement inverse peut donc partiellement compenser l'effet de change. L'indice du dollar recule très légèrement ce jour (101,26 points, -0,03%), quand l'EUR/USD perd 0,14% : l'euro sous-performe donc spécifiquement, signe que sa faiblesse tient autant à des facteurs propres à la monnaie unique, sans doute la posture accommodante de la BCE, qu'à une vigueur généralisée du billet vert.

Ce que cela change concrètement pour l'épargnant en euros

Nos relevés montrent que l'or coté en euros a progressé de 0,7% depuis l'ouverture de lundi, passant de 116,36 à 117,21 euros le gramme, avec une amplitude hebdomadaire équivalente, après une semaine précédente en recul de 0,6%. Notable : cette hausse coïncide avec un euro affaibli face au dollar. Les deux forces s'additionnent plutôt qu'elles ne se compensent, si bien que l'épargnant qui suit son épargne en métal cette semaine constate une hausse un peu plus marquée en euros que ce que laisserait supposer le seul cours en dollars.

La corrélation dollar-or a ses limites, et elles se voient déjà

La lecture classique voudrait qu'un dollar ferme, adossé à une Fed jugée offensive, pèse sur le cours de l'or en dollars. Or nos relevés du jour montrent l'inverse : l'or progresse de 0,7% depuis l'ouverture et affiche la même variation sur la semaine, alors même que le marché price une probabilité élevée de hausse de taux en octobre. C'est le genre de décalage qui invite à la prudence face à toute lecture mécanique. Plusieurs explications peuvent coexister sans qu'aucune ne soit confirmée ici : une demande de valeur refuge alimentée par les tensions évoquées par Lisa Cook au Moyen-Orient, ou des flux d'achat qui ne suivent pas le calendrier des annonces monétaires américaines.

Cette grille de lecture serait clairement fausse si le dollar et l'or continuaient de monter ensemble sur plusieurs séances, schéma typique d'une fuite vers la qualité profitant aux deux actifs plutôt qu'à un simple jeu de change. Elle serait aussi mise en défaut si les taux réels américains, davantage que la seule parité, devenaient le facteur dominant du prix de l'or dans les prochaines semaines. Dans les deux cas, le lien entre EUR/USD et cours de l'or resterait réel, mais deviendrait secondaire face à d'autres moteurs plus puissants.

Les prochains repères pour la parité

Sur le plan technique, l'EUR/USD évolue sous sa moyenne mobile à 100 jours et sous la bande médiane de Bollinger, deux niveaux qui limitent les tentatives de rebond. Le premier obstacle à la hausse se situe au plus haut du 25 septembre, à 1,1411 ; un franchissement ouvrirait la voie vers 1,1525, puis 1,1654. À la baisse, le support immédiat se trouve à 1,1315 ; une cassure nette rouvrirait la porte vers le plus bas du 29 mai 2025, à 1,1210, repère historique qui donne la mesure du recul déjà accumulé par la monnaie unique. Les prises de parole de responsables de la Fed attendues ce mardi seront scrutées de près, sans qu'aucune issue ne puisse être anticipée avec certitude à ce stade.

Sources : BDOR

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