EUR/USD : le dollar reprend la main avec l’incertitude us-iran en suisse ce vendredi
L’euro-dollar glisse sous 1,1450, porté par un dollar refuge et un RSI survendu qui complique le scénario de rebond.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
L’euro-dollar recule autour de 1,1425 ce vendredi matin.
Le dollar profite du report des discussions entre Washington et Téhéran en Suisse.
Le RSI proche de 30 traduit un marché survendu, mais pas encore franchement stabilisé.
Le seuil de 1,1450 devient la première résistance à reprendre.
Sous 1,1411, le risque technique s’étend vers 1,1308.
L’euro-dollar glisse sous 1,1450 et le marché n’aime pas cette hésitation
L’euro-dollar perd du terrain ce vendredi matin, autour de 1,1425, dans une séance où la prudence domine franchement. Le mouvement n’a rien de spectaculaire. Justement, c’est ce qui le rend intéressant. La paire ne décroche pas brutalement, elle s’affaisse. Elle cède par paliers, avec cette impression désagréable d’un marché qui ne trouve plus assez d’acheteurs pour contester la force du dollar.
Le moteur immédiat vient de la diplomatie. Les discussions prévues entre les États-Unis et l’Iran au Bürgenstock, en Suisse, ne se tiennent pas comme prévu. Le déplacement du vice-président américain JD Vance a été annulé, et cette incertitude redonne un avantage au billet vert. Rien de très mystérieux ici : quand la géopolitique se brouille, le dollar attire encore les capitaux défensifs.
Ce réflexe est classique, presque mécanique. Mais il pèse lourd sur l’euro, déjà fragilisé par une lecture technique défavorable.
A lire aussi : Le cours de l’or recule mais les investisseurs qui regardent seulement la baisse passent peut-être à côté du vrai danger.
Le dollar refuge impose son rythme
Le marché des changes reste obsédé par deux choses : les taux américains et la perception du risque. Sur ces deux tableaux, le dollar garde une avance. La Réserve fédérale conserve un ton ferme, les anticipations de baisse des taux s’éloignent, et les investisseurs n’ont aucune envie de payer trop cher une devise européenne sans catalyseur immédiat.
L’euro n’est pas laminé. Il manque surtout d’arguments. Et c’est parfois pire. Une devise qui baisse faute d’acheteurs donne souvent un marché plus pénible à lire qu’une devise attaquée frontalement.
La zone des 1,1450 devient donc le premier test sérieux. Tant que l’EUR/USD reste sous ce niveau, les vendeurs gardent la main à très court terme. Une reprise au-dessus de ce seuil ne suffirait pas à inverser toute la tendance, mais elle calmerait au moins la pression immédiate.
Une configuration technique fragile mais déjà très tendue
Sur le graphique journalier, la paire reste installée sous la bande médiane de Bollinger à 20 jours et sous la moyenne mobile simple à 100 jours. Ce n’est pas neutre. Cela signifie que le marché ne corrige pas seulement une hausse passée : il évolue dans une séquence de faiblesse déjà bien structurée.
Le prix travaille près de la borne basse des bandes de Bollinger. Le RSI, autour de 30,6, entre dans une zone de survente. Là, il faut éviter une lecture trop simple. Un RSI survendu ne signifie pas automatiquement rebond. Il indique surtout que la baisse devient étirée, parfois excessive, parfois prête à respirer.
Ce détail compte. Car vendre l’euro-dollar après une telle séquence devient plus risqué. Le marché peut encore glisser, oui. Mais le rapport entre risque et potentiel commence à se dégrader pour les retardataires.
Les seuils à surveiller maintenant
Le premier obstacle à la hausse se situe vers 1,1450. Au-dessus, la moyenne des bandes de Bollinger autour de 1,1577 pourrait devenir la vraie zone de respiration. Plus haut, la moyenne mobile à 100 jours vers 1,1665 puis la borne haute autour de 1,1705 forment une zone d’offre beaucoup plus lourde.
À la baisse, le support immédiat reste le point bas du 13 mars à 1,1411. Une rupture nette ouvrirait la voie vers 1,1308, niveau associé au creux du 23 avril 2025. Ce scénario n’est pas automatique, mais il deviendrait crédible si le dollar continuait de profiter à la fois de la géopolitique et du discours monétaire américain.
Selon notre expert : Le dollar se renforce les marchés doutent et l’or pourrait redevenir le refuge que beaucoup pensaient trop cher hier.
Le vrai risque vient d’un marché sans conviction
Mon impression est assez nette : le marché ne croit pas encore à un vrai rebond de l’euro. Il surveille le RSI, il voit la survente, mais il attend une raison plus solide pour acheter. Une détente diplomatique vérifiable ou un ton moins ferme de la Fed changerait peut-être la donne. Pour l’instant, ces deux appuis manquent.
Dans ce climat, la prudence revient aussi sur l’épargne. Les devises bougent vite, les obligations réagissent aux banques centrales, les actions alternent soulagement et nervosité. Les investissements alternatifs, dont l’or physique, les lingots d’or et d’argent ou les pièces d’or, gardent une utilité dans une stratégie de débancarisation et de sécurisation de l’épargne. Ils ne remplacent pas une allocation construite, mais ils apportent une réserve tangible, hors du circuit bancaire classique, lorsque la confiance dans les devises devient plus instable.
L’euro-dollar n’est pas encore en rupture majeure. Mais sous 1,1450, il envoie un message assez froid : le dollar reste le refuge par défaut, et l’euro doit encore prouver qu’il peut reprendre la main.
Sources : BDOR
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