Fed : Collins refroidit les espoirs d’un assouplissement rapide de la Fed
Susan Collins (Fed de Boston) affirme que l'inflation PCE ne change pas la politique restrictive. Rendements obligataires sous surveillance.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

Sommaire
- Une prise de parole qui recadre les attentes de Jackson Hole
- Une inflation jugée mixte mais porteuse de signaux encourageants
- Rendements obligataires sous surveillance, sans alarme officielle
- Vers une désinflation graduelle, sous conditions strictes
- Diversifier son épargne face à l'incertitude monétaire
En bref
Susan Collins (Fed de Boston) juge que le rapport PCE ne change pas la nature restrictive de la politique monétaire
Les frais de gestion de portefeuille auraient faussé le chiffre d'inflation global, les prix de marché restant proches de l'objectif de 2%
La hausse des rendements obligataires est jugée compatible avec la stabilité des prix, sans commentaire sur l'intervention de Scott Bessent
Une désinflation graduelle reste possible en l'absence de nouveaux chocs tarifaires ou pétroliers
Une hausse des taux resterait envisageable si l'inflation venait à décevoir les attentes
Une prise de parole qui recadre les attentes de Jackson Hole
Susan Collins, présidente de la Réserve fédérale de Boston, a pris la parole jeudi à l'ouverture du symposium de Jackson Hole, selon des propos rapportés par FXStreet le 21 août 2025. Elle a affirmé que le dernier rapport sur les dépenses de consommation personnelle (indice PCE) ne modifie en rien la lecture actuelle de la politique monétaire américaine, jugée restrictive et censée conduire à une désinflation progressive.
L'intervention tombe à un moment où les investisseurs scrutaient chaque mot des banquiers centraux pour deviner la trajectoire des taux d'ici la fin de l'année. Collins n'a laissé planer aucun doute : la Fed reste sur sa ligne, et l'espoir d'un virage accommodant rapide s'éloigne un peu plus. Son message, sobre et sans emphase, ressemble davantage à une mise en garde qu'à une promesse de répit pour les marchés obligataires.
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Une inflation jugée mixte mais porteuse de signaux encourageants
Selon les propos de Collins, les données récentes sur l'inflation restent mixtes, avec un chiffre global plus élevé qu'attendu, mais des détails qualifiés de prometteurs. La présidente de la Fed de Boston a notamment pointé le poids disproportionné des frais de gestion de portefeuille dans le calcul de l'inflation PCE, un facteur qui aurait faussé la lecture d'ensemble. Les prix déterminés par le marché resteraient, eux, plus proches de l'objectif de 2% fixé par la banque centrale.
Cette distinction technique mérite d'être prise au sérieux. Elle suggère que l'institution dispose d'arguments pour tempérer les inquiétudes sans pour autant crier victoire. Le détail se cache souvent derrière le gros titre, et celui-ci raconte une histoire différente de celle qui a fait trembler les traders en début de semaine.
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Rendements obligataires sous surveillance, sans alarme officielle
La récente hausse des rendements obligataires américains reste, selon Collins, compatible avec la stabilité des prix et ne traduirait pas une remontée des anticipations d'inflation. Interrogée sur l'intervention publique du secrétaire au Trésor Scott Bessent concernant les marchés de taux, la présidente régionale a préféré ne livrer aucun commentaire, se limitant à indiquer qu'elle suit attentivement l'évolution des rendements.
Ce silence calculé en dit long. Une banque centrale qui refuse de commenter une ingérence supposée du Trésor envoie un message d'indépendance, même feutré. Les marchés obligataires, eux, continueront d'osciller au gré des chiffres d'emploi et d'inflation, sans filet de sécurité verbal de la part des gouverneurs régionaux.
Vers une désinflation graduelle, sous conditions strictes
Collins a précisé que, en l'absence de nouveaux chocs tarifaires ou pétroliers, des raisons subsistent de penser que l'inflation continuera de refluer progressivement. Elle avait par ailleurs déclaré, dans un entretien accordé au Wall Street Journal, qu'une hausse des taux d'intérêt resterait justifiée si l'inflation venait à décevoir les attentes dans les prochains mois.
Cette réserve conditionnelle change la donne. La désinflation n'est pas un acquis mécanique, elle dépend de variables géopolitiques et commerciales largement hors du contrôle de la Fed. Les droits de douane décidés par l'administration américaine et la volatilité du marché pétrolier restent les deux principales menaces capables de dérailler ce scénario central, pourtant présenté avec une certaine assurance.
Diversifier son épargne face à l'incertitude monétaire
Ces arbitrages permanents entre rigueur monétaire et risques inflationnistes rappellent, une fois encore, l'intérêt de sécuriser une partie de son épargne hors du système bancaire traditionnel. Les investissements alternatifs, à l'image des métaux précieux, des lingots d'or et d'argent, ou encore des pièces d'or, constituent une option tangible pour les épargnants soucieux de débancarisation et de préservation de leur pouvoir d'achat face aux revirements de politique monétaire.
Sources : BDOR - FXStreet - Réserve fédérale de Boston - The Wall Street Journal
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