Le cours de l'or autour de 4 450 dollars : l’emploi américain peut faire basculer les anticipations de la Fed
L’or évolue près de 4 450 dollars avant le rapport NFP américain, alors que la Fed hésite entre pause monétaire et nouvelle hausse des taux.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L’or reste proche de 4 450 dollars avant la publication très attendue du rapport sur l’emploi américain.
Christopher Waller, gouverneur de la Fed, envisage un maintien des taux en septembre si la désinflation se confirme.
La faiblesse récente du marché du travail américain réduit la marge de manœuvre de la banque centrale.
La remontée du pétrole liée aux tensions entre Washington et Téhéran complique le scénario en alimentant le risque inflationniste.
Le cours de l’or reste hésitant ce vendredi avant l’une des statistiques américaines les plus surveillées du mois. Après deux séances de progression, les acheteurs se montrent moins offensifs autour de la zone des 4 450 dollars l’once. Selon BDOR le 3 septembre 2026, cette zone constitue désormais l’un des niveaux techniques surveillés après le rebond observé depuis les plus bas de la semaine.
La séance pourrait pourtant changer de visage très rapidement. Le Bureau of Labor Statistics doit publier à 14 h 30, heure française, son rapport sur l’emploi d’août. Ce chiffre pourrait modifier les anticipations concernant la réunion de la Réserve fédérale des 15 et 16 septembre.
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Le marché du travail américain devient déterminant pour la Fed
Les dernières statistiques ont clairement fragilisé l’image d’un marché du travail américain encore très robuste. Le Bureau of Labor Statistics a indiqué le 7 août 2026 que les effectifs salariés non agricoles avaient diminué de 23 000 postes en juillet, tandis que le taux de chômage était resté à 4,1 %. Les créations d’emplois de mai et juin ont également été révisées à la baisse de 103 000 postes au total.
Ce détail change beaucoup de choses pour les investisseurs. Une nouvelle publication faible vendredi renforcerait l’idée que la politique monétaire américaine commence à peser davantage sur l’économie réelle. Une hausse des taux en septembre deviendrait alors plus difficile à défendre, surtout si les salaires ralentissent eux aussi. À l’inverse, des créations d’emplois nettement supérieures aux attentes pourraient ressusciter rapidement le scénario d’un resserrement monétaire.
Christopher Waller a lui-même réduit la visibilité sur la prochaine décision. Le gouverneur de la Réserve fédérale a déclaré le 3 septembre qu’il serait disposé à maintenir les taux actuels si les prochaines statistiques confirmaient la désinflation. Il a aussi précisé qu’une inflation d’août trop élevée pourrait justifier une hausse lors de la réunion des 15 et 16 septembre.
Pour l’or, cette hésitation est presque idéale. Pas assez de certitudes pour relancer franchement le dollar, mais pas encore assez de faiblesse économique pour provoquer une nouvelle accélération durable du cours de l’or.
Le pétrole complique sérieusement le scénario monétaire américain
L’équation serait beaucoup plus simple sans la remontée brutale des prix de l’énergie. L’Energy Information Administration américaine relevait le 3 septembre un Brent spot à 97,59 dollars le baril et un WTI à 92,15 dollars lors de la clôture du 2 septembre. Le Brent était tombé jusqu’à 69 dollars début juillet avant de dépasser momentanément 100 dollars durant l’été, selon les données publiées par l’EIA le 11 août.
Cette volatilité s’explique largement par la situation autour du détroit d’Ormuz. Reuters rapportait le 4 septembre une nouvelle hausse du pétrole sur la semaine après la reprise des affrontements entre les États-Unis et l’Iran. Les inquiétudes portent principalement sur les flux énergétiques du Golfe et la sécurité du transport maritime.
C’est précisément là que le raisonnement des marchés devient moins confortable. Un ralentissement de l’emploi plaide normalement pour une Fed moins agressive. Une poussée durable du pétrole peut produire l’effet inverse en alimentant les prix de l’énergie, du transport et de certaines marchandises. Christopher Waller reconnaît lui-même que les conflits militaires restent susceptibles de modifier l’évolution des prix et de l’activité économique.
La Fed doit donc choisir entre deux risques qui ne vont pas nécessairement dans la même direction. C’est ce mélange qui explique la prudence visible sur l’or plutôt qu’un véritable retournement baissier.
Selon notre expert : Entre pétrole proche de 100 dollars, tensions géopolitiques et hésitations de la Fed, la prochaine secousse financière pourrait arriver bien plus vite que prévu.
Les 4 500 dollars restent le niveau à franchir pour relancer l’or
Sur le plan graphique, la zone des 4 500 dollars l’once conserve une forte valeur psychologique. Le mouvement récent a interrompu la correction engagée depuis la région des 4 700 dollars, mais le marché n’a pas encore validé une reprise franche. Pour transformer le rebond en nouvelle séquence haussière, une installation durable au-dessus des 4 500 dollars serait plus convaincante qu’une simple incursion intrajournalière.
Les niveaux techniques tirés du mouvement récent placent ensuite des résistances autour de 4 540 dollars, puis 4 609 dollars et enfin vers 4 700 dollars. À la baisse, les premières zones de surveillance se situent autour de 4 442 dollars, puis 4 381 dollars. Ces seuils restent des repères d’analyse et non des objectifs garantis. La publication du rapport sur l’emploi peut facilement provoquer des mouvements rapides dans les deux sens.
BDOR affichait par ailleurs le 4 septembre 2026 une once d’or autour de 3 846 euros et un lingot de 1 kg proche de 123 661 euros, avec une variation journalière indiquée de +1,71 % au moment de la consultation.
Le point qui me paraît le plus intéressant n’est donc pas la baisse de quelques dizaines de dollars observée avant les NFP. C’est la résistance de l’or malgré la possibilité toujours ouverte d’une nouvelle hausse des taux américains. Si l’emploi confirme son ralentissement sans nouvelle flambée de l’inflation, cette résistance pourrait rapidement redevenir une force.
Une partie des épargnants choisit aussi de compléter les placements bancaires traditionnels par des actifs détenus directement, notamment des lingots d’or, des lingots d’argent ou des pièces d’or. Cette approche peut répondre à une logique de diversification, de débancarisation partielle et de sécurisation d’une fraction du patrimoine hors des produits financiers classiques. Elle suppose malgré tout de tenir compte du prix d’achat, de la fiscalité, du stockage, de la liquidité et de l’horizon d’investissement.
Sources : BDOR - World Gold Council - FXStreet - Réserve fédérale américaine (Fed)
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