Héritages : Glucksmann veut taxer les plus gros, LFI fixe une limite radicale à 12 millions d’euros
Glucksmann et LFI dévoilent deux projets pour taxer les grosses successions avant 2027, jusqu'à une captation totale au-delà de 12 millions d'euros.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

Sommaire
- Deux visions opposées pour taxer les grandes fortunes
- Le projet de Raphaël Glucksmann : soulager les salaires par la fiscalité successorale
- LFI et la promesse d'une captation totale au-delà de 12 millions d'euros
- Des propositions, pas des mesures : le chemin législatif encore long
- Sécuriser son épargne face aux incertitudes fiscales à venir
En bref
Raphaël Glucksmann propose de taxer davantage les 1% des plus gros héritages pour financer une baisse des prélèvements sur les salaires
La France insoumise, par la voix de Mathilde Panot, veut capter la totalité des successions au-delà de 12 millions d'euros
Glucksmann évalue le rendement de sa réforme à 15 milliards d'euros, un chiffre encore non confirmé officiellement
Ces propositions restent des projets politiques qui devraient être examinés par le Parlement avant toute application
La fiscalité successorale s'impose comme un sujet central de la présidentielle de 2027
Deux visions opposées pour taxer les grandes fortunes
La question de la transmission de patrimoine refait surface dans le débat politique, à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Raphaël Glucksmann, eurodéputé et figure de la gauche sociale-démocrate, ainsi que La France insoumise (LFI), portée par sa porte-parole Mathilde Panot, avancent chacun un projet de réforme fiscale visant les successions les plus importantes. Les deux partis partagent un constat commun : les grandes fortunes françaises transmettraient une part croissante de leur patrimoine sans contribution suffisante à la solidarité nationale. Mais les méthodes divergent radicalement, entre un ajustement ciblé sur le fameux « 1% » et une captation totale au-delà d'un seuil fixé.
D'un côté, Glucksmann défend une réforme calibrée, qui toucherait uniquement les successions les plus considérables, avec un objectif clairement affiché de redistribution vers les salaires. De l'autre, LFI revendique une rupture plus radicale, en fixant un plafond à 12 millions d'euros au-delà duquel l'intégralité du patrimoine reviendrait à la collectivité. Ce contraste illustre une fracture stratégique au sein de la gauche française, entre réformisme fiscal assumé et collectivisation revendiquée sans détour.
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Le projet de Raphaël Glucksmann : soulager les salaires par la fiscalité successorale
Selon les annonces rapportées, Raphaël Glucksmann souhaite augmenter le salaire net des travailleurs français en réduisant les prélèvements obligatoires sur le travail. Pour financer cette baisse, il propose de renforcer la taxation des héritages, en ciblant les « méga-héritages », qu'il définit comme les 1% des successions les plus élevées du pays. Cette approche viserait donc une minorité de contribuables très aisés, sans toucher les transmissions patrimoniales courantes des classes moyennes ni les petits patrimoines familiaux.
L'eurodéputé évalue le rendement de cette réforme à 15 milliards d'euros, un montant qui serait ensuite intégralement redirigé vers les fiches de paie des salariés. Ce chiffre reste, à ce stade, une estimation politique avancée par Glucksmann lui-même, et non une donnée confirmée par une administration fiscale ou un organisme indépendant. Aucune étude d'impact officielle n'a pour l'instant été publiée pour valider ce montant, ce qui invite à la prudence sur sa réalisation effective si le projet venait à être débattu au Parlement.
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LFI et la promesse d'une captation totale au-delà de 12 millions d'euros
La France insoumise porte une proposition nettement plus tranchée. Mathilde Panot, porte-parole du mouvement, a déclaré : « À partir de 12 millions d'euros, nous prendrons tout ». Cette formule signifie concrètement qu'au-delà de ce seuil, la totalité de la valeur successorale reviendrait à l'État, sans possibilité de transmission pour les héritiers concernés, une rupture nette avec le droit successoral actuel.
Panot justifie cette ligne dure par un constat sévère sur les grandes fortunes françaises. Elle affirme que « les riches ont décidé de faire sécession » et qu'ils ne participeraient « plus à la solidarité nationale ». Elle évoque également les « superhéritiers », estimant que « la plupart des riches n'ont pas mérité d'être milliardaires ». Ce discours, assumé comme une rupture avec la logique de l'héritage automatique, s'inscrit dans une ligne idéologique plus large de LFI sur la redistribution des richesses.
Des propositions, pas des mesures : le chemin législatif encore long
Ces annonces, qu'il s'agisse de celles de Glucksmann ou de LFI, relèvent pour l'instant du registre des propositions de campagne. Aucune de ces réformes n'est appliquée à ce jour ni même déposée sous forme de projet de loi examiné par l'Assemblée nationale. Pour entrer en vigueur, ces mesures devraient nécessairement franchir l'étape du vote parlementaire, avec toutes les négociations, amendements et rapports de force politiques que cela suppose.
À l'approche de 2027, la fiscalité des successions s'impose comme un terrain de confrontation entre visions économiques opposées. La question centrale qui se dessine dépasse le simple montant des prélèvements : elle interroge la légitimité de l'intervention de l'État dans la transmission du patrimoine entre générations, un sujet qui touche autant les grandes fortunes que les familles soucieuses de préserver leur épargne.
Sécuriser son épargne face aux incertitudes fiscales à venir
Face à ces annonces qui alimentent l'incertitude sur l'avenir de la fiscalité successorale, nombreux sont les épargnants qui s'interrogent sur les moyens de protéger leur patrimoine familial des évolutions législatives à venir. Les investissements alternatifs, à l'écart du système bancaire traditionnel, retrouvent un intérêt croissant dans ce contexte. Les lingots d'or, les pièces d'or et les métaux précieux en général constituent une option privilégiée pour celles et ceux qui souhaitent diversifier leur épargne dans une logique de débancarisation et de sécurisation à long terme, en dehors des circuits directement soumis aux aléas des réformes fiscales successives.
Sources : BDOR - Assemblée nationale - Ministère de l'Économie et des Finances
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