Prix à la pompe : TotalEnergies menace d’abandonner son plafond en cas de nouvelle taxe
TotalEnergies menace de lever son plafonnement des prix si une taxe sur les superprofits est votée, alors que l'essence dépasse 2 euros le litre.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
L'essence dépasse 2 euros le litre, TotalEnergies plafonne ses prix depuis la reprise du conflit au Moyen-Orient
Le plafonnement aurait coûté entre 250 et 300 millions d'euros au groupe, mais lui a permis de gagner des parts de marché
Patrick Pouyanné menace de mettre fin à cette politique si une taxe sur les superprofits est réinstaurée
La taxe superprofits de 2023 n'a rapporté que 625 millions d'euros, loin des vingt fois plus attendus
L'État se retrouve dépendant du geste commercial de TotalEnergies faute de moyens budgétaires
Un plafonnement des prix mis à l'épreuve
L'essence au-dessus de 2 euros le litre n'est plus un accident de parcours pour les automobilistes français, mais une donnée durable du quotidien. Depuis la reprise du conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies a choisi de plafonner ses tarifs à 2,25 euros pour le gazole et 1,99 euro pour l'essence dans l'ensemble de ses stations. Un geste commercial qui n'a rien d'anodin, tant les marges du groupe pétrolier en pâtissent directement, semaine après semaine.
Ce plafonnement aurait coûté entre 250 et 300 millions d'euros à TotalEnergies depuis sa mise en place, selon des déclarations rapportées par la direction du groupe. En contrepartie, l'opération porte ses fruits commercialement: les parts de marché de l'entreprise seraient passées de 22 % à 25 % sur la période, un gain que peu de concurrents peuvent revendiquer dans un secteur aussi disputé et scruté par les automobilistes.
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a posé une condition sans ambiguïté à la poursuite de cette politique tarifaire. Si une taxe sur les superprofits venait à être réinstaurée dans le cadre du budget 2027, le plafonnement des prix disparaîtrait purement et simplement, a-t-il prévenu. Une déclaration qui ressemble fortement à un avertissement adressé directement à Bercy, à quelques mois d'arbitrages budgétaires particulièrement sensibles pour l'exécutif.
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L'état dans une position de dépendance
Francis Pousse, président de la branche station-service chez Mobilians, résume la situation sans détour: «TotalEnergies sert bien l'intérêt de l'État, qui n'a plus de sous dans les caisses pour donner des remises à la pompe.» Cette phrase, rapportée récemment par la profession, illustre combien les finances publiques françaises comptent, de fait, sur la bonne volonté d'un acteur privé pour amortir le choc des prix à la pompe subi par des millions de conducteurs.
L'équation budgétaire apparaît limpide. Sans marge de manœuvre pour financer de nouvelles remises carburant, l'exécutif se retrouve à espérer que TotalEnergies maintienne son geste commercial, alors même qu'il envisage parallèlement de taxer davantage les bénéfices du même groupe. Une contradiction que les automobilistes, eux, subissent directement sur leur facture mensuelle, sans avoir la moindre prise sur ces arbitrages qui se jouent à Paris.
Cette dépendance révèle aussi une fragilité structurelle du modèle français, où le prix à la pompe devient un instrument de politique sociale de fait, porté par une entreprise privée plutôt que par une fiscalité repensée en profondeur.
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Une taxe sur les superprofits aux résultats décevants
L'expérience de 2023 nourrit les doutes sur l'efficacité réelle de ce type de taxation. La contribution exceptionnelle sur les superprofits des énergéticiens avait rapporté 625 millions d'euros aux caisses de l'État cette année-là, alors que les prévisions initiales évoquaient un montant environ vingt fois supérieur, selon les chiffres relayés par plusieurs sources parlementaires et repris dans la presse économique.
L'explication tient largement à la structure internationale des géants pétroliers. TotalEnergies réalise l'essentiel de ses bénéfices hors de France, ce qui limite mécaniquement l'assiette taxable sur le territoire national. Un mécanisme d'optimisation parfaitement légal, mais qui interroge sur la pertinence d'une taxe présentée comme une solution rapide pour les finances publiques, alors que son rendement réel reste largement inférieur aux attentes initiales.
Le débat rebondit donc à chaque nouveau projet de loi de finances, sans qu'aucun consensus politique durable ne se dégage sur la manière de faire contribuer équitablement ces groupes aux recettes publiques.
Face à l'incertitude, l'or physique comme rempart
Ce climat d'incertitude budgétaire et énergétique pousse un nombre croissant de particuliers à revoir leur stratégie patrimoniale face aux décisions fiscales changeantes. L'or physique, sous forme de lingots d'or, de pièces d'or ou de lingots d'argent, offre une réponse concrète à ceux qui souhaitent sortir partiellement du système bancaire traditionnel et sécuriser une partie de leur épargne.
Contrairement à un compte soumis aux arbitrages réglementaires successifs, un lingot détenu physiquement reste entièrement sous le contrôle de son propriétaire, à l'abri des taxations imprévisibles qui rythment chaque nouveau budget. Une logique de débancarisation qui séduit autant les épargnants prudents que ceux échaudés par les débats récurrents sur la fiscalité des superprofits et de l'énergie.
Les pièces d'or, plus accessibles en petites coupures, permettent une diversification progressive sans immobiliser des sommes importantes dès le premier achat.
Sources : BDOR - Mobilians - Ministère de l'Économie et des Finances
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